mercredi 15 avril 2015

C'est un de ces rendez-vous

dont on se souvient. Non pas qu'il ait été extraordinaire (admettons qu'il fut même un peu raté), mais l'atmosphère qu'il régnait sur lui était mémorable.

Le TER quittant mon bled natal et me permettant de choper le dernier TGV pour Paris venait d'être supprimé. J'étais donc bloqué une nuit supplémentaire à Bourgoin-Jallieu. Sur le trajet pour revenir chez ma mère la nuit était tombée. Rues désertes, douceur lourde du climat, au loin, sous les projecteurs des pompiers, un immeuble brûle. Étrange soirée.





Pas spécialement chaud, comme toute cette semaine là... Je n'avais rencontré personne ces derniers jours, pas même lors de ma virée à Lyon mardi soir.

Mais là je sais pas... La nuit supplémentaire, le désœuvrement, la sensation d'avoir un bonus, bref, à y réfléchir j'étais pas davantage chaud, mais j'allume quand même grindr.

Directement, deux messages de minets de dix huit ans chacun. J'ai instinctivement un mouvement de recul, je n'ai pas particulièrement envie de sexe, encore moins de minet, et ne me sens pas spécialement capable d'être à la hauteur ; ajoutons à ça un léger complexe d'infériorité par rapport aux jeunes mecs et le fait qu'en ce moment je me trouve gros et très moche (+2,5Kg quand même, et cette semaine chez ma mère n'a rien du arranger), bref, je le sens pas trop.

Mais en même temps, difficile de ne pas voir un signe dans ces deux jeunes garçons (l'un très beau, l'autre avec un beau torse vu qu'il n'a mis que ça en profil) qui m'accostent en même temps. 
- Non je ne me taperai pas les deux, inutile d'espérer -
Mais voilà, je considère le problème qui m'est posé. Je ne peux m'empêcher de me dire que ces choses là se produisent rarement, et ne se reproduiront peut-être plus jamais. De plus, s'ils m'accostent ce soir et pas les jours qui ont précédé, c'est manifestement que leurs hormones les titillent ce soir là particulièrement et probablement qu'ils se touchent déjà en pensant à ce qui pourrait éventuellement leur arriver dans la suite de la soirée.
On est tous pareil.

Je réponds donc aux deux. Mode -vannes- activé pour cacher mon malasie. Alors que le minet au torse (imberbe évidemment) commence une conversation normale en mode -on apprend à se connaître-, l'autre y va beaucoup plus cash...




Je me concentre donc sur ce dernier, dont le potentiel m’apparaît plus sûr. il est déjà bientôt vingt deux heures et il faudra bien que je dorme un peu donc j'embraye.
Important : Dans un cas comme ça, ne pas chercher à savoir si l'autre possibilité est plus beau ou davantage à notre goût : quelles que soient les circonstances, ne jamais troquer un coup sûr contre un coup pas sûr. D'expérience, ça ne fonctionne jamais.

Je vais dans la banlieue de Bourgoin, a Ruy, chercher ce Alexis. Il m'attend devant la boulangerie. 1,80 m, yeux bleus clairs, jean bleu moulant qui colle à ses cuisses minces. Il monte, on roule, le courant passe bien mais comme prévu je suis un peu pétrifié. Moche, vieux, ouais je sais j'en fais des caisses mais vous savez. Lui est tout à fait à l'aise, il est venu pour sucer et il compte bien le faire très bientôt. Il me fait arrêter dans une zone industrielle même pas déserte, en face d'un dépôt Emmaüs. Je sens le blocage arriver.

"- Je suis au lycée, à l'Oiselet (...) je suis en train de passer le permis seulement...
- Euh... T'as bien 18 ans au moins ? T'as pas moins ?
- (rires) Non non t'en fais pas, j'ai bien 18 ans."

Encore encombré par le souvenir récent de ces Reunionnais qui refusent de se laisser embrasser, de sucer, ou de se faire sodomiser, je formule une phase maladroite pour lui faire comprendre que j'ai besoin d'embrasser, de caresses, et que me faire sucer simplement, bah bof...

