vendredi 1 août 2014

Neuf jours seul en Bourgogne

je me disais c'est cool, je vais pouvoir rencontrer des provinciaux (j'adore ça), ils me raconteront un peu leur vie et puis on fera du sexe. 
Et puis j'avais oublié qu'en marchant trente kilomètres par jour (jusqu'à trente six certaines étapes, parfois sous la pluie) le soir on est plus capable de grand chose sexuellement.

Pourtant c'est pas faute de prétendants. Si je ne cours pas particulièrement après les jeunes, j'adore ceux en qui je reconnais le post-ado que j'étais : les frustrés de la province qui ne voient jamais un mec et qui se morfondent en masturbations sur les photos et vidéos qui passent. J'adore sauver ce genre de mecs là. Mais en se déplaçant tous les jours et en allant se coucher à vingt heures trente chaque soir évidemment ça n'aide pas.

Il y avait pourtant Matthieu. Un mec rencontré au Cap d'Agde lors de ma première année (je n'en ai pas fait état ici car c'était à l'été 2011, avant la création de ce blog). Je me souviens quand Cyprien nous l'avait présenté. Il était là, au milieu du bungalow, déjà entièrement nu, les mains sur les hanches, avec sa gueule d'ange de ses dix huit ans, et son sexe hyper large qui pendait entre ses jambes. On restait sans voix.

Il avait vite finit dans les bras d'Ariel et personne d'autre n'y toucha, pas même Cyprien qui regretta amèrement de nous l'avoir présenté.

Et bien il habite maintenant non loin de Mâcon, a vingt et un an, et s'il a pris quelques kilos il a toujours sa gueule d'ange, et -j'imagine- son sexe "lourd". Oui Ariel m'avait parlé longtemps de la lourdeur du sexe de Matthieu, du bruit conséquent qu'il faisait quand, à demi en érection, il venait s'affaler sur son ventre.
J'apprendrai à la fin de notre conversation qu'il n'a pas de voiture, qu'il ne peut se déplacer qu'en train, et qu'évidemment j'ai déjà filé jusqu'à Solutré où il n'y a pas plus de gare que de réseau mobile. 

Il est venu me parler sur grindr au milieu de ma première après-midi de marche, me demande des nouvelles, et lorsqu'il me dit qu'il va visiter son sexfriend à Mâcon même, où je venait de démarrer mon étape, me fait réaliser à quel point je suis présent plus cash quand je veux quelquechose.




Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, à l'évocation de sa soirée avec son sexfriend, j'aurais répondu 
"- Ah ok, c'est cool ça, vous faites quoi en général ?.." 
ou au pire j'aurais osé un :
"- Ah dommage, on aurait pu se voir" suivi d'un smiley bien con ou -comble de mon audace- de quelques points de suspension.

Et oui, là j'ai osé le "ce sera cent fois mieux avec moi", d'abord parce que c'est vrai, et aussi parce qu'il faut arrêter de cacher aux mecs qu'on est sévèrement intéressé par eux.








3 commentaires:

  1. 30 km par jour ?? Eh bah, tu n'y es pas allé à moitié !

    Délicieuse petite note, comme d'habitude la description si juste des personnages (je me reconnais bien dans "les frustrés de la province qui ne voient jamais un mec et qui se morfondent en masturbations sur les photos et vidéos qui passent.").

    Une petite remarque "personne d'autre ni toucha" -> personne d'autre n'y toucha (les fautes d'orthographes sont suffisamment rares sur ton blog pour qu'une seule suffise à choquer :) ).

    Contro-un-cor

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  2. Cet article m'a bien fait sourire :) Frais et plein d'audace!

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