mardi 2 décembre 2014

Rendez-vous sur la place Vosstanya

​m'avait il dit. Lui c'est Denis, une longue histoire. Je l'ai rencontré ici à Saint-Petersbourg voilà quatre ou cinq ans. Il sortait à l'époque avec un certain Evgeni et cherchait un troisième mec pour pimenter leur couple un soir de mars.

Ils m'avaient donné rendez-vous sur la perspective Nevski et on était allés manger un bout dans une espèce de cafétéria comme on en fait beaucoup ici.

Ils étaient jeunes, frais, beaux, avaient vingt ans, et surtout détenaient ce genre de physique très sexuel. À les voir agir, parler, marcher, se mouvoir, on les imaginait sans peine en train de faire du sexe. Ils rayonnaient de sensualité. 
Et puis je ne sais pas ce qui s'est passé, je ne devais pas leur plaire visiblement puisqu'ils m'ont raccompagné au métro avant de me dire au revoir. Avaient-ils ou non vraiment l'intention de faire du sexe avec moi ? Qui était actif ? Passif ? J'en ai eu aucune putain d'idée.

Les années ont passé, ils se sont visiblement séparés, j'ai croisé l'un, puis l'autre, à la boîte le Métro Station en 2011 ou 2012 et puis c'est tout. 
Evgeni m'a écrit l'été dernier car il passait sur Paris avec son nouveau copain. J'étais parti pour ma part en Italie et je n'ai pas pu le voir. De toute façon, en avais-je envie ?...

Denis, lui, m'a écrit le mois dernier, alors que je m'apprêtais à prendre mes billets d'avion pour revenir ici. Il a appris le français et sera très heureux, dit-il, de me revoir. 
C'est dans cette situation, et avec ce léger passé d'allumeur, que je le retrouve donc ce mardi soir place Vosstanya.

Autant Dima a changé -comme je l'expliquais- autant Denis est resté exactement le même. Je ne saurais dire son âge, mais il garde sa peau et sa silhouette de minet. Sa minceur, ses grands yeux et sa mâchoire fine sont, malgré le préjudice que j'ai subi il y a quelques années, toujours autant à mon goût. 
Il est très léger, rit beaucoup, s'intéresse à moi, comme si l'humiliant râteau d'il y a quatre ans n'avait jamais existé.
Soit. Mais je ne m'attends à rien, et de toute façon je n'ai pas particulièrement encore envie de baiser.

On marche pendant une heure et demie en traçant vers le sud. Les quartiers défilent et on arrive bientôt au canal qui délimite la vieille ville. Il m'emmène chez lui, enfin chez ses parents, chez lesquels il habite toujours. Il y a sa chambre, aménagée avec écran géant, et vidéo projecteur relié à son PC. 
Une mezzanine de fortune soutient ce qui lui sert de lit, et le fait de devoir faire des tractions pour s'y hisser chaque soir explique ses épaules et pectoraux particulièrement musclés par rapport au reste de son corps.

On parle beaucoup, il me montre des vidéos de vieux chanteurs soviétiques comme le soit-disant celebrissime Antonov, et moi je lui montre les chansons d'Adrien Gallo avec lesquelles je m’enivre ces temps ci.

L'heure tourne, il est bientôt trois heures du matin, il s'est mis à l'aise et mine de rien continue d'échanger avec moi attablé dos à moi à son bureau. Il n'en faut pas plus pour réveiller ma libido, moi que rien n’excite plus que les situations où rien n'est sensé se passer. L'inverse de la veille avec Dima, en vérité.




Il était à l'aise, pratiquement à poil, devisait avec moi, comme un bon pote. C'est avec ce naturel qu'il déplia le canapé, mit sa main dans la mienne pour regarder encore une fois le clip de "Crocodile" duquel il devenait fan (la chanson est facile pour qui apprend le français). Puis c'est avec le même naturel qu'il me proposa d'aller nous coucher sur la mezzanine, et toujours avec ce même naturel qu'il m'y baisa, ainsi qu'une autre fois le lendemain matin, à son initiative.
Actif donc, assez chaud, sexe de taille normale, sexualité simple, orgasmes synchrones. Quatre ou cinq ans après donc, ce fut enfin fait. Pourquoi si longtemps ? Aucune putain d'idée, encore une fois.

Si les soubresauts de ma libido sont un mystère, les fluctuations des attirances chez l'homme en sont un également.
J'ai cessé de m'interroger. Carpe Diem comme on dit.





1 commentaire:

  1. La vie comme elle devrait être tous les jours, en somme...
    Biz,
    Victor

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