dimanche 3 avril 2016

Au début de l'hiver j'étais à Berlin,

mais j'étais pas d'humeur à vous raconter.
Encore un bon gros weekend comme Cyprien aime à les organiser. 
Et cette semaine là ça enchaînait. Avant l'énorme Snax United prévue au Berghain le lendemain, il avait prévu de passer ce vendredi soir au Kit Kat club pour la soirée Gegen.

Non c'est pas l'entrée d'Emmaüs.
©Wikimedia

Ça faisait un moment que je n'avais pas refoutu les pieds à Berlin, je crois même que je n'étais pas revenu depuis janvier 2014, il y avait donc presque deux ans. Mis à part le fait de trouver cette ville très laide, je ne me souvenais pas très bien pourquoi je n'étais pas repassé par là.

Et bien ça y est je m'en souviens. La musique n'est déjà pas à mon goût, et c'est déjà un très gros problème. Certes les mecs sont faciles d'accès et vraiment chauds, mais encore faut il pouvoir arriver auprès d'eux. En effet, c'est sous la pluie de ce mois de novembre qu'on a du patienter 3 heures au milieu d'une file d'attente déjà bien alcoolisée avant de se présenter à l'entrée du Kit Kat pour finalement se faire refouler, sans évidemment qu'on ait connaissance de la raison du refus.
Franchement j'ai passé l'âge.

Changement de stratégie. On reviendra plus tard tenter notre chance. Pour ma part j'avais déjà envie de rentrer me coucher, frigorifié et passablement énervé. Départ pour une autre boîte sans intérêt. A savoir musique de bourrin et une déco de palettes de récupération. Les Berlinois adorent.

On reste à peine une heure, puis on re-débarque au Kit Kat. Plus aucune file d'attente, entrée sans obstacle. C'était bien la peine de nous avoir refoulé comme des sous-merdes la première fois. 

A l'intérieur de multiple salles en labyrinthe, ambiance lounge mais sur de l'electro assourdissante, canapés, matelas, une piscine à l'eau glacée autour de laquelle tout le monde se prélasse. L'ambiance est plus aux caresses et câlins qu'à la baise acharnée. A ma grande surprise il y a autant de filles que de garçons et je trouve ça cool. On se rapproche de l'idée de partouze générale en communauté après laquelle je cours depuis des années. Pas de jugement, homos et hétéros à poil, les uns sur les autres. 
Au bout de quelques virées je me rends quand même bien compte que pour les mecs, ça se passe essentiellement au dessus de la mezzanine, où là ça baise bien hard.

Je vais faire mon tour. Là les Berlinois se rappellent à mon bon souvenir, je suis en plein milieu. Les mecs puent de la gueule, font la tronche, sont incapables d'avoir une érection correcte. Trop d'alcool, trop de drogues, et sûrement trop de maladies. Pourquoi vouloir encore baiser quand on est dans cet état ? Sans doute juste pour avoir un tout petit peu plus de sensations quand on prend sa dose de dope. Je ne vois pas d'autre explication. Au Kit Kat la drogue est reine.

Je restais donc là en simple observateur de ce concours de celui qui se bousillera la santé le plus vite. Le tableau était tellement caricatural qu'on y croit à peine : chems, alcool, et bareback bien évidemment. 
Oui on est à Berlin, faut ce qu'il faut. 

A un moment, et malgré la gueule que je devais tirer, j'ai quand même terminé par me faire alpaguer par un mec. Pas mal mais l’œil un peu éteint. Son trip c'était qu'on aille baiser dans les chiottes. Pourquoi ? Bah évidemment je m'en suis vite aperçu : pour qu'il puisse se droguer tranquilou en même temps qu'il baise. Les chiottes sont bien surveillées, on s'est fait virer deux fois. A quoi bon insister dans cette soirée de merde ? ​Droguez-vous si vous voulez, bousillez-vous la santé, mais ​​ne venez pas me pourrir mes soirées dans les capitales européennes, que jusqu'à présent je voyais comme encore fraîches.

On peut essayer de faire abstraction du contexte, mais alors quel intérêt ? Le mec de toute façon n'arrivant pas vraiment à bander. Je n'ai pas mis longtemps pour le jeter, et sans aucun scrupule, évidemment. 
Qu'ils ne viennent pas me demander plus de considération qu'ils n'en ont pour eux-mêmes.







12 commentaires:

  1. Pas cool comme plan foireux, tu te rattrapera

    "on ne peut pas toujours gagner, il faut juste savoir ne pas perdre trop souvent"

    stef_dgcab

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  2. Salut Quentin,
    J'ai lu l'ensemble de ton blog, chronologiquement, et quel choc! Je me retrouve beaucoup dans ce que tu relates, tes envies, tes pulsions, doutes, frustrations, etc... et du coup ça fait du bien.
    Tout a l'air très sincère et ça sonne juste...
    Dommage pour moi de ne pas avoir découvert un blog comme le tien un peu plus tôt.
    Continue à écrire, tu es doué pour ça!
    Une question et du coup une suggestion : tu ne parles jamais de coming out... de ce que savent tes proches? Leur réaction, leur attitude ? Ca pourrait être intéressant à partager je pense, mais bon c'est aussi très personnel et je comprends que tu ne souhaites pas en parler...
    Encore merci pour ce que tu partages dans ce blog.
    Fred

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    1. Oui bonne idée, j'essaierai de faire un post là dessus !
      Merci en tout cas ))

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    2. Oui c'est vrai, un sujet délicat. Tes proches et familles connaissent ils seulement la " big picture" ou es tu assez proche pour partager avec eux ta façon de vivre l'homosexualité et ta conception liée a tour cela sur la fidélité etc. Et si ca n'est pas partagé : pourquoi? Ca serait intéressant

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  3. Mais... wikimedia est sous licence libre !

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  4. Pas de nouvel article ? :)

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    1. Il était parti pour un long voyage, il va revenir )

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  6. Salut Quentin !
    Quentin, où es-tu ?
    ça fait maintenant plusieurs semaines que je suis tombé sur ton blog, je l'ai tout lu depuis le début, sans en perdre une miette. Un vrai plaisir de te lire, de te découvrir, cela a constitué mes lectures du soir (ou de la nuit...) tous ces derniers temps. Si exotique et si excitant pour moi ! Et le moment si redouté arrivé, hélas plus tôt que prévu puisque plus rien depuis si longtemps ! Où es-tu passé ? Que t'arrive-t-il ?
    Tu as un vrai talent, ne nous laisse pas sur notre faim, continue à nous raconter ton histoire, même si certaines de tes aventures te semblent banales et sans intérêt de les raconter, je t'assure que c'est jouissif de les lire. Et on a toujours envie d'en savoir davantage sur toi, sur ta vie...
    Quentin reviens nous ! Reviens-nous très vite !
    Adrien.

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  7. Il était parti pour un long voyage, il va revenir...
    Bon d'accord, tu penses d'avoir fait le tour avec tes histoires, ne plus avoir à raconter, avec la hantise de se répéter. Mais songe aux quelques-uns qui n'étaient pas las de retrouver de temps en temps chacun son Quentin qui les faisait rêver.
    Tu écris bien, c'est reposant de te lire. Quatre mois à t'attendre, c'est long.
    René J.

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  8. Ecris ici, c'est un ordre (c'est pour ton côté soumis ! ) Please ... pour tes lecteurs ...

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  9. Désespéré par ton silence, j'ai commencé Dustan. C'est quand même pas pareil.

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