mercredi 25 mars 2015

Je ne partirai donc pas

​de la Réunion avec un grand souvenir d'amour de vacances, comme ce fut le cas en Italie l'été dernier avec Carmine. La magie de la rencontre, l'extase irréelle de l'amour sur la plage au soleil levant, le spleen de la séparation.

Kevin a vraiment flashé sur moi, me répétant que c'est d'un garçon comme moi dont il voulait, et terminant notre fréquentation par un pudique "tu es quelqu'un de bien".


​​

J'ai trouvé Vincent extrêmement beau, mais dommage que sa sexualité soit si particulière.

Romain a une beauté plus conventionnelle, mais peut être plus grande. Dommage qu'il n'en fasse rien et qu'il se préserve autant lorsqu'il fait du sexe.

Quand au sexe sur la plage de la Souris Chaude,  bien qu'il fut excitant il se cantonna à de l'exhibition spontanée, relativement brève, sans trop de discussion, ni de... considération disons-le.

Côté hommes, le souvenir qui restera peut-être de ce voyage est un dernier contact, d'une trentaine de secondes, et totalement platonique de surcroît. 
Afin de m'écrouler de sommeil dans l'avion du retour, j'avais décidé de passer ma dernière nuit au Prince, la boîte gay friendly de Saint-Denis de la Réunion. 
Ce qu'au pasage, on est pas près de trouver dans ces grandes îles homophobes que sont la Martinique et la Guadeloupe.

Beaucoup d'heteros, pas mal de mecs en bandes, ca drague pas trop.  Et puis ce groupe de trois minets, très jeunes, dont l'un des trois a une tête  familière, bien que je ne l'ai jamais vu. Ils doivent avoir tous trois dix huit ans, pas plus. Même s'il n'etait pas le plus beau, je sentais immédiatement cette sorte de proximité avec ce garçon. Ça arrive extrêmement rarement ce genre de rencontre, un garçon qui nous ressemble, dont les traits du visage ne nous sont pas étrangers, peuvent même paraître similaires aux nôtres.

Et au delà même de son physique, je ressentais intensément son intelligence, sa personnalité. Ses gestes, ses attitudes, son comportement avec ses deux camarades tombaient en évidence avec l'idée que je me faisais de sa personnalité. 
De son côté, rien. Ou pas grand chose. De légers regards furtifs entre deux pas de danse, dus au fait que mes yeux étaient fréquemment posés sur lui. Et puis il s'est approché pour me demander de le prendre en photo avec ses potes devant le comptoir. Ça a duré vingt secondes, c'était tout.

Trois heures du matin, j'emprunte la rue de l'Est vers mon hôtel pour dormir quelques heures avant mon décollage. 
J'entends derrière  moi "-Hey !" en mettant moins d'une seconde pour me retourner et voir le minet en question qui avait essayé de me rattraper.

Stupeur. Timidité. Ça fait quinze jours que je vis en autiste et me voilà face à un garçon tellement jeune que je n'ose demander son âge, de peur qu'il ne soit pas tout à fait majeur, lui qui vient de me courir après dans la rue.

"- Tu pars là ? Tu es sûr ? Si tu veux joins toi à nous... Tu es en vacances ici ? 
- Je pars dans quelques heures, j'étais juste sorti pour profiter de ma dernière nuit. Je rentre dormir quelques heures avant l'avion... Tu vis ici ?"

Il vit à Saint-Denis car il a suivi sont père venu travailler ici. Il s'appelle Arthur, je le trouve beau, et il est aussi intimidé que moi de parler, comme ça. 
Brève discussion. Je n'arrive pas à savoir s'il a pitié de moi et veut vraiment m'inclure à son groupe, s'il veut se faire un nouveau pote, ou s'il a envie de me sucer.

J'ai peu de mal à imaginer, en vérité, les minutes dans la boîte qui ont précédé sa fuite. 
"- Il te plait ? Mais vas lui parler ! Dépêche-toi, il part ! T'as rien à perdre, il arrêtait pas de te regarder !"...

On s'est séparés comme ça, trop rapidement, en ayant énuméré dans ma tête tous les scenarii possibles. Je n'avais que peu de solutions disponibles... 
Mais dans ces cas là comme j'aime me torturer, j'y repense longuement.
*Revenir à la boîte et faire semblant d'être intégré dans son groupe de minets à peine majeurs... 
*Impossible de le ramener à l'hôtel  (chambre simple)... 
*Difficile de s'isoler dans un recoin, Saint-Denis étant très dense et fréquentée le weekend
*Et surtout impossible de le revoir un autre jour, ce qui aurait idéal dans ce genre de rencontre qui ne se consomme pas dans la foulée.

Il n'y avait plus qu'à se laisser partir l'un l'autre, alors que dans nos yeux et dans nos mots, dans notre fébrilité et nous tremblements nous ne brûlions que d'une seule chose : rester ensemble.

"- Bon je ne te retiens pas alors... 
- non... La vie est mal faite. 
- Oui c'est certain. À une prochaine fois, peut-être... "

Après plusieurs semaines de silence à l'écrit, j'ai retrouvé une des raisons qui font qu'il me faut poser ici : ces garçons à qui on est heureux d'avoir plu, avec qui on aurait pu vivre de grandes choses mais qu'on a pas pu suffisamment fréquenté, et qu'on ne veut pas oublier.







1 commentaire:

  1. A te lire je me prends à rêver à ces garçons dont je me souviens si fort encore !

    RépondreSupprimer