mercredi 1 janvier 2014

Les rencontres du TGV

revêtent toujours un sel particulier.
Là ça se passait l'année dernière, jeudi 26 décembre, alors que je remontais sur Paris après avoir passé ce Noël chez ma mère.

Un mec vient me parler alors que je bouquine à ma place. 
En gros : Cyril, un peu moins de trente ans, la peau très blanche, bisexuel, un peu bourré, veut envoyer une photo de lui à son copain qu'il a pas vu depuis très longtemps, portable de merde, marche pas, emprunter le miens pour envoyer mms.

Je suis sur mes gardes. Pourquoi vient il demander ça à moi et à personne d'autre ? Les mms ne fonctionnent pas pour l'instant sur mon nouveau téléphone (Galaxy S4 avec free, si quelqu'un à une soluce...), je l'envoie chier fermement mais très gentillement, comme je sais si bien faire.

Puis je réfléchi. Bien que passablement bourré, le mec est vraiment pas mal avec ses grands yeux bleus qui contrastent son long visage dur. En plus je suis chaud et d'humeur dragueuse suite au beau râteau que je me suis pris la veille. 
pause.

En gros, après quinze kilomètres de route jusqu'à la Verpillère, le deuxième "- Par contre désolé mais ça va pas le faire" de ma vie. 
Demi-tour. J'ai quand même insisté pour lui demander où était le problème.
"- Bah je sais pas j'aime mieux les mecs plus... trapus". 
Avec 64 kg pour 1,84 m t'espérais quoi connard ? Bon c'est dommage le mec était vraiment pas mal et j'avais pas baisé depuis deux semaines et demi !

bref.

Je retourne voir le mec qui glandait sur la plateforme entre la voiture 5 et la 6. On parle, je l'interroge sur ce qu'il fait, fais semblant de chercher une solution sur mon tel pour son mms.
Il sort de prison, où il vient de passer sept ans, et part enfin retrouver son petit copain à Bourg-la-Reine qui lui a préparé une partouze avec deux putes qu'il fait venir pour l'occasion.

Son histoire. Le mec avait crée une entreprise de BTP et avait employé deux travailleurs sans papiers.
"- Et on prend de la prison ferme pour ça ?" je lui demande.
"- Le problème c'est qu'un des deux est tombé de l'échafaudage sur une tige en fer et est mort. J'ai pris dix ans, j'en ai fait sept, je suis sorti cette semaine."
Je pense au film J'irai dormir à Hollywood où Antoine de Maximy fait dans le train une rencontre similaire, mais avec un homme qui se rend à la maison d'arrêt où il va purger dix ans de prison.
Il me parle de sa joie de retrouver son copain, des masturbations collectives à n'en plus finir dans sa cellule où ils étaient six. Je le vois euphorique en me racontant ça, ses yeux ne s'arrêtent jamais de balayr autour de lui, comme émerveillés : il parle à un inconnu, dans un train, boit son verre de rosé, et regarde des gens libres passer.

Le fantasme tourne à plein, le train arrive dans moins d'un quart d'heure à Paris gare de Lyon et si je veux le vivre en plein il ne faut plus que je tergiverse.
J'enclenche. Je parle un peu de moi, de mon homosexualité, lui demande depuis combien de temps il s'est pas fait sucer
"- Bah sept ans" et prends sa main pour lui montrer ce que c'est un mec excité.

Je l'attire dans les toilettes à deux mètres de là.
Pour moi un mec qui sort de prison ça a la dalle et ça se lâche complètement, forcément. Et ça me rappelle certains profils grindr de mecs se présentant dans cette situation sans doute pour déconner et faire jouer la machine à fantasme des partenaires potentiels.



Lui c'est un vrai, et ça se voit dans son regard. Seulement, après sept ans d'abstinence forcée on ne recommence pas comme si de rien n'était. Le mec halète, n'arrive pas à bander, essaie de me sucer mais se laisse déborder par ses émotions, me dit qu'il ne sait même plus comment on fait, s'abandonne à son excitation intérieure et me dit d'éjaculer où je veux sans une seconde quitter mon sexe des yeux.
Ça n'aura en effet pas duré longtemps, les fantasmes les plus excitant étant ceux, comme je l'écrivais, que l'on a jamais imaginés auparavant.

Je ne pensais pas me retrouver un jour dans cette situation digne d'un film porno, et pourtant. Lorsque je suis sorti des toilettes la plateforme était remplie de gens emmitouflés avec leurs valises, qui nous avaient sûrement entendus vu la tête qu'ils me lançaient. Mes jambes tremblaient, j'étais moi-même choqué de ce que je venais de faire. 
Tout s'était passé tellement vite.

Si je change de vie bientôt, j'imagine comme ce genre d'expérience va me manquer...
La situation avait été terriblement excitante mais j'avais omis de penser qu'après sept ans de détention on ne peut pas être en pleine possession de ses moyens.

J'aurais réalisé qu'une très longue période d'abstinence, tout homme qu'on est, et comme dans toute discipline, même si on a "la dalle", ne peut nous rendre davantage performant.





2 commentaires:

  1. salut moi c'est marcelin, j'ai fait 25 ans de tôle parceque j'ai volé un paquet de flamby au super U de mon HLM quand j'avais 10ans.
    Suis grâve en ruth du coup .
    On baise?

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