dimanche 13 novembre 2016

La nuit californienne ne m'avait

​guère enchanté voilà quelques années de ça, lors de mon premier voyage. Si j'étais revenu ravi de mes journées à découvrir ses villes, sa vallée de la Mort, la gentillesse de ses habitants, je nourrissais un souvenir mitigé de ses bars et boîtes gays, qu'il me fallait bien écumer en bon Quentin Mallet que j'étais déjà.

Le quartier de Castro à San Francisco n'était à mes yeux qu'un lacis de sexagénaires esseulés, traînant leur glorieuses années 70 comme un s'attache à la jeunesse perdue. Las Vegas au Nevada n'avait qu'un seul sauna, Entourage, quasiment désert, et Los Angeles deux spas (dont un immense Hollywood spa) à peine plus fréquentés. Restait dans cette vie le sex-club The Zone, dans lequel j'étais impatient de pénétrer à nouveau.

Heureusement pour moi, je faisais ce nouveau voyage californien accompagné de trois potes dont Cyprien, qui s'occupa (fort bien comme d'habitude) des repérages des soirées. Je dois bien reconnaître à cet instant que Cyprien est bien plus doué que moi pour trouver sur internet et par des dialogues préalables avec des locaux les meilleurs adresses, de la plus grande soirée Underwear (comme la Underworld de San Francisco) au moindre petit sauna de banlieue (le Steamworks de Berkeley).

Nous devions commencer par le clou du voyage, la Folsom Street Fair, grande fête de quartier fétichiste le long de la rue du même nom. Hommes et femmes se faisant fouetter en plein milieu de la rue, chenil d'hommes-chiens, estrade montée en plein milieu de la rue pour que les plus exhibitionistes s’ébattent en public, c'était corsé ! Ce spectacle en pleine rue d'une mégalopole occidentale, c'est unique au monde. 




D'autant plus que Cyprien et moi y étions intégralement nus, croisant passant vêtus et police armée dans le plus grand naturel. 
Certes nous n'étions pas les seuls, mais le peu d'hommes ayant osé s'y balader dans le plus simple appareil ayant passé à la fois le quintal et la soixantaine, c'est autour de nous que crépitaient les appareils photos. 
Pas exhibitioniste au point de voir mon cul apparaître lorsque dans quelques jours on tapera "Folsom S.F. 2016", je me rhabillait vite. Souvenir vraiment notable, le concert final de cette fête de quartier un peu particulière, et la découverte de la chanteuse Dragonette, pile ma came en matière de musique électro-pop-dance. La scène était opportunément installée au pied de trois églises.




À ma grande surprise une plage gay, naturiste et échangiste particulièrement bien fréquentée se trouvait sous un des ponts les plus célèbres du monde ! C'est là, sous le Golden Gate Bridge même que les Californiens très en forme se baladent en erection, déjà tout excités de la rencontre qu'ils feront sur le sable ou entre les rocherd, quelques minutes après.





Oui, je m'étais trompé sur San Francisco. Ce n'est pas dans le quartier historique de Castro qu'il faut sortir le soir, à part Badlands et son esthétique copiée sur le G.A.Y. Late de Londres, ses clips de pouf et sa clientèle très latino, il ne s'y passe rien de notable.

Non, c'est dans le quartier de Soma qu'il faut aller, c'est là bas la Fun House où se mettent en sous-vêtements ceux qui veulent, qu'au fur et à mesure que l'heure avance ça se met à s'emballer dans tous les coins, que le fumoir se transforme en orgie générale déconseillée aux claustrophobes, au Fun House justement qu'après un très long échauffement que finis par me faire prendre sur la piste de danse même ! (une grande première)

C'est non loin, toujours dans le quartier de Soma, que le lendemain avait lieu la Skuf (interdite aux plus de 40 ans) grande soirée annuelle dans le club fétiche appelé Citadel. Là bas le sado masochisme le plus cru. Toute une petite foule de mecs lookés SM, harnais et cuir regardaient les vrais sado-maso. Ceux ci n'étaient point lookés, peu soupçonnables de quelconque "deviance". J'en veux pour preuve ce mec en jeans noir et chemise noire, normal, attachant à une croix de Saint-André un minet rouquin vêtu d'un simple jock-stap. 
Bientôt, c'est sous les coups de fouets répétés du premier que le second, saignant des fesses et du dos, restera le corps raidi, hurlant de douleur. Près d'une demi heure plus tard, c'est en sanglot qu'il rentrera dans la robe de chambre tendue par son bourreau de partenaire, et qu'il quittera la piste.

Pour ma part ce spectacle (et ceux qui suivirent) me refroidi, et alors que Cyprien baisouillait comme si de rien n'était à droite et à gauche entre les suppliciés, je restait interdit devant ce spectacle de sang et de larmes. 



2 commentaires:

  1. Ce qui serait intéressant, c'est l'interview du petit minet rouquin après l'épreuve...
    Victor

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  2. quelle ville ! récit et photos très impressionnants je suis bouche bée

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