samedi 18 octobre 2014

Je ne saurais dire le degré d'importance

​de ces vacances là. J'avais 15 ou 16 ans seulement. Nous étions dans le sud, et c'était ma dernière colonie de vacances.

C'était pas terrible l'ambiance, on était tous adolescents, deux clans s'étaient formés, il y avait les rebeux et les céfran. J'étais du côté des céfran, évidemment, dans la tente de David et Yann. Yann était le plus jeune, il avait deux ans de moins que nous et pourtant du haut de ses 14 ans il paradait avec son maillot de bain rouge particulièrement rempli sur la plage. Je me souviens même qu'avec David on se marrait en comparant son paquet avec celui d'Emmanuel, notre moniteur qui avait la trentaine, en observant que Yann devait en avoir une trois fois plus grosse que lui.

Yann était vraiment en chaleur. Le soir dans la tente il attendait que toutes les lumières soient éteintes pour commencer à se masturber, sans même s'en cacher, nous décrivant les filles du collège auxquelles il pensait, la montée de son excitation, et même la quantité et les jets de sperme qu'il expulsait à la fin.

"- ah ça va sortir là... Han ! Putain ça gicle sur mon ventre ! Putain j'en fous partout sur mon duvet ! Mais putain que ça fait du bien de se branler..."

Vous voyez le genre ? Le type de truc insoutenable à entendre par un mec bien équipé dont le coude touche presque le tiens.
On faisait semblant d'être dégoûtés et lui demandions de cesser, mais personnellement je me branlais en même temps que lui, et je me souviens même avoir éjaculé simultanément à lui, pensant à sa grosse bite entourée de ses doigts. C'est comme si c'était moi qui l'avais masturbé, pensais-je.

Un seul céfran ne se mêlait pas à nous, et restait en permanence avec les rebeus, Nicolas A.

Nicolas A. était dans la tente des rebeux, avait adopté leur look, leur façon de parler, s'était rasé la tête, et régnait au milieu d'eux. Ils le regardaient tous comme un chef et le respectaient. Étrange. c'était loin d'être le plus grand ni le plus fort, pourtant c'est lui qui faisait la loi dans le groupe.

Je me souviens que Yann, qui fumait un peu en cachette des moniteurs faisant semblant  de ne pas s'en rendre compte, avait cherché du feu un soir dans le camp. Il avait osé entrer dans la tente de Nicolas A pour demander un briquet. A son retour, Yann nous racontait :

"- pfff. Ils sont trop cons là bas, je demande du feu et Nicolas A. sort sa bite en me disant "tiens, tu le veux mon briquet ? Il marche bien ! "

Sortir ma bite ainsi, devant des potes, était pour moi inimaginable à l'époque. J'étais secrètement en admiration devant un tel exhibitionnisme.
Ok, ça a bien changé depuis.

Et puis il y a eu ce matin là. Je me rendais à la douche du camp, et en arrivant ça a duré une demi seconde. Nicolas A. était à l'entrée de sa douche, entièrement nu, porte entrouverte, et parlait à un de ses potes rebeu. Dès qu'il me vit il cacha son corps derrière la porte pour ne laisser passer que sa tête et continuer sa discussion, qui n'avait rein de sexuelle.
Pourtant j'ai eu le temps de voir, très brièvement, trop brièvement, le plus gros sexe que j'avais vu jusque là. (oui, après le plus gros que j'ai vu c'était celui d'un dénommé Fior, dans une douche aussi, à Épinal dans les Vosges).

Nicolas A. avait un sexe interminable, qui pendait de son abdomen et venait toucher sa cuisse au milieu de sa longueur. Large et veineuse, elle soulignait la disproportion de ce membre par rapport à son corps.

En cette seconde j'ai immédiatement pensé que cette bite qu'il ne prenait pas soind e cacher était le secret de son pouvoir dans le groupe, et que c'était grâce à elle qu'il était tant respecté. 
En effet, comment ne pas vénérer, adolescent, alors qu'on ne parle que de bite du matin au soir, celui dont l'outil écraserait tous les autres.

Et j'ai admis depuis que cette fraction de seconde est sans doute celle après laquelle je cours depuis toutes ces années.

La fascination des grosses bites, à peu près 80% des homos l'a (estimation personnelle). Je pense que la mienne, qui revient très fréquemment, vient de cet épisode, fondateur de toute ma frustration d'adolescent.

Et comme j'ai à cœur de combler tout le temps perdu à cette période, j'ai cherché à retrouver ce Nicolas A....
Sur facebook je l'ai vu, bizarrement loin du style racaille auquel je m'attendais. Visage sage et lunettes de geek, j'étai plutôt surpris.

Je me décide à lui écrire :




Eh non Quentin, il est une partie du temps perdu autrefois qu'on ne peut, malgré tous tes efforts, rattraper...





