dimanche 31 août 2014

Avais-je déjà ressenti telle frustration

​avant cette nuit là ? Peut-être oui, mais il y a des années, et je pensais ne plus être enclin à ce genre de détresse.
Je revoyais Ken, le très beau garçon que j'avais vu quelquefois en pote voilà un an. Toujours aussi jeune (21 ans), toujours sa tête de top model, son petit corps naturellement musclé avec ses fesses rebondies de passif qui s'assume.

J'avais bien saisi l'enjeu de ce rendez-vous. Pour la première fois Ken venait chez moi, était redevenu célibataire, et ne travaillait pas le lendemain. Petits plats dans les grands. Je sors plus tôt du travail, me rase, me douche, coiffé parfumé réhabillé. L'alcool est rangé, il y a le choix. Des courses sont faites pour que je puisse lui préparer un plat fait maison. Le plan séduction est en marche, c'est tout juste si je sors pas les bougies. Mon but lorsqu'il rentrera chez moi : qu'il s'y voie.

Soirée tranquille, le mec fait des efforts surhumains pour ne pas être égocentrique, lui que tout le monde course et drague. Il a de la conversation, ne se prend pas au sérieux, a envie de plein de choses. Je pense de plus en plus  : "C'est un mec comme ça qu'il me faudrait", et pour une fois son extrême beauté ne me rebute pas. Petit à petit c'est moi qui m'y voit, me dit qu'il est vraiment magnifique et qu'il pourrait bien être pour moi. Mais en même temps je le regarde encore et je ressens un frein : non pas sa beauté, mais son succès, grâce auquel il peut se permettre d'être aussi exigeant dans ses goûts. Je regarde la pendule, déjà deux heures du matin !! Fin de soirée prévisible, oops j'ai raté le ​dernier RER, reste ​donc ​dormir à la maison, y'a qu'un lit (alors que le canapé du salon est convertible mais chut), etc...
Son corps habillé d'un simple boxer, allongé à côté de moi. Son visage parfait faiblement éclairé par la lumière du dehors, sa respiration de laquelle je ne sais dire si c'est celle d'un homme endormi ou réveillé.

Il réagit à chacun de mes changements de position, reste tourné vers moi, mais rien de plus. Lorsque je le frôle il ne réagit pas. Sans doute dort-il vraiment... Côté érection de mon côté inutile de vous faire un dessin. J'étais dans le même état d'excitation que lors de ma première nuit en Italie, et j'étais à deux doigts de faire le même coup à Ken. A savoir que je n'arrive pas à dormir tant je suis excité. Seulement il dort, et là il n'y a rien à faire.
Le lendemain une dure journée de travail m'attend, il est bientôt quatre heures du matin et je n'ai quasiment pas fermé l'oeil. Aux grands maux les grands remèdes. Après n'avoir rien caché de mon état de surexcitation (alors qu'il pionce toujours) je devais me rendre à l'évidence : il va falloir que je me calme. Et de me rendre dans le salon pour me masturber sur mon canapé. Ça a duré deux minutes, c'était irrépressible, je suis retourné me coucher à ses côtés. Misère...

Ça fait un moment, en fait, que je n'avais pas dormi à côté d'un garçon, et il faut croire que le manque se fait ressentir, pour que je réagisse aussi fort.
Au matin je me devais de lui dire pourquoi je n'avais pratiquement pas fermé l’œil. On en parle pas davantage. Tout juste, quelques minutes après s'être séparés à Saint Lazare, recevais-je un petit sms (d'allumeuse ?) que seuls les fans de Mylène Farmer (dont il est) peuvent comprendre :



C'est quand même dingue de ressentir la même tristesse que si je m'étais fait larguer, alors que je n'ai eu droit en rien de ce qui précède la rupture. 
J'ai grave besoin d'un mec. Wilfrid est loin, ne reviendra probablement pas avant Noël. Besoin d'une petite histoire, compliquée ou pas peu importe, mais ça devient urgent. 

C'est pas nouveau, mais à cause de cette nuit entière passée aux côtés d'un beau garçon dans mon lit, j'ai essayé de me souvenir la dernière fois que ça m'était arrivé, sans parvenir à m'en souvenir.

Mais Ken, quand même...
Lorsque j'observe nos rapports, me rends compte de notre évidente compatibilité, de la complicité même, sans compter les sommets dont je serais capable sexuellement avec lui... je me dis que non. Ce n'est pas possible qu'il ne soit pas intéressé par vivre quelque chose avec moi.

Vous savez ce que je pense du côté minable de la drague, tout ça... J'ai assez écrit sur ça. En plus, je suis maintenant conscient qu'on a pour toujours treize ans et demi affectivement et qu'on traîne à vie un penchant érotomane, qui se manifeste lors de certaines rencontres. Ken l'a réveillé chez moi. 
Heureusement j'ai assez d'orgueil pour ne pas exprimer cette érotomanie, pour la bonne raison qu'elle est vaine, et surtout contre-productive.


Et comme si je n'avais pas été assez ridicule pendant la nuit et la matinée, je n'ai pas pu refréner l'envie de lui envoyer un sms explicite au cas où il veuille, dans un dernier sursaut, s'abaisser à saisir la pêche que je lui tendais.



Message resté pour la fin de journée sans réponse, mauvais signe.

Je m'étonne moi-même du degré de pathétique que je suis capable d'exprimer quand je suis à ce point frusté.




6 commentaires:

  1. si tu permets... ''Aux grands maux les grands remèdes''.
    RJ

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  2. Incroyable comme les plus grands cyniques sont capables de fondre comme ça... C'est passionnant et très troublant en même temps, ça mélange l'envie de se moquer et de s'attendrir. Par exemple, comment as-tu pu envoyer un sms comme celui que tu nous montres ? Ou plutôt, comment réagirais-tu si toi tu étais le destinataire d'un texto comme celui-là ?

    Quelques petites corrections, + que d'habitude, comme augmentées par ton trouble :) (n'hésite pas à les effacer si ça t'embête d'avoir la "correction du prof" à chacun de tes posts)
    Petit à petit c'est moi qui m'y voit -> Petit à petit c'est moi qui m'y vois
    Aux grands mots les grands remèdes -> Aux grands maux les grands remèdes
    quelque-chose -> quelque chose
    refréner -> réfréner
    s'abaisser à saisir la pêche que je lui tendais. -> s'abaisser à saisir la perche que je lui tendais.

    contro-un-cor

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    1. Bah en fait je ne prendrais pas si mal ce sms... Je ne sais pas si je le trouverais ridicule en fait. Je le prendrais comme un "tendage de perche" assez direct et clair, mais ne me sentirais pas obligé d'y répondre...

      Merci pour les corrections, j'ai juste un doute sur "c'est moi qui m'y voit", qui, je pense, s'accorde bien à la troisième personne.

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  3. Cher pseudo-Quentin,

    je te lis régulièrement avec plaisir (plaisir différent selon qu'il s'agisse d'un sujet chaud ou d'un sujet plus sentimental ou cynique) et me reconnais parfois dans cette alternance sexe/sentiments sans arriver à trouver le bon équilibre, le bon garçon avec qui... Mais je me dois de réagir à ce post pour être actuellement dans une situation similaire dans le sms ridicule... bien que sentimentalement amoureux, voilà que je m'amourache de mon voisin (me doutant que cela ne pourra aller que dans le mur)... qui lui espère plus... je lui explique que non ce n'est pas possible... et depuis qu'il semble s'en être fait une raison, je lui cours après... pitoyable... ou juste humain!!!

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    1. "Suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis" c'est tellement cliché, mais tellement vrai...

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