mardi 26 janvier 2021

Pour mon premier bukkake

il aura fallu attendre des années et les frustrations causées par les effets d'un couvre-feu. Mais le souvenir de cette aventure à la sauce gang-bang vaut bien de briser ces deux ans de silence.
C'est sur le site www.lespompeurs.com que je suis tombé sur une annonce d'un mec gay carrément mon genre, avec lequel j'avais d'ailleurs déjà parlé il y a quelques années via un autre site  :
"je mets ma jeune lope les yeux bandés à dispo samedi après-midi, vous venez décharger dans sa bouche" etc...
Bon, je n'ai jamais été excité par ce genre d'expérience d'abattage, mais ayant été particulièrement chaud ces dernières semaines et d'humeur à tenter de nouvelles expériences (oui vous voyez, il en reste à faire), je me suis lancé et ai envoyé un message. Envoi de photos + visage. Réponse ok.



En plus j'ai trouvé le profil du garçons soumis en question : à en croire les photos de son profil, et contrairement à moi il n'en est pas à sa première expérience, et il a l'air plutôt mignon. Traits fins, peau lisse, des cheveux mi-longs avec des reflets blonds, jeune à en crever.
De toute façon ce n'est pas le garçon qui m'excitera, mais la situation.
Ou pas...

Celui qui organise, un mec du Val de Marne à peine plus âgé, me convie donc ce samedi. Ca tombe bien, c'est à moins de 5 mn à pied de chez moi (ah les avantages de la vie parisienne...). Dix minutes avant j'envoie un message : l'organisateur est encore seul avec le garçon. Je me demande ce qui se passera quand je me pointerai. Prendra t-on un verre ensemble en attendant que les autres arrivent ? Sera t-il déjà avec les yeux bandés à attendre ?...

Je tourne un peu dans le quartier, pour éviter d'arriver dans une configuration qui briserait toute l'excitation de la situation promise. 15h10, je préviens de mon arrivée imminente. Je monte et trouve la porte entre-ouverte, j'entre... En plus du garçon gay qui organise, deux autres mecs sont déjà presque nus en train de se faire sucer par le minet agenouillé en jock-strap les yeux bandés au milieu de son salon. Ils sont jeunes, musclés, virils, avec des bites très larges en pleine érection. L'un est blanc, très beau et un peu blond, l'autre est maghrébin, le corps parfaitement sculpté avec une casquette grise à l'envers et une grosse chaîne en argent autour du cou. Tous deux expirent des soufflent virils de domination soft, les yeux rivés sur le minet à leurs pieds. Je suis très intimidé, je me déssappe et m'approche de la scène, interdit.

Je ne me sens comme un intrus au milieu de ces deux bombasses déjà en pleine capacité de leurs moyens. Le troisième, qui nous a réunis, gay assez fin avec un visage d'intello, est celui qui m'excite le plus, mais il ne fait pas trop usage de son érection parfaite, trop occupé à envoyer les indications de l'appartement aux futurs participants. D'autres vont donc arriver, et ça ne va pas faciliter mon entreprise...

Ce seront successivement 8 mecs au total qui entreront silencieusement dans l'appartement. Avec des corpulences différentes, ils ont tous comme point commun leur virilité, le fait d'être indéniablement sexy, et la largeur de leur sexe, à une exception près (un mec qui en accompagnait un autre).
Le même scénario se répète à quelques détails près :
Le mec entre, ouvre de grands yeux sur la scène du salon, comme j'ai du le faire moi aussi, arbore un look de jeune mec passe-partout, insoupçonnable, un boy next door beau gosse lambda en somme. Il se déshabille et pose ses vêtements sur le comptoir de la cuisine, s'approche en boxer en passant sa main à l'intérieur pour se toucher, sort son sexe lorsqu'il est presque en érection, et attend que le mec en train de se faire sucer se recule pour y aller lui aussi.

