jeudi 24 novembre 2016

San Francisco passée,

​c'est vers Las Vegas que nous nous dirigions, marquant étape dans un motel de Mammuth Lakes, une station de sports d'hiver dans aucune espèce d'intérêt. 
Après cinq jours de soirées underwear, de mecs baisés debout dans des clubs de dévoyés, de dépravation et sévices californiens de toutes sortes, j'avais grand besoin de "vraies" rencontres. (comprendre : on discute dans un lieu public avant de rentrer l'un dans l'autre)

C'est sans doute pourquoi j'ai voulu renouer avec la baise en extérieur et que j'ai donné rendez-vous à ce minet logeant avec ses parents dans l'hôtel voisin du nôtre. Il ne peut pas recevoir, moi non plus. 
"- C'est pas grave, on se voit pour s'embrasser" me dit-il... Comme c'est mignon.

Trêve de plaisanteries, me gardant bien de lui dire que je disposais d'une voiture et que j'avais les clés sur moi, c'est contre un arbre en contre-bas de la route qu'il fut passif, qu'il fut actif, me satisfaisant une nouvelle fois de la facilité et de la maîtrise avec laquelle je pouvais faire monter la température (chacun sa spécialité).

Mais c'est à Las Vegas, ayant abandonné mes potes pour ces deux jours dans la capitale du jeu (Dieu que j'aime cette ville pour solitaires), que je m'apprêtais à retrouver Kevin, celui qui n’emmena sur les hauteurs de la ville de nuit voilà plusieurs années, sur un parking désert...

Je ne saurais jamais pourquoi Kevin m'a fait faux bon au dernier moment... Déçu, il me fallait mon histoire Las Vegassienne. Dans une telle ville d'excès et de mise en scène, qui incite tant au dépassement de limites, comment rester dans la norme ? 
C'est pourquoi, utilisant le WiFi du casino Paris-Las Vegas, j'ai rencontré sous les pieds-mêmes de la tour Eiffel, Anthony, un des musiciens d'un show d'un des grands casinos locaux. Lui a une voiture, et après une succession de cocktails à base de Chartreuse (!) servi dans son bar francophile favori, nous rejoignons sa voiture garée dans downtown, tout à côté de Fremont Street, sans marcher très droit... Nous y resterons plusieurs heures...

Certes nous étions aussi saouls l'un que l'autre. Si ce n'avait pas été le cas, comment aurions-nous pu oser nous jeter l'un sur l'autre sitôt entrés dans cette voiture garée en plein centre ville ? J'ai le souvenir de passants regardant à travers la vitre en passant et nous voyant en pleins ébats. Aucun ne s'est arrêté, et heureusement aucun policier n'en était ! Je me souviens du rire de l'un d'entre eux, visiblement gay et en débardeur, je me souviens d'un autre, vieux Noir à la mine réprobatrice.

Sont-ce mes allers-venues dans son corps décuplés par l'alcool ? Le manque d'oxygène dans l'habitacle ? La Chartreuse ?... Toujours est-il que mon partenaire tomba dans les vappes sitôt  recouvert de son propre sperme en lançant des "Oh My God! Oh My God!" 
Après avoir attendu une bonne vingtaine de minutes qu'il se réveille tout seul, après avoir essayé à deux reprises de le réveiller et d'avoir recueilli comme seule réponse des "Oh My God" marmonés suivis d'espèces de ronflements, je devais me rendre à l'évidence : il était parti pour la nuit.

Devant cette situation, comment moi, dans la ville où j'étais, ayant accompli ce que je venais de commettre, pouvais-je ne pas me sentir plus vivant ?
La lumière brute du réverbère frappait son visage endormi à travers la vitre, faisant vibrer ses lèvres charnues de sa lueur jaune. Il était beau. 




Ayant immortalisé ce moment, j'éteignais l'auto-radio relié à son portable qui diffusait encore sa playlist "Philip Glass", prenais les clés de contact pour les mettre moins en évidence et partais en fermant les portières. 
Plus tard, vers quatre heures du matin, alors que je regardais assis sur une marche la lumière vanille du Grand Canal du casino Venetian alors vidé de ses clients, la musique résonnant tient que pour moi, un sms m'arriva. Tout s'était bien terminé pour mon violoniste.






6 commentaires:

  1. Embrassant comme situation ! Je ne sais pas comment j'aurais réagi... (Partir en le laissant seul ? Attendre ?) Enfin tout s'est bien terminé c'est le principal ^__^ (Pas forcément mon style le garçon, mais il reste mignon.)
    En revanche, tu me surprendras toujours à arriver à être autant actif que passif, surtout avec le même mec et durant le même plan !

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  2. je passe par ici et je vois que personne ne s'est donné la peine de te souhaiter la bonne année, du coup : bonne année 2017 ! l'année de la fête ?

    Ton blog franchi le cap des 500.000 visiteurs (pervers?) c'est un joli seuil franchi, avec un référencement pourtant limité, aurons nous la tradition des statistiques annuelles ou as-tu abandonnné l'idée ?

    En ce moment, pas beaucoup de nouveaux articles, es-tu en voyage ou n'as tu plus de temps à cause de ton travail ? ou ta vie amoureuse ?

    Que deviennent tes (anciennes) relations, je pense notamment à Dima, à Ken, ton pote Cyprien, la bande à Morandini ? le petit Stéphanois ?

    Stef_dgcab

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    1. J'avoue que j'ai laissé le blog de côté, pourtant j'ai plusieurs brouillons restés en travaux. Je re-posterai, mais il faut qu'une poussée d'envie revienne, ça peut intervenir n'importe quand ^^

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    2. Quand tu veux... On est patients.

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  3. Ben Quentin, on a cru rêver, un post s'est envolé ?

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    1. J'ai frôlé la boulette du siècle, je me suis trompé d'adresse mail pour faire passer des photos du boulot. Tout a été publié ici l'espace de 30 secondes...

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