mercredi 22 juillet 2015

​Les Russes étaient plutôt chauds

​ici aussi, à la boîte Central Station que j'avais laissée plutôt déserte l'hiver dernier. Il régnait une bonne sale atmosphère de drague un peu partout. Les mecs ici sont beaux, contrairement au Cabare qui, en revanche, offre un excellent spectacle en milieu de soirée.

Au sous-sol du Central il y a un petit show permanent très sympa, mais sur le dancefloor principal on a seulement droit à des gogo dancers en slip sur fond d'écrans... De plus, il faut aimer les muscles, ce qui n'est pas nécessairement mon cas. Avec eux une espèce de Mickey Mouse BDSM, en combinaison noire moulante recouverte de pics en métal, y compris les deux grandes oreilles rondes. Exotique.

Exotique aussi à l'extérieur, où homosexuels lookés côtoient hétéros, comme par exemple lorsque les appareils photo de Google sont passés devant la boîte, rue Lomonosova, où un mec en tutu et lunettes bleues était monté sur le toit d'une voiture...



Ce qui prouve au passage, et depuis le temps que je l'écris, que la Russie n'est pas le grand pays si homophobe qu'on nous vend ici en France.

Retour à l'intérieur. Deux heures du matin. Ici et là, accoudés au bar ou ondulant sur les larges escaliers qui descendent sur la piste, ces mêmes physiques de Russes, minces, les pommettes saillantes, les joues creuses et les yeux bleus, le torse mince mais avec des fesses un poil sur-dimensionnées par rapport au reste du corps.

Tiens d'ailleurs, on a recadré en ville la publicité où je m'extasiais en novembre dernier devant ce postérieur que j'estimais typiquement russe. J'ai checké dans toute la ville et c'est comme ça partout !




Censure communiste ! Alors qu'il n'avait pourtant rien d’obscène, on ne peut plus voir ce rebond si caractéristique.

Dans la darkroom du 3ème étage ça s'effleurait, et je passais sans m'arrêter, peu client de ces attouchements anonymes dans le noir. Même s'il était hors de question d'y pratiquer quoi que ce soit (le dédale est vraiment dans le noir complet et seules des lumières de portables viennent parfois faire apparaître ce qui s'y déroule) je suivais parfois ce jeune minet pas très grand, pas follement beau, un peu bourré et visiblement très excité. 
Son avantage ? Des fesses musclées d'une rondeur dont mes mains n'avaient jamais eu connaissance sur un homme blanc jusqu'alors, bien que les vêtements qu'il ait choisi ne mettent pas du tout à son avantage cette merveille de la nature.

Le garçon papillonait davantage qu'il ne cherchait de partenaire, et s'echappait régulièrement de mes mains à chaque fois que je m'aventurais sur son large sexe toujours en érection.

Sinon le contact est toujours aussi peu facile, d'autant plus que peu d'entre eux parlent vraiment anglais. Redescendu au rez-de-chaussée, c'est sur une appli que j'ai trouvé un garçon qui me dit être dans la boîte. Il m'envoie sa photo, vingt-cinq ans, il me plaît mais je ne me souviens pas l'avoir croisé de la soirée.

Il me dit de venir près de la scène. Je m’exécute, attends... mais rien. Je retourne au rez-de-chaussée où je peux chopper du wifi. Il me dit que je lui plais beaucoup, qu'il est très timide, mais qu'il ne se présente pas à moi car il a honte de ce qu'il fait là. Il ne parle pas anglais, la conversation est difficile; bien que Google Translation soit notre ami.

Je lui dis que je peux venir à lui, qu'il n'y a aucun problème, qu'il me plaît énormément. Il me répond de revenir près de la scène dans dix minutes, lorsqu'il pourra prendre sa pause....
J'apprends alors qu'il travaille là, au Central Station, et qu'il est normal que je ne l'ai pas encore reconnu, le Mickey sado-maso qui danse masqué sur la scène, c'est lui !





On se voit sur le côté, il est encore dans son habit. Cagoule et lunettes noires, je ne vois rien rien lui, pas un seul cm² de sa peau ! Étrange rencontre. Juste son corps musclé dans cette combinaison noire ultra moulante, et le malaise qu'il a de se présenter à moi comme ça.

On se verra une autre fois, à chacune de ses pauses, où il se sera changé pour l'occasion. S'asseyant près de moi sur un canapé, m'enmennant dans la darkroom pour m'embrasser.

C'est à six heures et demie du matin, alors qu'il a terminé son service et que le soleil nous ébloui, que je l’amènerai en douce dans ma chambre d'hôtel, décontenancé que je suis par tant de timidité maladive. 
Lorsque je le regarde il cache son visage, ou met sa main sur le miens en tournant la tête de l'autre côté. 
Quelle étrangeté, quel rapport bouleversant de voir garçon si beau, aux épaules si confortables, yeux bleus et traits fins, aussi à l'aise dans la danse, s'exhibant devant des centaines de regards tous les soirs, être paralysé dans l'intimité par tant de timidité.