La beauté, le sex-appeal et la vitesse à laquelle chacun des mecs arrive à se mettre en condition me désarme. Je les regarde en admiration. Serais-je une erreur de casting ? Il y a vraiment quelquechose qui cloche dans la sélection. De plus il leur faut en moyenne 2 minutes pour bander, alors qu'avec tous mes efforts à la fois physiques et cérébraux, je n'y parviens pas. Bien évidemment leur aisance ne m'aide pas, je culpabilise encore plus, et je suis donc de moins en moins excité. J'hésite même à me rhabiller et partir, mais d'imaginer leur regard se poser sur moi en train d'abandonner me glace d'avance. Conscient de vivre pourtant un moment privilégié - huit beaux gosses comme tout le monde ou presque rêve de se taper, en rut en train de se branler à mes côtés- j'essaie me focaliser sur toutes les bonnes raisons d'être excité. M'identifier au passif ne m'aide pas, me projeter à leur place non plus. Pourtant l'ambiance est bon esprit, et c'est ce qui m'encourage à rester : lorsqu'ils s'approchent en cercle autour du soumis pour lui gaver la bouche avec plusieurs bites, ou lorsqu'ils se rapprochent pour l'unique cliché pris par l'organisateur (toutes les bites encadrant le visage du minet), ils laissent toujours une place pour moi, si je me sens de m'inclure. L'organisateur me caressera même un peu les fesses pour me faire démarrer. Et jamais à aucun moment quiconque ne me forcera la main.
Classe.

Les minutes s'égrènent, les mecs passent et repassent dans la bouche du soumis, le beau gosse blond commence à débander pour une raison que j'ignore, rebande dix minutes après, le suceur se touche se sexe à travers le tissu du jock-strap, le chat enfermé dans la salle de bain miaule, l'organisateur lance des :

"- Insultez-le, il aime ça !"

Pourtant à part deux ou trois "salope!" et "pute!" pas très spontanés, les garçons s'abstiennent. Tiens... contrairement à mois ils ne sont pas joueurs, mais sont simplement venus se faire sucer. Je remarque aussi qu'ils ne se touchent pas les uns les autres, et évitent même tout contact entre eux (tout juste une main sur l'épaule d'un mec à un autre en train de se faire pomper). Ils se regardent très peu également, ne posent que des regards en coin sur les visages de leurs compères. Il est bientôt 15h45, et j'ai le déclic :
ils sont tous hétérosexuels.
Je les regarde en repassant dans ma tête la scène de leur entrée dans l'appart. Je revois leur look, ou plutôt leur absence de look, leur dégaine d'hétéro passe-partout, je vois leur visage, leur attitude, je remarque la position de leurs tatouages, pas de doute : à part moi et l'organisateur, je suis entouré d'hétéros venus se faire sucer. Ca m'étonnait que le fessier à croquer du soumis n'avait attiré jusqu'ici aucune main sur lui. Ca n'intéressait pas les mecs présents. Il étaient venus vider leur frustration accumulée.
Cette révélation faite, mon cerveau s'échauffe, sont-ils célibataires et en manque ? Leur copine ne les suce t-elle pas ? Viennent-ils fréquemment ? Comment ont-ils découverts que se faire sucer par un homme c'était fun ? Est-ce à cause des restrictions sanitaires qu'ils rencontrent mois de meufs et doivent se résoudre à se rabattrent sur des mecs affamés ? Ont-ils conscience d'avoir tous des grosses bites ? Il est à peu près 15h47, je me mets à bander.

J'aurai le temps de passer une seule fois dans la gueule du minet, en essayant tant bien que mal d'innover par rapport aux autres. Au lieu d'enfourner directement mon sexe dans sa bouche, j'en fait traîner la longueur sur ses lèvres et lui tenant les cheveux. J'entends quelques " - ouaaais !..." de satisfaction autour de moi qui m'aident à être enfin plus ou moins à l'aise. Le soumis semble satisfait par gober un peu de nouveauté. J'hésite à lui lancer : 

" - Toi aussi tu miaules"

Je m'abstiens. Pas si fier, et peu certain de tenir l'érection sur la longueur, je laisse rapidement ma place.

