vendredi 10 janvier 2014

C'est au pire moment que c'est arrivé.

J'aurais voulu que ça survienne avec n'importe qui, mais pas avec ce mec là.
Nous étions de retour à la soirée sauna la plus décadente du monde à Arnhem, aux Pays-Bas ce samedi soir. Soirée dont on se souvient avec émotion.
Étrange : c'est dans cette ville secondaire qui n'a rien de particulier que se tient une fois tous les deux mois une des plus grandes sex parties du monde. J'y ai recroisé des mecs avec lesquels j'avais couché ailleurs,  et j'ai vu aussi traîné dans le coin un des deux mecs que je m'étais tapés au printemps à Dubrovnik, en Croatie. Le tout petit monde des gros queutards; sex addicts de tous pays, unissez vous.

La veille à Amsterdam Cyprien nous présentait son pote A. , qu'on reverrai le lendemain.  Beauté à la fois naturelle et surnaturelle. Montenegrin et français. Sourire discret, visage long, levres lisses et regard sage. Fesses rebondies et tres chaud aussi, il ressemble à la pornstar Antoine Mallet.
J'ai donc flashé immédiatement,  c'était exactement mon genre de mec, il me le fallait. C'est un peu le même genre de flash qu'avec Clément à l'époque. Plus je le regarde plus je tombe sous son charme, plus je lui cherche des défauts physiques et moins j'en vois. 

Ces mecs là m'intimident considérablement et je ne sais comment m'y prendre.  Au Club Church il avait fricoté avec Xavier, et je savais qu'il me resterait une chance le lendemain à Arnhem.

Je le regardais pendant la soirée du haut de la mezzanine, il dansait nu dans la mousse entre deux hommes qui le caressaient. Simultanément à la reprise du rythme de la musique, plusieurs mètres cube de mousse s'abattit du plafond sur eux les faisant disparaître. À cet instant j'ai pensé au blog, et que je tenais là une image assez représentative de mes voyages :
Déjà inconscients, nous nous abandonnons les yeux clos, la tête basculée en arrière, sous la fange qui s'abat publiquement sur nos corps dépravés.

Plus tard sur la mezzanine, à l'endroit où elle surplombe la piscine, en extrême fin de soirée j'ai vu une image semblable. Un mec en aidait un autre à faire la planche à la surface de l'eau. En se déplaçant lentement,  décrivant des demi cercles, ce corps nu en semi erection, les bras en croix donnait l'impression de flotter, éclairé par le contre jour de la lumière orange de l'éclairage sous marin. Repos, lent retour à la vie. C'est comme si nous étions au coucher du soleil sur la baie d'Along le soir d'une bataille de la guerre indochinoise.
Si cette nuit là avait été un film, ce plan, en plongée verticale, en aurait été le dernier plan de bande-annonce.

Lorsqu'enfin, vers cinq heures du matin, alors que nous étions allongés avec A. sur les sofas du premier étage du Steamworks, débordant de désir pour lui, je me suis décidé à lui sauter dessus. Le drame : après tout ce que j'avais fait auparavant, je n'ai pas réussi à bander.

Pourtant il avait démarré au quart de tour, n'avait pas paru surpris de mon entreprise soudaine, et étions partis dans une étreinte mutuellement fougueuse. Souffles au visage, langue traînant sur la sueur, mains agripant les fesses, charnel quoi. Moi qui l'avais vu à l'oeuvre auparavant, il se comportait différemment. Je crois qu'à cet instant il me désirait autant que je le désirais, et je ne m'y attendait pas.
Seulement voilà,  il était cinq heures du matin, j'avais baisé deux fois pendant la nuit, plus trois fois la nuit précédente, le soir même j'avais notamment sodomisé à plusieurs reprises un petit couple d'allemands à tour de rôle, et je n'en pouvais plus.

Ou plutôt si. Je me suis rendu compte que ce genre de panne uniquement mécanique (car je brulais réellement de désir pour lui et j'avais un plaisir intact à son contact) n'intervient pas à cause d'un trop grand nombre supposé d'éjaculations précédentes. C'est une cause uniquement mentale. 
Avec l'accumulation de mecs et de sexe facile dans une même soirée, on oublie ce qui fait la base de l'excitation, le point de départ du fantasme. On est contre un mec, entièrement nus, devant une demi douzaine d'autres qui nous regardent,  et si la situation en elle même est excitante, on a perdu ce qui donne au fantasme sa valeur : le recul. Ca devient normal.

De plus je trouve A. parfait esthétiquement, ce qui est loin d'aider à bander.

A. m'avait vu la veille en actif décomplexé sur le belvédère du Church, sodomisant un mec alors qu'un autre me faisait de même,  et je crois qu'il est repassé lorsque j'ai retourné le deuxième pour le sodomiser sauvagement à mon tour. A. aurait donc aimé être passif avec moi, c'était vraiment pas de bol. Il se produisit l'inverse, et ça ne me déplaisait pas non plus, bien que la culpabilité de ne pas parvenir à maintenir une erection me gâchait une partie de la satisfaction.
Pour ces gros "marathons du sexe" comme dit Cyprien, il prévoit des pilules de viagra pour parer aux cas comme celui là.

Xavier était pendant ce temps là allé chercher un quatrième pour un projet de partouze avec nous sur les sofas, et il profita finalement de sa prise seul à nos côtés, tant A. et moi étions collés l'un à l'autre.

Pourtant, à plusieurs reprises durant la soirée je proposais à demi mot à A.  de venir avec moi nous exhiber dans la cage en verre du troisième étage, mais il tergiversait. Je n'avais trouvé personne pour m'y accompagner, pas même le grand blond dont j'ai profité toute la soirée. "On aura tout le temps de faire ça à Paris", "J'ai plutôt envie de tenter un local" étaient ses raisons.

Il reste donc un goût d'inachevé avec A. , manque que j'ai immédiatement tenté de combler avec ce sms envoyé dès le lendemain, et qui restait l'après-midi même sans réponse...





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