dimanche 23 février 2014

Je ne vous l'ai peut-être jamais dit

mais Cyprien fait aussi des comptes rendus de ses voyages. Il le fait même depuis bien plus longtemps que moi. Il est même l'inspirateur de ce blog, si on peut dire.
La différence est qu'il ne les publie pas, il les fait lire à son cercle de contacts et les archive.

Je pense qu'il écrit pour les mêmes raisons que moi, et surtout celle-ci : il ne veut pas oublier. C'est plus tard, vieux et bien moins désirables, à l'âge où on vit avec ses souvenirs et ses regrets, qu'on pense que nos écrits de jeunesse nous seront du plus grand secours.

Pour la première fois je parle de ses écrits ici, car il y a relaté récemment l'expérience que nous avons vécue ensemble il y a deux petits mois.
C'était à la fin du long voyage de réveillon qui nous emmenait des Pays Bas à l'Allemagne. Après les capitales et ses bas fonds interlopes surpeuplés et mal fréquentés, nous terminions en beauté par une petite ville de province polonaise toute sage et innocente, Szczecin.

J'avais narré ici même la nuit dans la boite gay locale et la manière dont nous avions ramené, Cyprien et moi, deux minets trouvés sur le dancefloor.
J'avais raconté sur ce blog ma version de cette nuit, avec mes mots et mes souvenirs, j'ai pensé qu'il pouvait être instructif, en retranscrivant ses propres écrits, de savoir comment Cyprien l'avait vécu,
et surtout comment il l'a racontait :

Changement d’atmosphère complet pour ce week-end polonais, à Szczecin (prononcer « chtchetchine »). Cet ancien port allemand devenu polonais (reconstruction en style soviétiforme au lendemain de la guerre, après éviction des habitants allemands et leur remplacement par des polonais de l’Est quittant des terres qui allaient devenir ukrainiennes) allait nous offrir enfin un peu d’activité touristique diurne et une petite vie gay locale gentillette. 
 
La boîte gay de Szczecin, Skandal Club, ressemble à n’importe quelle autre petite boîte gay d’une province française, allemande, finlandaise ou roumaine : comme à Limoges, Magdeburg, Tampere ou Timisoara, un dancefloor avec les sempiternels Rihanna et Beyonce du moment, un coin backroom, et… une petite population jeune, locale, pou-pouffisante et plutôt innocente. Le club Skandal était stratégiquement centré au cœur de Szczecin… sur l’avenue Jean-Paul II. Au sortir des temples berlinois, ce retour à des choses simples ordinaires était rafraichissant. 
Et notre équipe de 4 requins que nous étions, a pu, en 1 soirée en boîte et 2h de Grindr à peu près ratisser tout ce que le port de Szczecin avait à offrir de poisson frais. La pêche fut intensive, et la marchandise est partie à la criée, et plutôt vite.  
Nous commencions ainsi en début de soirée par parler chacun, aux 4 mêmes autochtones inscrits connectés à Grindr et en ramener un chacun dans notre filet. Puis le vivier de la boite fut à son tour mis à sac. Sitôt après mon arrivée je me connectai avec une petite blondinette de 19 ans au charmant sourire fixé jusqu’aux oreilles. Comme son acolyte de 20 ans, non moins mignon mais beaucoup moins débrouillé, ne facilitait pas la remontée de ma prise, j’entrepris de le connecter avec un de mes comparses. Et ce fut donc à 4 que nous allions quitter la boîte.  
Cette opération manchestérienne délicate et de patience me replongea le temps de cette soirée polonaise dans l’ambiance de cette foultitude de plans dragues provinciaux que j’ai pu mener à travers mon écumage des divers recoins paumés de l’Europe ces dernières années. Ces années de pêche artisanale, de péripéties et de moulinage à ramener le minet hors de l’eau. Ces années encore récentes, juste avant m’être dernièrement recentré sur les gros points névralgiques notamment germaniques et néerlandais, de consommation industrielle sur pièce et sur place.Comme toujours cette pêche artisanale nous servit ses avatars pittoresques. 
Ainsi j’avais donc :séduit le minet,réglé le boulet du meilleur pote en le connectant avec le mien,sur la demande des deux polaks nous avions bien repris nos vestes et étions ressortis avant eux et attendu dehors afin que leurs amis ne voient pas qu’ils repartaient avec nous,puis encore après les avoir retrouvé (à la suite d’un instant de doute), nous devions nous tartiner un crochet par un kébab car monsieur le meilleur pote avait la dalle.Tous contretemps inévitables issus de des arcanes toujours extrêmement complexes des minets, de leur vie, et de leur contexte socio-psychologique spécifique, qui autrefois m’auraient servi le sel et l’adrénaline propres à me créer le souvenir typique du week-end, mais qui aujourd’hui finissent par m’indifférer passablement.
Et une fois la pêche ramenée, encore fallait-il la dépiauter.
Nous étions dans le salon : le boulet ne voulait pas quitter son pote et faisait sa mijaurée. [Quentin], à qui avait échu le poisson, se débattait avec lui, tandis qu’il n’arrêtait pas de gigoter et de jacasser en polonais à son pote, bien moins farouche, que je branlais tranquillement sur l’autre canapé en face.Finalement chaque couple partit dans sa chambre et les deux affaires furent dûment consommées.  
Le lendemain, nous visitions la ville. Ce dimanche était bien polonais : églises et centres commerciaux bondés. Là où chez nous en France tout est vide. Il semble que le français mécréant soit davantage attaché au jour du Seigneur que son très pieu et pratiquant cousin polonais.Le palais local, les illuminations de cette périodes de fêtes, la statue de Jean-Paul II, la petite reconstitution de vieille ville, les quelque bâtiments grandiloquents de l’époque allemande ayant survécu à la guerre ainsi que les grandes artères communistes : nous avons tout vu. Et notre dimanche de visite m’offrit tout de même une dernière distraction en fin de journée: un rendez-vous galant avec un charmant jeune homme… qui ne voulait pas de sexe. Nous discutions dans un restaurant tandis que j’avalais 2 plats (oui mademoiselle la serveuse, les 2 sont pour moi) du genre typique indigène : viande, pommes de terres, fromage fondu, crêpes fourrées… (de quoi me rattraper de quelques jours de maigre pitance).Finalement George me dit : « je vais aux toilettes ». Puis après un silence : « tu peux m’accompagner ». Et ce fut une dernière distraction locale avant de rejoindre mes compagnons et reprendre notre train pour Berlin.



  

4 commentaires:

  1. Fais gaffe à la coquille qui s'est glissée dans ton titre ! ;)

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    1. Merci c'est corrigé :)
      Il faut que j'arrête d'entreprendre des articles à 3 heures du matin...

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  2. Des gros porcs boulimiques quoi, a quand l'anneau gastrique? :)

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    1. Au contraire, on a là une belle histoire d'amour :)

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