Le mec qui se trouvait à ma gauche, celui qui avait à la fois la carrure et le gland les plus imposant·e·s a les muscles qui durcis, il serre les dents et avance d'une démarche raide, les pieds tendus, vers le minet en serrant la base de son gland. L'organisateur lance :

"- Ouvre la bouche !"

A partir de ce moment, et pendant moins de deux minutes, chacun se succèdera pour éjaculer dans la bouche grande ouverte du jeune homme. Celui ci la fermera le temps d'ingurgiter le sperme mais l'excitation du groupe à cet instant étant maximale et l'éjaculation des uns provoquant celle des autres dans une réaction en chaîne inexorable, l'organisateur devra rappeler son soumis à l'ordre à plusieurs reprises :

"- Ouvre la bouche, ouvre la bouche je t'ai dit !"

Le maghrébin éjaculera en même temps que son voisin de gauche, ils seront collés côte à côte pour viser le déversement de leur foutre dans la bouche grande ouverte, d'autres (comme moi) se retiendront au maximum pour attendre que le précédent termine et qu'une place libre se libère. La vitesse fulgurante à laquelle je viens de passer du repos à la jouissance m'étonne ! Mais hes hétéros qui jutent à tour de rôle à 30 cm de soi, c'est tout simplement irrésistible.
Détail marquant, le soumis ayant recueillis l'intégralité des huit semences en si peu de temps émettra un espèce de son guttural incontrôlé de renvoi qui laissera deviner sa gorge complètement inondée de spermes. Tout le monde est resté là pour regarder les suivants se vider, chacun tenant à assister à l'intégralité du spectacle. C'est notre organisateur qui clôturera avec sa longue et belle bite, en se vidant en dernier, et lâchant quelques dernières insultes.

Sans un mot échangé, nous nous rhabillons. Ca dure à peu près cinq minutes, il y a les nombreuses couches d'habits d'hiver de partout dans l'appart. Pendant ce temps, le jeune garçon reste en position, garde les yeux bandés. Nous sortons tous, séparément, même l'organisateur, en lâchant simplement des "salut!" ou des "ciao" sans nous retourner. On aura jamais vu ses yeux, il ne nous aura jamais vus.

Et ?

Et je n'ai pas de débrief particulier à faire, je ne sais même pas quoi en penser.... Je crois que je ne m'en suis pas encore remis.




mercredi 26 décembre 2018

Je n'écris plus,

c'est vrai.
Trop occupé à profiter des dernières années, des derniers mois, des dernières semaines
Trop occupé à sentir le torse lisse d'un homme qui me désire
À garder à dormir contre moi des garçons pour qui l'âge, c'est important
À passer de corps en corps dans un même lieu, ici où là, dans n'importe quel pays
Profiter des possibilités quasi infinies qui s'offrent encore à moi
À me faire regarder dans le blanc des yeux, que pour mon physique et rien d'autre
Trop occupé à ne pas avoir honte de me mettre nu
À montrer ma peau, son élasticité
À exposer les traits de mon visage, qui comme par miracle, tiennent encore en un ovale, mais pour combien de temps
Trop occupé à être regardé et désiré comme je suis encore
Avant de basculer de l'autre côté
Avant d'être exilé de là où j'avais toujours vécu :

Ma propre jeunesse.




jeudi 22 novembre 2018

Tiens ils ont construit une maison

dans le sous-bois où je me suis fait violer quand j'avais 11 ans.


