jeudi 21 août 2014

A l'année prochaine le Cap d'Agde,

tu m'as un peu niqué mes vacances cette année avec ta température polaire et tous ces mecs qui tombent amoureux les uns des autres autour de moi. Oui je sais, j'en ai eu un qui est tombé amoureux de moi, mais moi je voulais juste une amourette à la con, l'après-midi sur la plage, on se bécotte cinq jours et puis au revoir.
Au revoir le Cap, surtout ta liberté et ton absence de jugements. Ça fait drôlement de bien avant de repartir dans nos vies quotidiennes.

La seule chose me concernant à retenir cette année est peut-être le fait que me prendre des gifles, dans certaines circonstances et d'une certaine manière, me fait bander. Et c'est pas rien. Peut-être que dans quelques années je finirai moi aussi dans le chenil de la patronne.

J'ai quand même passé le plus clair de mon temps avec deux Toulousains que j'avais un peu fréquenté l'année dernière.
Serge, le plus âgé des deux vient au Cap d'Agde depuis quarante ans. Il a connu le lieu lorsque la dune touchait presque la mer, lorsqu'il n'y avait ici qu'un petit camping naturiste familial de deux cents emplacements, avant que tout devienne une ville d'hôtels, résidences, locations, appartements, bungalow de quinze mille habitants en saison. Je lui posais des questions, il m'expliquait que l'âge d'or de cette plage était le milieu des années 90. Ça tirait alors dans tous les coins !
L'affaire Marc Dutrou, son retentissement médiatique, les amalgames faits, et les CRS omniprésents pendant les années qui ont suivi on failli tout couler. Certains vendaient leurs bien. Depuis, ce n'est jamais redevenu comme avant, mais ça reste quand même le plus grand lieu libertin au monde.

Mon dernier soir, comme pour fêter ça, notre bungalow était cordialement invité dans la résidence de deux organisateurs de célèbres soirées parisiennes. Vieux souvenirs, le Scorp', la Ohlala, la chute, l'enterrement de Marie-Claire.

Alors que nous devisons tranquillement du passé au salon, on entend un aboiement dehors, au portillon. La grande dame du Cap d'Agde est là avec ses deux chiens, et passe faire un coucou. Elle s'adresse à ses toutous comme à ses amis, parle avec eux avec générosité et sans mise en scène. Je suis surpris par sa gentillesse, sa simplicité, sa beauté et ses longs cheveux noirs aussi, elle que j'imaginais hyper dominatrice et péremptoire. Ils nous parlent de la pâtée succulente que la gouvernante antillaise de la patronne  leur prépare le soir, nous montrent des photos d'eux sanglés à quatre pattes qui attendent devant leur gamelle. D'autres photos aussi, où concombres et autres demi-pastèques sont introduits dans les rectums des deux clebards.
"- Celle là c'est une carte postale pour ma maman, pour lui montrer que  pendant mes vacances j'avale bien cinq fruits et légumes par jour".

Mais lorsque nous partons tous au Look, et que les deux chiens entreprennent de sortir de l'appartement, la Patronne intervient alors sèchement :
"- Hé ! Vous allez où comme ça ?! "
Les deux hommes la bride sur le cou s'arrêtent brutalement, côte à côte, silencieusement et sans se retourner. Elle se saisit de la laisse et leur ordonne alors d'avancer. Et eux, d'obéir immédiatement.

Je me suis dit sérieusement, au premier degré, que la Grande Patronne avait bien de la chance d'être tombée sur deux braves toutous comme ça.

Au Look Cyprien me photographiait à quatre pattes en train de m'abreuver au verre de vodka-redbull coincé dans le boxer d'A. , qui se penchait en avant afin de faire couler le liquide dans ma gorge. Et moi ne pouvant m'empêcher de penser à l'usage de ces photos le jour où Cyprien et moi serons vraiment fâchés.
Un cri m'interrompait dans mes pensées craintives. Une femme à la peau noire et à l'opulente poitrine débarque avec un fort accent antillais et se met à invectiver sa Patronne en plein milieu du bar :
"- Ah vous voilà maîtwesse ! Je vais le diwe maintenant hein ! Parce que ça suffit ! Je vais le diwe que vous sequestwez une esclave noiwe pour faire la cuisine à vos chiens ! C'est honteux ! Vous êtes une towtionnaire Madame ! "
La fureur dans les yeux, elle baisse alors son corset qui libère ses énormes seins sur lesquels sont peintes deux croix gammées jaunes, et se met à hurler à la cantonade dans un allemand parfait.

Ce genre de rencontres, accompagnées des gifles qu'on continua de m'administrer au Pharaon le soir même et auxquelles je commence à prendre goût, me font dire que finalement il me resterait des solutions pour ne pas m'ennuyer ici l'année prochaine.

Le Cap d'Agde, encore une fois.






5 commentaires:

  1. Finalement en matière sexuelle, pour obtenir la même excitation, c'est "toujours plus"... Intéressant non ?

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    1. C'est pas une petite gifle en boîte qui va révolutionner ma sexualité...

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    2. Oui, oui... On commence comme ça et puis... :-)
      (expérience personnelle, mais pas forcément généralisable, j'en conviens)

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  2. J'espére en tout cas, que tu ne finiras pas dans le chenil de Madame K.... Aprés chacun est libre de son destin

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    1. Rassure toi (mais comme tu dis chacun est libre)
      Non ma remarque concernait plus le fait que certaines pratiques peuvent être anecdotiques au début puis deviennent parfois peu à peu un besoin, voire une nécessité. Mais c'est la vie après tout.

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