Je savourais le charme indescriptible de la séduction dans ces circonstances, et les personnalités de mes différents partenaires que je ne me lasse pas de découvrir et de déflorer.

Vers huit heures et demie du matin, au terme d'un long corps à corps tendre et silencieux, assis sur mon corps allongé, il éjacula en très longues giclées, à en croire son visage dans des sensations intenses, tâchant partenaire, draps, oreillers et même le mur, comme si sa personnalité, son désir et sa bestialité dissimulées et entravées par tant de timidité avaient tout d'un coup décidé d'exploser, avaient pris brutalement  le dessus sur tout ce qui avait précédé et s'étaient violemment libérées.



13 commentaires:

  1. Ton dernier paragraphe est magnifique. Tu devrais écrire des romans érotiques, tu sais, ces romans qu'on lit d'une main...
    Victor

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    1. Euh... je sais pas si c'est un compliment du coup

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    2. J'aime beaucoup aussi particulièrement à partir de "C'est à six heures et demi...". On y apprend d'ailleurs une chose sur toi que tu n'as jamais livré aussi clairement :)

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    3. C'est un compliment, teinté d'un peu d'humour...
      Victor

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    4. Ah oui estef ? Quoi donc ? J'ai pas eu l'impression de dévoiler grand chose...

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    5. Oh si : "Je savourais les personnalités de mes différents partenaires que je ne me lasse pas de découvrir et de déflorer."
      Tu ne quêterais donc pas que le sexe...

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    6. Oh tu sais c'est pas nouveau, je l'ai déjà pas mal écrit... Mais peut-être pas assez, par rapport a l'importance que ça a pour moi...
      http://quentinmallet.blogspot.fr/2014/10/la-verite-cest-que-je-me-gave.html

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  2. "La Russie n'est pas le grand pays si homophobe qu'on nous vend ici en France" Là, j'ai du mal à te suivre. J'ai hébergé chez moi à Paris un couple de mecs d'environ 45 ans à l'époque de l'invasion de la Crimée. Ils croyaient dur comme fer aux justifications officielles russes. Bon, c'est de la politique, ils étaient fiers de leur pays, pourquoi pas. Mais les entendre dire qu'on allait trop loin en Occident avec les droits des homosexuels (qu'ils sont), que des hommes qui s'embrassent ou se tiennent par la main devant des enfants est intolérable, je ne comprends pas. Ou bien si, je comprends trop bien, lls n'entendent que ça et ils sont prisonniers de ce mode pensée. C'est peut-être dû à leur âge car j'en ai connu de plus jeunes beaucoup plus ouverts. Mais sur la moyenne de la population, l'homophobie me paraît bien ancrée dans les mentalités. Olivier

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    1. Certes la Russie est un pays homophobe, avec une homophobie d'Etat. Mais je dis qu'il ne l'est pas autant qu'on le dit, il l'est même de moins en moins. Il m'est arrivé de me faire rouler des pelles dans la rue par des Russes en sortant de boîte, et même (très rarement) qu'on me tienne la main en marchant. Bon j'étais pas a l'aise, évidemment, mais a en croire mes amis et ma famille, je ne devrais pas aller là bas car je risque la mort à chaque instant...
      Rappelons que celui qui séquestrait les homosexuels et filmait ses maltraitances (ça a été très médiatisé) a fui le pays et a été retrouvé pour être très sévèrement puni.

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    2. La Russie est "de moins en moins" homophobe? Il vaut mieux être aveugle que de lire ces conneries. Il ne faudrait pas que votre amour de ce pays ou plutôt de ses habitants vous fassent perdre toute objectivité.
      Dernier acte en date : La gay pride prévue pour le 2 août est interdite à Saint-Pétersbourg.
      De plus, la Russie, où l'homosexualité était considérée comme un crime jusqu'en 1993 et comme une maladie mentale jusqu'en 1999, a adopté en 2013 (oui, il y a à peine 2 ans) une loi punissant d'amendes et de peines de prison tout acte de "propagande" homosexuelle devant des mineurs.
      Les homosexuels subissent un nombre croissant de violences, souvent tolérées voire "encouragées" par les autorités, a dénoncé en décembre l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW). Mais à part ça, tout va bien.

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    3. Je n'ai jamais dit que tout allait bien, mais que ça allait de mieux en mieux, et je maintiens. Et l'interdiction de la gay pride, comme ça a toujours été le cas, n'est pas contradictoire avec cette assertion. Et pour le reste, le ton de votre commentaire me passe l'envie de vous répondre davantage.

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  3. La Russie ? Faut peut être pas mélanger la tendance d'évolution de la société russe, l'expression d'un pouvoir réactionnaire, et celle de groupes rétrogrades, les deux derniers se durcissant face à l'évolution de la première. On voit ça ailleurs sur ce thème ou d'autres.

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    1. C'est exactement ça, un peu comme en France d'ailleurs... Sauf que là bas les réactionnaires sont au pouvoir...

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