dimanche 15 mars 2015

Une expérience borderline

​ça peut arriver parfois. Et là c'est ce qui s'est passé, loin de chez mloi, sur l'île de la Réunion. Dès son premier "hello" il avait envoyé une photo. Carrément mon genre. Long visage aux traits fins, mâchoire saillante, peau hâlée, origines insoupçonnables, regard marmoréen, sourcils larges.

Il habite à Etang-Salé, à vingt bonnes minutes de la Saline-les-Bains. Son trip c'est la domination. Il me demande à plusieurs reprises si je suis opé, mes limites... Je suis d'humeur plutôt joueuse ce soir là, je me souviens de la décpetion d'expériences de domination assez risibles autoproclamées par mes partenaires, d'autres plus réussies, et je le trouve vraiment beau, alors ok.




Bon sur les gifles il ne m'avait pas menti, on ne peut pas dire qu'il y soit allé avec le dos de la cuillère. 
C'était sans compter mon goût du retournement de situation, et du fait que je n'aime pas forcément me sentir en soumission trop longtemps. C'est sans lui demander son avis, et en profitant qu'il était sur le dos, que j'ai pris les choses en main. Passif certes, mais pas inactif. Lui qui s'était vanté d'être endurant ne l'a pas été ce coup ci. L'affaire fut vite... conclue.

Et puis nous sommes restés, nous avons parlé, là, sur son lit, et les heures passaient dans que nous nous en rendions compte. 


Il insista pour que j'annule l'hôtel que j'avais réservé pour mes deux dernières nuits à Saint-Denis, et que je dorme dans sa demeure familiale, qui comportait une espèce de chambre d'ami. 
J'ai été tenté de croire que c'était par gentillesse, par volonté de me voir le lendemain, ou bien encore par tentation de venir passer la nuit sous mes draps...
Et puis j'ai eu le déclic. Bien évidemment, le fait de m'avoir deux nuits durant sous la main aurait été parfait pour un dominateur souhaitant avoir son esclave à disposition.

Je refusais et le temps passait. On parlait de cul, de nos expériences de soumission, de nos comportements sexuels, de la manière dont nous nous protégions, de l'endroit le plus excitant où on aimait jouir. Il semblait vouloir me rassurer sur ses pratiques, sur ses dépistages, sur la manière dont il se protégeait. La tension remontait sans que nous nous en rendions compte, et il me pris par le cou pour se faire sucer à nouveau. 

La domination, plus soft cette fois-ci car sans gifles, reprit, et il appliqua ce qu'il m'avait expliqué quelques minutes plus tôt. Ma tête entravée par ses mains, m'obligeant à le sucer sans relâche, au comble de l'excitation, il lâcha ses giclées sans lâcher prise. Bien que tout fut recraché dans la foulée, la situation particulièrement excitante est certes loin d'être sécurisante...

Ai-je vraiment été piégé ? je n'en sais rien, vu qu'il m'avait explicité son trip quelques minutes auparavant. Consentant ? Peut-être pas jusque là, car je sais les précautions que je m'impose habituellement en la matière. 

Peut-être la dérive d'un trip et d'un conditionnement de plusieurs heures, et la soumission à cette beauté dont je ne me lassais pas de m'abreuver.

Chose à ne pas (re)faire, évidemment.

Nous nous sommes revus deux jours après, et j'ai refusé, malgré ses appels, de recommencer le sexe avec lui. Par méfiance, mais aussi par frustration de ne pouvoir atteindre cette beauté autrement qu'en m'y soumettant. 

Nous avons vécu alors expérience bien plus forte : installés sur un drap sur l'irréelle pointe des sables, à quelques mètres de chez lui, nous buvions du rosé éclairés par la seule lune gibeuse, le lagon derrière nous, l'océan devant.

Silence.
"- Ouais, la bite en fait c'est pas mont truc."

Certes moins excitant, mais plus mémorable, et surtout plus safe.






1 commentaire:

  1. Ah, je pourrais faire voeux d'abstinence pour un verre au bord de l'océan indien pendant l'hiver métropolitain :)

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