16 commentaires:

  1. Ok j'ai adoré cette histoire. Vive les grosses bites, c'est encore mieux quand les mecs savent s'en servir ;)

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  2. Il faut aussi se méfier des tours que peuvent nous jouer la mémoire. .. tu n'es plus le même qu'à l'époque et avec ce que tu as vu depuis tu serais peut être déçu de la réalité vs un souvenir sublimé. Il y a des ouvrages sur la mémoire et les dimensions ... bien trompeuses parfois dans l'espace temporel.... si ca peut relativiser ta frustration lol

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    1. Oui enfin une bite plus grosse que les autres à l'époque, ça reste une bite plus grosse que les autres aujourd'hui ^

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  3. Salut, très sympa cette histoire, en revanche je ne comprends pas ta fixation sur un soit-disant "temps perdu". Ce que tu racontes avoir vécu alors que tu n'avais que 16 ans, je pense que ce sont des choses dont j'aurais limite rêvé à l'époque (je pense qu'on doit avoir à peu près le même âge) ou qui auraient fait l'objet d'un fantasme. Enfin je trouve ca déjà super érotique de pouvoir raconter ca.. comme ce qu'il s'est passé sous la tente avec ce Yann... le faire en même temps que lui... en l'occurence je pourrais dire que c'est qqch que je n'ai jamais vécu adolescent alors que c'est qqch qui aurait pu représenter un fantasme, même si je comprends l'aspect frustrant. Je n'aurais jamais osé je pense et je n'aurai pas de souvenir adolescent de ce type n'ayant accepté ma sexualité qu'assez tard. Et ado, à part sur des films porno hétéro je ne voyais personne nu et ne faisait qu'en "rêver", fantasmer à tout va...
    Et je vois que finalement assez jeune tu as aussi commencé à pas mal "collectionner les mecs" ... donc je ne comprends pas cette frustration sous jacente et récurrente dans tes posts comme si tu rattrapais une privation qui n'a en fait pour moi pas vraiment eu lieu à la base... après, tout est peut-être relatif mais j'ai envie de dire "qu'est ce que je devrais dire!!!!" lol (La différence étant que moi je ne veux pas tomber dans ces excès, ce n'est pas méchant)
    On dirait qu'il aurait fallu que tu commences à faire ce que tu fais actuellement dès que tu aurais eu 12 ou 13 ans à peine la puberté entamée pour ne jamais vivre de frustration quelqu'elle soit... alors que ca fait partie intégrante de la vie non? Tout le monde fait avec... à moins d'être très capricieux.... :-S
    Je remets peut-être en cause un principe fondateur de ton blog là lol mais c'est le sentiment qui prédomine à te lire (ce n'est pas la première fois que je me le dis), bien qu'ayant aussi bien apprécié cette histoire qui remet en perspective les désirs et questions d'adolescents :-)
    Je ne sais pas si faire qqch avec ce garçon 15 ans après avoir ressenti un désir adolescent (donc intense) signifie '"rattraper le temps perdu"... On a tous des choses qu'on aurait voulu et qu'on ne peut pas avoir, c'est la vie :-) et heuresement!  C'est même sain qq part je dirais... sinon comme je disais bonjour la tendance au caprice, et puis un souvenir idéal c'est pas si mal après tout :-)

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    1. Tu as un peu raison, tu me fais la même réflexion que Cyprien qui reste admiratif devant les récits de expériences adolescents (pourtant sans contact) qu'il n'a pas eu la joie de connaître.

      Certes je les ai connues, mais le souvenir qui me reste en mémoire est davantage celui du remord de ne pas avoir tenté d'aller plus loin que la satisfaction de l'avoir vécu.

      Cependant lorsque je parle de 'temps perdu', je pense aux années qui courent jusqu'à mes vingt ans, date de mon depucelage. Et avoir 18, 19 ans et être toujours vierge, pour moi ça a été simplement insoutenable, je ne pensais qu'à ça.

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    2. Bah moi 23... lol alors que dire :) Mais je voulais pas passer le pas ni me sentais assez en confiance ou en accord avec moi même, c'est que c'était trop tôt... Je m'étais mis en tête d'essayer avec une fille avant, et puis ca s'est jamais produit donc c'est qu'il y avait une raison... et pour cause lol Bref je pense pas que ca ca serve à quoi que ce soit les remords... comme le dit justement le commentaire sur le passé plus bas... Cette petite frustration (2 ans c'est rien quand on y pense) t'a d'autant plus motivé à passer le pas sur ce que tu arrives à faire aujourd'hui. Même si je ne partage pas tes pratiques les "défis relevés" semblent te convenir, ca n'aurait peut-être pas été possible avec un autre passé....

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  4. Surtout que ceux qui ont commencé une vie sexuelle très tôt genre 13 ans disent en général regretter...

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    1. Oui, j'en connais et souvent la trentaine passée ils paraissent bien souvent blasés des choses du sexe.

      Justement, nous nous faisions la réflexion avec Cyprien, que ce qui nous unissais dans notre groupe était d'avoir découvert les relations sexuelles aussi tard..

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    2. Oui et attention à la surconsommation qui peut blaser ou tout du moins rendre incapable de se contenter d'une seule personne... Si tu tombes sur l'homme de ta vie mais qui est intransigeant sur la fidélité... c'est foutu après, trop de "mauvaises" habitudes :-) Et on vieillit seul...

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    3. On peut ne pas surcondommer et vieillir seul aussi... Dans ce domaine là je ne préconiserais pas de faire les choses par calcul

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  5. Bah fallait aussi aller lui demander un briquet dans sa tante lol

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    1. Mais oui putain qu'est ce que j'ai été con ! J'y ai jamais pensé !

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  6. Il ne s'agit pas de rompre avec votre passé, votre passé est votre école, c'est ce qui vous a forgé. Il s'agit plutôt de réconcilier votre passé avec votre présent.

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  7. "On peut ne pas surcondommer et vieillir seul aussi..." Surcondommer : j'adore le néologisme ! Ca devrait vouloir dire mettre trop souvent un condom ! Note bien que si on surcondomme pas, on risque pas de finir vieux, on meurt avant !
    Victor

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    1. C'est vrai ^ le correcteur orthographique de mon téléphone est fort en néologismes...

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