Enfin pas violer mais bien attouché. Pantalon baissé et sexe tendu, le mec simulait une sodomie contre mes fesses en me disant de mettre un survêtement la prochaine fois pour que ça glisse mieux. Ce mec là, autour de la trentaine, traînait toujours en mobylette dans le quartier et se faisait appelé Péjot. C'était sûrement son nom de famille. C'est un voisin de mon âge, Arnaud D., qui le faisait venir. J'avais du le voir deux ou trois fois auparavant, et il avait du parler à Arnaud, qui était une sorte de mauvais garçon du quartier, pour mener à bien son traquenard.

On s'est retrouvé une fin de mercredi après-midi sous je-ne-sais quel prétexte. On monte tous les trois au dernier étage d'un immeuble, soit disant pour se cacher afin de fumer tranquillement. C'est un immeuble des années soixante, avec sa cage d'escalier en béton, et sa porte unique au dernier étage, où on devine qu'on ne sera pas dérangés. Le temps est passé, je ne me souviens plus comment on en arrive à cette phrase de Péjot :
"- Je bande toute le temps en ce moment" avant de sortir une bite que je considérais -forcément- énorme à l'époque. Bien évidemment Quentin Mallet n'existait pas, j'étais alors complètement asexué, découvrais ce qu'était un sexe d'homme en érection, je n'ai pas été excité, mais plutôt terrorisé. Et je me souviens assez bien d'avoir détourné une tête ahurie pour faire comme si je n'avais pas remarqué cette exhibition.

Seulement il insistait pour que je la regarde, alors qu'Arnaud, pas choqué du tout, riait aux éclats. J'étais un enfant totalement innocent de ces choses là, lui plus vraiment on dirait.

Cigarette terminée, c'est là où on a rejoint ce sous-bois. Je me souviens que Péjot a dit quelquechose à l'oreille d'Arnaud, qui s'est éloigné en faisant semblant de chercher par terre un truc imaginaire.
Et là, donc, les frottements, le premier contact avec un sexe dur à travers les vêtements, les commentaires bien bruts à propos de mes fesses, et moi qui dis non, redis non, encore non.

Heureusement pour moi, ce Péjot n'était pas excité par les enfants qui disent non. Donc il me laissa tranquille, et Arnaud revint. 
Pourtant il continuait d'être très excité par ce qui venait de se passer, et j'ai encore en tête cette image de lui penché en arrière et sexe tendu qui éjacule sur le sol, tout à sa joie, en nous disant de regarder, fier de sa jaillissante conclusion.

Je suis rentré chez mes parents complètement choqué, mais étant déjà un enfant qui se remettait facilement des situations les plus rocambolesques, je suis vite passé à autre chose. Ça m'a trotté dans la tête quelques jours et puis en effet, plus rien. C'est un traumatisme pour certains enfants, mais pour ma part j'avais mis ça de côté. Mais jusqu'à quel point ?

J'y ai repensé trois ou quatre ans plus tard, lorsqu'homosexualité révélée, ma frustration d'adolescent essayait de se rappeler ces événements et d'imaginer le plaisir que j'aurais pu y prendre. En vain évidemment.

Mais je dois reconnaître que c'est à cette époque que cette expérience a cessé d'être un mauvais souvenir. A quel point m'a t-il choqué ? a t-il guidé mes fantasmes ultérieurs ? Jusqu'où a t-il influencé mon orientation sexuelle ?
Je ne le saurai jamais, et peu importe.


Ce qu'il reste, c'est l’inacceptable. C'est de se foutre complètement d'infliger des visions et des contacts à un enfant de 11 ans qui n'est -par définition- pas prêt à ça. Même -par miracle- bien supporté, cet événement reste fondateur dans une vie. Le premier rapport avec le sexe est bien souvent loin d'être paradisiaque, mais cette espèce de premier contact, on en peut que vivre avec jusqu'à la mort.

Curieux de retrouver les auteurs de ce forfait, plus par simple curiosité que pour assouvir quelconque vengeance, j'ai un peu fouillé. 

