lundi 30 décembre 2013

C'est une chance qui s'offre à moi

de continuer ma vie sur des bonnes bases. Suite à la rencontre avec Jérome je suis devant un choix : soit continuer ma vie de sex addict individualiste soit... soit... soit me poser. Ça me fait déjà mal de l'écrire. Mais je ne connais aucun exemple de mec vivant la vie que je mène, heureux passé un certain âge.

Avec Jérôme j'ai décidé d'y aller plutôt franc-jeu, mais progressivement. De me présenter tel que je suis. En lui disant que la gestion d'une relation amoureuse n'était ces dernières années ni dans mes priorités ni dans ma manière de penser.

Il accepte et c'est ça le problème, Jérôme est en passe de tout accepter. Victime d'un grave et célèbre fait divers survenu il y a quelques années à une centaine de kilomètres de Paris, il a eu son enfance et son adolescence bousillées. Et sa manière de se sauver ça a été ça : toujours tendre l'autre joue lorsqu'il se faisait attaquer. 

Face à quelqu'un ayant vécu toutes ces horreurs, je ne peux continuer de fonctionner comme je le faisais jusqu'à lors. Il ne dit pas ses besoins, mais je crois les ressentir intensément. Lorsque je l'ai invité à une de mes soirées d'anniversaire d'il y a deux semaines, il s'excusait. D'arriver trop tôt, de sortir fumer, d'avoir claqué la porte derrière lui (il est resté quinze minutes à hésiter avant de frapper pour revenir dans l'appartement). Quand je lui proposais de rester pour la nuit sur le convertible du salon, afin de lui éviter de retourner chez lui à une vingtaine kilomètres de Paris, il était confus de gêne, persuadé d'abuser de ma gentillesse.

Depuis on s'écrit, sms interminables où on ne se cache pas. Je lui dis pourquoi je ne lui réponds pas du tac-au-tac. Peur de choisir le mauvais mot, d'être à court rapidement de choses à lui dire, peur de faire les choses trop vite surtout.

Lorsqu'il a dormi chez moi la seconde fois, il n'y a pas eu de sexe. Il était encore avec son petit ami qu'il quitta le lendemain même. C'était la première fois qu'il quittait quelqu'un. Entre nous, juste une main dans une autre, doigts entrecroisés. Ne pas le brusquer d'une part, et ne pas brusquer notre relation surtout. 

Je concentre alors tous mes efforts pour redonner sa place au temps, moi qui consomme un mec en une demi heure, premier contact, discussion, sexe et adieux compris.

Se désintoxiquer de tout ça n'ai pas aisé, et je suis déjà satisfait de me rendre compte d'être encore capable d'en faire abstraction, au prix d'efforts certains. Encore quelques années de vie de dépravations et en serais-je encore capable ?...

Jérôme est un peu comme tombé du ciel une semaine avant mon départ pour les fêtes de fin d'année. Alors que je remets en question les composantes de ma vie afin de les rééquilibrer entre elles, il débarque d'un coup, avec son colossal besoin d'affection. Ni lui ni moi n'attendions à nous trouver, et nous sommes tous deux hébétés de nous trouver devant une évidence.




Je le sais : face à ce sentiment partagé le danger serait de changer de vie immédiatement, comme ça, en disant : 
"- Ça y est c'est terminé, là, aujourd'hui. Finies les conneries. Au revoir ma vie d'avant."
Ca ne tiendrait pas trois mois. 

Il faut que je conclue cette vie avant d'en entamer une autre. Et peut-être que ce voyage-overdose avec Cyprien m'y aidera.

Ce garçon n'arrive certainement pas à n'importe quel moment.
Un transition bien difficile s'amorce.






7 commentaires:

  1. Voilà un article qui devrait faire fermer leurs gueules à quelques uns ;-)

    Une transition certes difficile mais qui peut en valoir la peine. Tu sembles avoir beaucoup à y gagner. Puis il arrive toujours un moment où le Roi du Babylon fini par rendre sa couronne (quel belle référence!).
    Fais quand même attention à pas trop te dévoiler, trop vite. Ça peut facilement être utilisé contre toi et j'en sais quelque-chose.

