mardi 25 octobre 2016

Il m'a fallu renouer

avec mes vieilles stratégies, intriguer, tromper, mettre mes scrupules de côté, pour essayer d'obtenir celui que je désirais ce soir là.

Dimanche soir, le freedj, où je me rends seul. J'ai dû être discret sur ma venue ce soir là, les deux blacks que j'ai retrouvé par deux fois là bas me relancent désormais chaque semaine pour savoir si j'y suis. Or même si leur compagnie me plaît, que le sexe avec eux ne me déplaît pas, et si j'affectionne la chasse aux garçons faciles, le dimanche reste ma soirée solitaire, celle où je sors à la rencontre de qui voudra bien entrer dans ma vie. Une Despé au freedj, quelques titres pop dance, recroiser par hasard d'anciens plans ou amis lointains, et pourquoi pas draguer à l'ancienne, comme le ferait n'importe quelle personne moins dépravée que nous.

Ce soir là je croisais Mario, un latino clubber que je vous en boîte depuis que j'ai débarqué sur Paris, c'est à dire bientôt plusieurs lustres. D'abord sympathique quoique très superficiel, il ne m'a jamais attiré. On s'envoie tout juste un bonjour de loin, n'ayant jamais vraiment fait connaissance.

À son bras une espèce de geek à lunettes comme je les aime. Menton fin, joues creuses, chemise sobre, cheveux un peu bouclés mais bien dressés, mignon mais pas transcendant. Ils se tiennent par la main, s'embrassent, ils sont manifestement ensemble. Dommage, même si le visage de ce garçon n'est pas sensationnel, c'est celui qui me plaît le plus ce soir là.

C'est en milieu de soirée, alors que la fréquentation du sous-sol augmentait proportionnellement à la température, que Mario et ce garçon ont entrepris de se mettre torses nus. Et là, LA surprise : ce garçon tout en retenue a un torse de Chippendale ! Franchement bronzée, sa peau parfaite mettait en valeur ses pectoraux finement dessinés, surmontés d'épaules insoupçonnablement musclées. Et sous tout ça, des pectoraux affermissant un ventre fin que venait encadrer deux traits obliques menant à son entrejambe. THE TARGET.

Vous me connaissez bien, c'était surtout le contraste entre cette tête de premier de la classe intello et ce corps hyper sexué qui m'attira. Seulement voilà, visiblement tout timide et impressionnée par cette sortie en boîte, manifestement provincial de passage, il ne lâchait pas d'une semaine Mario. Le contact serait impossible, même si quelques brefs échanges de regards pouvaient me laisser penser que je ne le désintéressais pas totalement...

Bientôt le dernier métro, je ne comptais pas m'attarder davantage, ayant fait le tour de la question et des tubes du moment. Devant l'impossibilité du projet de partir avec ce garçon, je me devais, en bon Quentin Mallet que je suis, de trouver convenable stratégie pour tenter de le revoir.

La tactique fut simple. Je le dirigeais vers Mario pour -une fois n'est pas coutume- l'embrasser avant de partir :
"- J'y vais Mario, à une autre fois ?"
Suite à quoi c'est le garçon en question à qui j'ai fait la bise en lui lâchant mon prénom en guise de présentation :
"- Quentin.
- Ralph."
Et voilà. Son prénom en poche, je sortirais rapidement de la boîte, tout heureux qu'il porte un nom relativement rare. Pourquoi ? Pour le pouvoir le retrouver facilement sur les réseaux sociaux évidemment !

Peine perdue, aucun Ralph ne lui correspond, ni même de Ralf. J'envoie tout de même un message à un Ralphy qui pourrait lui ressembler, mais aucune réponse ne me parviendra.
Je me décide alors d'ajouter Mario à mes contacts Facebook, en espérant qu'il ne perçoive rien de ma grossière manœuvre.

Le lendemain, demande acceptée ! Scan complet de toute sa liste de contacts pour retrouver un Ralph, un Ralf, ou bien un autre pseudonyme possédant une photo susceptible de lui ressembler. Et rien.

Frustré de tant d'efforts vains, je me consollais en me disant que j'avais fait le maximum ce coup-ci.
La piste de ce Ralph s'était perdue dans cette nuit de ville-océan, ainsi que dans mes stratégies de chasseur infatigable tant dépourvu de sens moral.

7 commentaires:

  1. Tu ne m'as pas cherché où il fallait Quentin !

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    1. Oh le beau commentaire de mytho ! Celui qui a écrit ça ne connaît pas la fin de l'histoire...

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    2. On espère bien qu'il y a une fin, ou au moins une suite :-)

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  2. Il y a une fin et elle n'est même pas racontée ?? Pff !!
    J'aime cet article, car je me reconnais complètement dans la façon de faire :D

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  3. Non mais c'est surtout que tous les noms employés sont encryptés, tu es trop malin. :D Il s'appelait Onésiphore ou un truc comme ça. ^^

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  4. je suis allez deux fois au Freedj en me disant à chaque fois : Quentin est peut-être ici ! ^^

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