vendredi 5 décembre 2014

J'allais donc revoir Dima

​alors que l'envie me manquait cruellement. Où est passé mon ardent désir pour lui que rien n'avait atteint depuis cinq ans ?
L'avant-veille nos ébats avaient été bien sages et fades comparés à ceux qui avaient égayé mes précédentes venues.

Suis-je à ce point là superficiel ? Au point de me désintéresser d'un garçon lorsque sa jeunesse le quitte ?.. Pourtant les signes de l'âge ne me rebutent pas particulièrement, mais pour le coup, c'est différent. Même si je reconnais et je m'attendris devant ses hésitations, sa maladresse, ses montées dans les aigus, tout ce qui faisait physiquement la singularité de Dima a bel et bien disparu. (bon à part son cul mais on en a déjà parlé.)
Moi aussi d'ailleurs, j'ai changé depuis cinq ans, obligatoirement. Peut-être même que Dima a ressenti la même seconde d'effroi lorsqu'il m'a découvert vieilli l'autre jour...

Je me devais d'insister, de le retrouver quand même. On ne passe pas comme ça une relation de cinq ans à la trappe. Pourtant la tentation était grande ce soir là d'aller voir ailleurs, ou même de remettre ça avec Denis dont notre soirée de la veille m'avait enchanté. 
Je suis arrivé chez Dima, et c'est encore une fois tout juste si je le reconnais. Il me sert dans ses bras sans que je ressente quoi que ce soit et là, face à mon visage posé sur son épaule se dresse sur le mur la photo qu'il venait de prendre à son travail lorsqu'on s'était rencontrés pour la première fois. 
2009. Je peux alors constater la différence physique indéniable avec ce jour. La vérité est une évidence : Dima a perdu tout son charme.

J'avais ramené pour nous de France une bouteille de Champagne, et -comble de la déchéance du désir- j'espérais qu'elle m'aiderait à avoir plus d'entrain et à retrouver ma frénésie d'autrefois. 
Erreur. Pour moi qui n'ai pas l'habitude de boire et qui n'avait pas avalé d'alcool depuis au moins deux mois, à la fin de la bouteille j'étais raide mort et somnolent. Pas lui. Plus vigoureux que jamais il se montrait encore plus entreprenant qu'à l’accoutumée.

Fort heureusement Dima, si timide dans le civil, met tellement d'entrain lorsqu'il fait du sexe qu'il réussit à me remettre passablement en selle. 
Ce ne fut pas formidable pour autant, et notre étreinte n'était que la pâle copie des passions passées.

Je ne désirais pas rester pour la nuit, et préférais rentrer chez moi sur la perspective Nevski. Il se lève tôt pour aller à son travail et j'ai des heures de sommeil à rattraper. -un raisonnement encore inimaginable l'année dernière- J'aurais alors zappé des nuits entières pour en passer une avec lui. 
Avant de repartir dans le froid et traverser à nouveau la ville il me sert une dernière fois dans ses bras, au même endroit qu'en début de soirée.

Après tout ça, alors que mon vol retour est annoncé pour le jour qui vient, quelle image de Dima emporter avec moi en France ?... 

La réponse est devant moi : lui, sage, me regardant dans les yeux cinq ans auparavant, avec l'insolence de son regard autrefois aimé et la finesse slave perdue des traits de son visage.


[photo supprimée le 04.01.15]





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire