mercredi 30 avril 2014

C'était soir de fête

lundi dernier chez Romain qui avait enfin trouvé un appart. A l'automne dernier il avait vécu chez moi pendant quelques semaines, alors qu'il était gravement en galère de logement.

Nous étions une bonne dizaine, et je ne connaissais que lui. Dès la porte d'entrée de l'immeuble j'arrivais en même temps que ce Thomas. Les présentations étaient faites dès la cage d'escaliers. 
Quelques minutes plus tard je le voyais assis sur la droite du canapé les yeux fixés sur moi, à plusieurs reprises.

Thomas semblait jeune. La peau claire, les yeux aussi noirs que ses cheveux bouclés, des lèvres charnues. Je m'asseyais à côté de lui. 
Thomas était le fruit d'un curieux mélange. Un peu algérien et Israélien par son père, espagnol par sa mère. J'essayais de faire abstraction du côté espagnol que je goûte guère pour ne voir en lui que le moyen-oriental.

Thomas est à Paris pour la semaine, il vient de Gironde près d'Arcachon, là où nous passons traditionnellement avec Ben nos soirées de nouvel an, et squattait chez son père à Saint-Maur. Il compte s'installer sur Paris dès l'an prochain, me dit au détour d'une phrase qu'il va devoir prendre un taxi hors de prix pour rentrer sur Saint-Maur, et me raconte tout son temps libre qu'il consacre au sport.
Il ne m'apprenait rien, ses pectoraux soulevaient légèrement son t.shirt, ses épaules étaient carrées et j'avais été déjà surpris par la courbure musclées de ses fesses lorsque je lui suivais dans l'escalier. Son jean pourtant bas n'avait même pas besoin de ceinture.

Minuit. Je lui dis que je vais devoir rentrer chez moi, devant travailler particulièrement tôt le lendemain matin.
Il me dit qu'il va y aller aussi. Pendant que j'embrasse l'assemblée je le vois visiblement au téléphone avec un taxi. Vrai coup de fil ou pas, toujours est-il que nous partons en même temps en direction du métro. Nombreux sont les convives (à 90% gays) qui pensent que nous allons finir la nuit ensemble.

Moi-même je me pose la question. Comme me taper un minet en sortant de soirée ne m'amuse même plus particulièrement, même si la rencontre -comme ici- est naturelle et spontanée, je me dis qu'il faudrait qu'il soit très insistant pour que je lui propose de venir chez moi. La fatigue, les problèmes d'intendance du petit-matin, et surtout l'habitude ne me font pas insister ni même envoyer de signe d'intérêt pour son éventuelle venue.

Lui reste au stade allusif. Il me questionne plusieurs fois sur l'itinéraire de mon domicile, et c'est lorsque nous changeons à la station Châtelet que nous nous séparons finalement.

Je mettrais peut-être une demi-heure à regretter un peu amèrement de l'avoir laissé partir. 
Une demi-heure c'est court.
C'est à peu près le temps qu'il faut au naturel pour revenir au galop.







5 commentaires:

  1. Dommage ! Il me plaisait bien, celui là !!
    Je veux dire : le portrait que tu fais de lui est particulièrement touchant, et porte à penser qu'il était peut-être différent des autres...

    Victor Roux

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  2. "faire abstraction du côté espagnol que je goûte guère pour ne voir en lui que le moyen-oriental." le racisme banal,pd et bobo dans toute sa splendeur.

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    1. Le pédé banal et bobo passe tous ses étés à Sitges et ne jure que par l'Espagne.
      Aucun racisme (bien pratique ce mot décidément), juste des préférences de cultures.

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  3. et en plus tu réponds par un autre cliché…sous tes abords cool au final tu es pétri de préjugés. Des pd comme toi j'en connais hélas pas mal, mais quasiment aucun qui va a sitges ou en Espagne.
    Y'a un film (et un livre) sur le racisme ordinaire (Les blacks sont bien membrés, tout le monde à la même odeur,les asiats ont des petites bites,les blancs savent pas danser, on doit dire blacks et pas noirs etc etc) ces jours-ci, va le voir… t'es grave.

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    1. Il se trouve que nombre de mes potes à moi, eux, vont à Sitgès chaque année. Qu'y puis-je ?
      C'est quand même dingue que se permettre simplement de dire qu'on aime pas trop l'Espagne provoque ce genre de réactions...

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