Péjot ? Impossible de le retrouver avec le peu que je me souvienne de lui. Aucn souvenir physique, juste une mobylette et un rire sonore. Arnaud mon ami d'enfance ? Une rapide recherche sur le web que je recoupe avec la ville et les prénoms de sa famille, m'apprend qu'il est mort voilà un an et demi.




Vivre avec une amertume, et un souvenir qu'on ne pourra plus jamais toucher expluser.





jeudi 8 novembre 2018

Enfin la beauté de la sodomie,

la sodomie passive, la coît avec l'être aimé, tout entier offert.
Ce point du vue poétique je l'attendais depuis un moment, et c'est le chanteur Troye Sivan qui me l'offre, avec sa chanson Bloom (qu'on peut traduire par éclore, épanouir, s'ouvrir).

La métaphore florale est toute trouvée, et est à la fois filée dans les paroles de la chanson et dans le clip, très réussis.



Take a trip into my gardenViens faire un tour dans mon jardinI've got so much to show yaJ'ai tellement à te montrerThe fountains and the watersLes fontaines et les eauxAre begging just to know yaNe demandent qu'à te connaitre
And it's true, babyEt c'est vrai, chériI've been saving this for you, babyJ'ai préservé tout ça pour toi, chéri
I guess it's something like a fun fairJe suppose que c'est quelque chose tel qu'une fête foraine
And boy I'll meet you right thereEt mec, je te retrouverai là-basWe'll ride the rollercoasterNous monterons dans les montagnes russes
'Cause it's true, babyParce que c'est vrai, chériI've been saving this for you, babyJ'ai préservé tout ça pour toi, chéri
I need toJ'ai besoin queTell me right before it goes downTu me dises avant que ça ne descendePromise me you'llPromets-moi que tuHold my hand if I get scared nowTiendras ma main si j'ai peur maintenantMight tell you toJe pourrais te dire deTake a second, baby, slow it downPrendre une seconde, chéri, ralentisYou should know I, you should know ITu devrais savoir que, tu devrais savoir que

(Yeah I bloom) I bloom just for you(Ouais je m'épanouis) je m'épanouis juste pour toi(I bloom) just for you(J'éclos) juste pour toi(Yeah I bloom) I bloom just for you(Ouais je m'épanouis) j'éclos juste pour toi(I bloom) just for you(J'éclos) juste pour toi
Now it's the perfect seasonMaintenant c'est la saison parfaiteYeah, let's go for it this timeOuais, allons-y cette foisWe're dancing with the trees andNous dansons avec les arbres et I've waited my whole lifeJ'ai attendu toute ma vie


C'est pas beau ? Moi ça me bouleverserait presque.
Il y a des musiques comme ça qui vous donnent envie de faire l'amour différemment. 

Ça avait été le cas du clip All the Lovers pour Kylie Minogue, et cette espèce d'orgie pure et charnelle où on respire les torses et s’enivre de la pureté de la peau de l'autre, c'est le cas aujourd'hui avec cette pépite, qui fait de la sodomie un don simple, enfin débarrassé de toute une imagerie para-pornographique qui nous encombre décidément trop.

Au passage, Troye Sivan s'était déjà illustré il y a quelques mois avec le clip de My My My! qui reproduisait brillamment l'atmosphère du Berghain (boîte-sex club berlinois mythique, ancienne centrale électrique Est-allemande dont il n'existe pratiquement aucune image) sans pourtant y avoir tourné.
On retrouve même les longs couloirs étroits de la partie Lab.Oratory, pour les habitués.

Autant le dire tout de suite, ce Troye Sivan, avec sa pop catchy et ses références du sexe gay, devient la nouvelle bande originale à suivre de ce blog.





jeudi 25 octobre 2018

Ce n'est pas une lassitude

c'est une manière de vivre le truc sans trop se poser de question.

Sans se poser de question.
...Qui l'eût cru ?

