mardi 20 mai 2014

Ainsi, je lisais

donc bien "Les Derniers jours de François Mitterrand", de Christophe Barbier, dans le métro pour me rendre à mon travail. 
Au passage, bravo au valeureux lecteur qui a trouvé l'ouvrage en question et qui gagne une canne noire avec un oiseau bleu en guise d’embout.

Tonton donc. C'est au moins la quatrième biographie que je lis sur ce personnage (je me suis enfilé tous les bouquins de Bénamou, dévoré le pavé de Pierre Péan, même farci les jérémiades de Mazarine Pingeot, et m'apprête à acheter "La Paille et le Grain"), et je ne saurais dire à quoi tient ma fascination, non pas pour sa politique, mais pour sa personnalité.

Mais c'est dans un autre livre, hagiographique celui là (de Hubert Védrine), que je suis tombé sur cette photo.



Pour la première fois j'ai rélalisé que je le trouvais beau. L'intelligence du regard pointé, la sagesse dans chaque cheveux blanc, les rides parfaitement dosées, sans compter le col de chemise déboutonné et l'alliance. En fait non, je ne le trouve ni beau ni laid, juste irréel. Son visage est à la fois familier et intimidant, il est attirant, presque désirable.
En fait, je ne connais aucun autre visage que je puisse aussi immédiatement associer à la France. C'est sans doute pourquoi je vois dans les traits mêmes de sa figure un symbole plus qu'un visage.

Certes la photo le met en valeur, il est peu de clichés où il se trouve tant à son avantage. Mais pour moi, là, il irradie, en tout cas bien plus que sur ses photos de jeunesse ou celles de la résistance ou de son premier septennat.

Il est vieux et il le porte diablement bien. 

A juger par le gris de ses cheveux, l'ovale de son visage, je daterais a priori cette photo de 1991.
Lorsque l'objectif le saisit, il a alors soixante quinze ans, est atteint d'un cancer depuis dix ans, se trouve à quelques mois de sa lourde opération de la prostate, à quatre ans de la mort.

Et pourtant il est au top.

Ainsi, je contemplais cette photo de François Mitterrand qui ne me désespèrait pas totalement de vieillir.




16 commentaires:

  1. Devenir un beau vieillard apaisé, tu crois que ça se prépare ou bien ça vient tout seul ?

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    1. Ce se prépare c'est certain. C'est l'épaisseur de l'existence passée qui fait la sagesse.

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  2. Le désespoir de vieillir est largement apaisé par le regard indulgent que lui porte la jeunesse...

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    1. La jeunesse porte un regard indulgent sur le désespoir de vieillir... et l'apaise. ?

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    2. Oui, c'est ce dont j'ai voulu témoigner... C'est un vieillard qui vous lit et vous répond !

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    3. L'âge canonique de 55 ans !

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    4. Ah oui donc on est loin du vieillard. ..

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    5. Au risque d'en désespérer certains, je voudrais juste signaler que l'âge canonique au sens du droit canonique de l'Eglise catholique c'est... 40 ans. Olivier

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  3. On parle bien du mec qui a reçu la francisque?

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    1. Oui c'est bien lui :)
      Ça devrait changer quelquechose ?...

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    2. Ah non ca changera rien à ce qu'il a toujours été. ... un sale type a mes yeux entre les mensonges du type écoutes, sa santé, les diamants, sa contribution a la montée cynique du FN et j'en passe. Ce n'est que mon avis sur "tonton" flingueur de la France

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    3. Les diamants c'est Giscard...

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  4. Les écoutes c'est aussi Pompidou (micros de la DST au Canard enchaîné) tout comme les mensonges sur sa santé. La contribution à la montée du FN c'est aussi un peu Sarkozy, non? Olivier

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  5. Ah bon c'est giscard qui a instrumentalise l'affaire de facon minable? Pour Pompidou et Sarkozy c'est quoi le rapport? Si ca a été fait c'est a refaire? Avec des raisonnements pareils faut pas s'étonner qu'on en soit la aujourd'hui. ..

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  6. On avait un jeune homme pétillant, libre, enthousiaste, curieux.
    On a maintenant un mec résigné qui ne fait que bosser, qui ne baise plus et qui se passionne pour la beauté de Franz' Mitterrand...
    Reviens Quentin!

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