    En tout cas, je suis content de lire ces lignes, même si ça me manquera de ne plus te lire (comme à bcp d'autres j'en suis sûr) au moment venu... :)


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  2. c'est pas tous les jours qu'on fait des rencontres de ce genre. de mon coté je l'attends mais ça ne vient pas....je pense que la meilleure des choses c'est d'écouter ton coeur. ca fait cul cul mais c'est vrai. et puis quand on est amoureux on a pas envie de voir ailleurs. un conseil pour 2014 profite de cette belle rencontre et sois heureux. biz et bonne année
    fareed

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  3. Comme le dit le précédent comm, je trouve que ce que tu exprimes avec cet article fait énormément contraste avec le reste. Mais il fait plaisir à lire, et donne le sourire. Ca semble te toucher suffisamment pour que ca soit beau, et j'espere sincèrement que ca vous mènera a quelque chose....

    L'avenir nous le dira (j'espère) :)


    Tu as tout le support qu'un anonyme commenteur de ton blog peut t'apporter !

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  4. Je commente rarement mais là j'ai envie ou trop bu :) Tu as fait une belle rencontre mais attention de ne pas confondre une affection profondre et sincère envers un garçon écorché vif et qui demande beaucoup de tendresse...et des sentiments amoureux. Je ne veux pas dire que c'est incompatible. Mais comme tu le dis tu te poses des questions et il faut laisser le temps faire les choses et cela va permettre d'éclaircir tes sentiments et de vous découvrir dans le quotidien à ton retour. Et cela n' a rien à voir avec l'âge des rencontres qui te font poser des questions sur ta vie, ton quotidien cela peut arriver à 30 ou 40 ans... L'important c'est de trouver les réponses. Bonnes fêtes !

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  5. Ce qui est incroyable c'est que tu confirmes tout ce que pas mal de lecteurs disaient depuis des mois, des années… Alors que tu les envoyez promener tel une diva au dessus de tout, sur de lui et de sa connerie, tu confirmes là ces dangers qu'ils pointaient du doigts quand à la dépendance à cette "mauvaise vie" ,quand à l'inhumanité assumé de tes liens de cul, quand à la vacuité de tout ça, etc etc… Mais là comme c'est toi qui décide de le dire, tu diras que tu as raison de penser tout ça.
    Conclusion: tu as perdu du temps puisque tu en viens où tu aurais pu en venir sans tout ça avec une pointe de réflexion et d'indépendance d'esprit. Mais bon, tu vis assurément dans un milieux qui te protégé et donc tu pouvais te le permettre…
    Alors ne broie pas ce pauvre garçon, ne lui fait pas assumer les névroses que tu n'assumes pas et pour une foi, pense à l'autre avant de penser à toi...

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    1. Encore un qui n'a lu de ce blog que ce qu'il voulait en lire... Si tu penses que seule la réflexion petit faire tomber amoureux (ce que j'etais déjà et sur lequel j'ai déjà beaucoup écrit, mais personne ne veut retenir ça) tu n'as encore rien compris à ce qui se passe ici.

      Mon seul déshonneur serait de ne pas vivre la vie que je veux avoir.

      Je ne regrette pas ma "mauvaise vie" comme tu l'appelles, elle n'est d'ailleurs pas terminée. Quoi qu'elle puissent m'apporter j'ai toujours été ouvert aux rencontres.

      Je dis simplement que plus j'avance plus je sais qu'elle ne pourra plus m'épanouir comme elle l'a fait.

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    2. Et puis surtout : pourquoi aurais-je du sauter toutes les étapes pour en arriver là comme tu dis ? La vie est selon toi une progression linéaire vers un but unique auquel tout le monde doit tendre ?

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