Pas de problème, le mec est chaud, il ne voit pas où est le problème et m'embrasse, se penche sur mon siège. Je tripe sur ses jambes dans son jean, et ses fesses tout aussi moulées.

Une voiture s'arrête à notre niveau. Une grosse lampe venant de l'habitacle nous aveugle. On regarde : Voiture de police. Quelques secondes passent, on reste immobiles. La voiture repart. Hyper excitant, évidemment.

J'y retourne. Lui, grosse érection dans le jean, il est vraiment à fond et on ne voit que ça ! Pas de sous-vêtement.
Nous passons sur la banquette arrière et lui bascule dans un mode salope avec lequel, là, j'ai du mal à rivaliser.

Je pense que je ne devrais plus rencontrer de mec lorsque je ne suis pas chaud. Il suffit qu'il m'impressionne un peu pour que mécaniquement la bite ne suive pas. Lui se donne à fond, fait comme si de rien n'était, il me désappe, ignore dans un premier temps son jean tendu par son sexe large puis accepte d'inverser un peu ce qui était prévu au départ...

Cependant il s'affiche passif et compte bien faire les choses à fond. Lorsque je suis sur lui :
"- Tu kifferais baiser un petit minet ?
- (moi, air un peu con) bah... Pas particulièrement 
- Et te faire baiser par un petit minet ? 
- (air très intéressé avec un clin d'oeil lent à l'ancienne) Ah là ouaiiis..."

Et c'était donc parti (comme quoi ça sert d'avoir toujours une capote sur soi, même quand c'est pas prévu). Qu'est ce qui m'excitait dans cette position plutôt que l'autre ? Le fait, peut-être, de manier et de ressentir les effets d'un sexe de taille tout à fait convenable, mais appartenant à un garçon trop jeune pour s'en servir. Cette idée m'excitait, surtout depuis le visionnage au hasard d'une vidéo  où un minet maladroit baise deux femmes d'âges mûrs et  utilise sa grosse queue en infligeant les mêmes effets qu'un homme d'âge plus mûr.



Si le lecteur est mort, essayez donc de fouiller .

Ce fut bien plus court que sur la vidéo. Il éjacula bruyamment, ma rappelant de quoi on était inconsciemment capable lorsqu'on a le feu au cul.

Retour devant la boulangerie de Ruy, en parlant politique sur le retour. C'était cool le sexe avec lui, mais pas satisfaisant. 
Se rappelait alors à moi la fois où, l'été dernier, une bombasse de la Tour du Pin m'avait laissé sur ma faim malgré sa beauté, et à la suite de laquelle j'avais enchaîné avec un garçon bien plus laid qui m'excita bien davantage... 
Sur ma lancée, je me disais que je pourrais faire de même ce soir. Or, l'heure avancée et le trou perdu où je me trouvais on rendu l'expérience vaine.

Je me trouvais donc là, garé dans ce village improbable, avec sur mes mains l'odeur persistante d'Alexis.




Adossé à la voiture, je m'interrogeais sur mon partenaire du soir.
À dix huit ans, gay, sans permis de conduire et habitant à Ruy, on est dans un état de solitude tel qu'on ne peut pas se permettre d'être trop exigeant. 
Or, dans ses paroles, dans l'estime qu'il avait de lui même, dans la description du succès auto-proclamé qui a avec les garçons au lycées, dans sa comparaison avec le physique des mannequins, et dans le fait même d'avoir voulu faire du sexe avec moi, j'imaginais le même garçon à Paris, surfait et imbu de lui même, toisant tout le monde et moi le premier.

D'ailleurs c'est bientôt la fin. Dès septembre Alexis fera Sciences Po à Lyon, aura l'embarras du choix dans son simple pâté de maison, et aura tout loisir de mépriser les autres avec sa beauté et son arrogance. Et en outre, de ne plus se permettre de coucher avec moi à l'arrière d'une voiture.





1 commentaire:

  1. Il est peut-être aussi intelligent et gentil et ne sera donc pas imbu de lui même à la ville ! La prétention n'est elle pas une des formes de la connerie ? Il n'a pas l'air d'être con. Olivier

    RépondreSupprimer