vendredi 11 mars 2016

C'est une lettre qui me fit m'éloigner

de ces contrées para-littéraires, de ces contages d'expériences sexuelles accumulées et narrées sans pudeur aucune, de mes quelques lecteurs dont les visites s'amenuisent de jour en jour.
Bref, j'ai fait la bob comme dit ma grand-mère, comprendre "faire la gueule".

Eh oui, une nouvelle fois j'ai eu ma phase "j'écris plus dans mon blog", et cette fois ce fut long. Pourquoi ?
Peut-être parce que les expériences que je vivais depuis un certain temps avec les garçons ne m'apprortaient pas assez de nouveau et de piquant pour être couchées sur un journal. Peut-être parce qu'aussi le cul c'est un peu moins mon truc, en vieillissant. Toujours un peu plus que la moyenne certes, mais en tout cas un peu moins qu'avant... Peut-être surtout parce que plusieurs de mes amis et de mes réguliers ont découvert l'existence de ce blog... Simplement aussi parce que je n'avais plus envie d'écrire.

Cette envie m'est revenue il y a quelques jours, alors que toutes les autres raisons pour lesquelles je n'écrivais plus étaient et sont toujours valides. Je m'en rends compte aujourd'hui, je pense avoir été essentiellement découragé par Madan, ce régulier dont je racontais l'automne dernier les tendages de perche successifs à mon endroit. Ces perches se révélèrent être des poutres, bien pointées en ma direction, déclarations de moins en moins ambiguës à la clé. Il découvrit ce blog par hasard en surfant, et donc tous les articles que j'avais écrit sur lui, puis m'en informa. Cela ne sembla toutefois rien changer aux sentiments qu'il éprouvait à mon égard.

Difficile ensuite de continuer à écrire librement, lorsqu'on sait les conséquences sur le ressenti de certains de ses lecteurs, et non des moindres...
Je ne sais pour quelle raison j'ai repris la plume subitement dans un aéroport, en attendant un vol qui devait décoller pour Dakar, pour écrire trois articles d'une seule traite, à propos d'expériences vécues plus ou moins récentes.
En écrivant l'histoire de Jeroen, ce Néerlandais dont je m'épris à Amsterdam le temps d'une nuit, je n'avais songé à aucun moment à la lecture probable qu'en ferait Madan, qui de surcroît pourrait correspondre à la même description physique que ma nouvelle idole hollandaise.

Pur égoïsme ? J'avais repris ma liberté.

J'avais songé un instant que peut-être plus jamais je n'éprouverais l'envie d'écrire dans ce blog, que j'avais fait le tour de la question et balayé le large champ des expériences sexuelles envisageables par quelqu'un de ma trempe. Cette impression d'abandon non-douloureux du diarisme avait été accentuée par une vraie lettre de déclaration d'amour, datée du 9 décembre 2015, dans laquelle Madan m'apprenait justement avoir pris connaissance de ce blog.
Contrairement à certaines déclarations d'amour reçues par le passé, je ne dirai bien évidement rien du contenu de cette lettre, son auteur étant désormais visiteur de ce blog et donc très probablement futur lecteur de ces lignes.

Je réalise que mon envie d'écrire légèrement sur mes exploits de cul du moment, de faire du style avec mon actu sexe bi-hebdomadaire, avait en fait été calmée par le titre de cette lettre d'amour à laquelle je ne répondis d'ailleurs pas de manière officielle, par une autre lettre.
Ce titre, mélange de résignation mélancolique et de pudeur poétique, tourna dans ma tête des semaines entières.
Comment pouvait-on exprimer aussi précisément et d'une manière aussi brève la tristesse devant le constat d'une histoire impossible ?

Des mois après, ce titre est toujours là, et tourne encore :
"Lettre à l'homme qui ne sera pas mon homme."



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5 commentaires:

  1. Le printemps revient, avec quelques frimas.

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  2. Créer un blog, l'alimenter, choisir de ne plus écrire puis revenir... sans vraiment savoir pourquoi.
    Un besoin viscéral sans doute.

    Très content de revenir par ici, surtout en ce moment.
    Je crois que j'ai un peu de retard à rattraper... ;-)

    Bises à toi Quentin !

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    1. C'est toujours la même raison au fond, il y a des choses qu'on ne peut dire qu'à des inconnus

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  3. Je te comprends Quentin et je salue ta réserve à l'égard de quelqu'un qui a sans doute placé beaucoup d'espoirs en toi.
    Taraudé par des scrupules analogues, j'aurais agi de la même manière.
    J'ai parfois souvent songé à écrire un blog pour rapporter des récits un peu à la manière des "Tricks" de Renaud Camus, mais le contexte des situations aurait tôt fait de lever trop souvent l'anonymat de nombre de protagonistes lesquels n'apprécieraient - à juste titre - pas tous d'être mis à nu.
    Donc je m'abstiens et garde une trace écrite traditionnelle sous forme de cahiers car l'écriture me permet de donner une densité à certains épisodes.
    Pour ma part, une expérience sexuelle s'inscrit davantage dans le temps si elle est relatée scripturalement.
    Je lis donc quelques blogs, surtout le tien dans lequel je me reconnais et rends hommage à ton talent.
    Amicalement,

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