Il m'est beaucoup arrivé d'écrire sur des séquences sexuelles desquelles, franchement, il n'y avait pas grand chose à dire. Ma consommation sexuelle n'a pas faibli, mes nuits dans les soirées de minets, mes alpaguages de bombasses en terre de chasse, mes rencontres borderline, pour moi c'est encore et toujours, et même plus aujourd'hui encore, une course contre la montre, un sprint avant l'échéance. C'est triste ou pas, mais c'est comme ça.
Mais pour autant je ressens moins le besoin de cérébraliser, d'analyser, de corriger. -A mon âge, il était temps-
Et donc d'écrire.

C'est pourquoi les articles ici se font plus rares. On oublie tout très vite, toujours. J'écris à présent essentiellement pour me souvenir des moments exceptionnels, hors du commun, mais pas forcément importants. Et s'il n'y en a qu'un par mois, par semestre, et bien tant pis.

Il se trouve que je rentre de Venise. Et je me disais au retour qu'il y a quelques temps, j'aurais immédiatement décrit par le menu sur ce que j'y ai fait la nuit tombée. Ce jeune nerd à lunettes avec les sempiternelles "cherche amitié, relation, -pas de plan-" etc...
Que je rencontre dans un jazz club. On trinque au Spritz, évidemment. Lorenzo Ludovico, rien que le nom ça chante à la mandoline. Je le suis sur la place Saint-Marc, on s’assoit face à l'obscurité de la mer au pied du palais des doges, la totale rencontre romantique quoi. Moi qui avait décidé de ne pas acheter de carte postale, on m'en offrait une gratos. 
Manque de bol je suis totalement insensible à ce genre de romantisme au kilomètre, fut-il vénitien. En tout cas avec un inconnu.

C'est sur le trajet pour me raccompagner à l'hôtel que je ne peux m'empêcher de coincer ce mec à lunettes avec son petit chino un peu slim sous une porte dans une ruelle, incessamment perturbé par le passage de promeneurs. Moi, le labyrinthe inextricable qu'est Venise la nuit, ça m'excite.

Ici commence le mystère


Et pour bien lui montrer ma conception du romantisme, je me suis fixé le seul objectif valable en pareille situation : le faire gicler dans son pantalon.

Bon j'ai pas réussi.


Dernier soir, l'autre facette de Venise. Il habite dans le tournant du grand canal, vers le pont du Rialto. Au 819 de la calle Santa Mattia. Rien que l'adresse c'est du néoréalisme italien. C'est minimaliste un appartement de Vénitien moyen. Très peu meublé. Et pour cause. Il faut tout faire venir en gondole, le moindre canapé, la plus petite gazinière, c'est tout un bordel.

Bandeau bien serré dans la bouche. Un masque sur le visage. Je suis entravé sur son canapé, et en même temps en plein carnaval de Venise. Ses deux mains sur ma bite. Pinces à seins. Mon Dieu que ça fait mal ! Aucun plaisir. Mais mon Dieu ! Deux jours après je ressentais encore la douleur. Il était passif mais je me demandais à chaque fois s'il allait entreprendre de renverser la situation. Le rapport ne s'est pas éternisé, peut-être à cause des pinces à seins, peut-être aussi à cause de moi. Trop de fatigue, trop longues journées de visites qui ont précédé. 14 km par jour ça pèse.

Original ceci dit. Un passif dominateur. Il n'y en a pas assez. L'inconnu à qui tu dois t'abandonner sans rien savoir de ses intentions. Lui qui veut t'empêcher d'attenter quoi que ce soit, pour qu'il jouisse de ton sexe à sa guise.
A creuser.

Et bien pourtant, tout ceci je ne le raconte plus.

Ou bien aujourd'hui, mais seulement parce qu'il y a Venise autour.Et que c'est Venise elle-même qui est contenue dans ces maigres séquences de sexe.

Alors là oui, on a finalement envie de s'en souvenir.