mercredi 18 décembre 2013

Ça fait dix jours et c'était raté

Ce n'est pas parce que j'en ai honte que je n'en ai pas parlé jusqu'à lors, mais juste parce que, débordé par mon travail, je n'ai eu ni le temps ni la volonté d'écrire ici. 
Pourtant ça, il faut que j'en parle.

Nous sommes donc samedi soir à Nice, le lendemain d'une nuit platonique mais néanmoins frénétique sur la Riviera avec de sympathiques sneakers inconnus.
Autrement dit le week end se terminait tranquillement et je n'avais toujours pas baisé depuis mon arrivée. 
Chasse sur grindr et autres battues sur hornet s'imposa le lendemain.

Deux mecs pas mal du tout, en couple, cherchent un troisième. Nous sommes tous trois actifs et passifs, ce qui promet un choix de combinaisons tout à fait considérable. Nous parlons peu, ils sont en direction de mon hôtel non loin de la place Masséna.

A leur arrivée aucune surprise. Les mecs sont aimables et aussi bien que sur les photos. Pourtant, il m'aura fallu une trentaine de secondes seulement pour réaliser que le rendez-vous serait totalement raté.

Alors que le premier se mit entièrement nu et s'allongeait sur le lit, l'autre s'avachit tout habillé en m'ayant à peine regardé, les yeux rivés sur son iphone qui faisait planter grindr
"- Tu prends du popers ? Ah non ?... Alors d'autres trucs ?"

Tentative de concentration.

Le mec resté habillé me dit qu'il ne préfère pas embrasser, qu'il n'aime pas trop ça, et l'autre n'arrive pas à bander en s'acharnant à stimuler sa bite.
Puis il se lève pour aller sniffer de la MEF que l'autre avait préparé sur la table. Après deux aller-retours entre le lit et la table voilà que c'est moi qui débande. Je n'ai rien contre les mecs qui ont besoin de produits pour baiser à partir du moment qu'ils sont safes. Mais là, ça pose vraiment problème, l'autre de surcroît, ne décollant plus ses yeux de grindr.

Je décide d'arrêter la l'étendue des dégâts en leur expliquant :
"- Les allers/retours pour sniffer c'est pas possible moi j'y arrive pas, et le mec sur grindr j'ai juste jamais vu ça."

Ils admettent, comme si ils s'attendaient à ce que je coupe court aux ébats, puis m'expliquent que c'est tout à fait normal, qu'ils sont eux-mêmes piégés par la MEF qu'ils absorbent : "- En général, quand tu vois marqué -Plan Chems- il faut fuir, ce sera toujours des mauvais plans comme nous." Pourtant rien n'indiquait tel trip ni dans leur profil ni dans nos échanges, mais passons.

En gros c'est ça, m'expliquent ils : On est hyper pudiques donc on se drogue pour se désinhiber, on arrive donc en se foutant à poil direct, on arrive pas à bander à cause de la drogue, donc on prend du poppers, on bande encore moins, donc on se fout sur grindr pour trouver un actif, on en trouve un, on arrive mais on arrive pas à bander donc on stress, on reprend de la drogue et le mec pète les plombs et se barre, et finalement on baise jamais.

Super.

Les types s'excusent, se rhabillent rapidement et renversent au passage leur bouteille de coca par terre, et s'excusent encore en proposant de nettoyer. 
PJe pense : "- Pauvres types."
J'essaie parallèlement de leur faire comprendre que la prise de drogue règle peut-être leur problème de pudeur et d'inhibition sur le moment mais que sur le long terme il ne s'agit pas d'un travail de fond, et qu'il feraient mieux de travailler sur leurs expériences, comme moi je pense l'avoir fait. 
Et j'ai volontairement pris comme exemple Julien que j'avais vu la veille, et avec lequel nous avions largement prouvé cet été l'étendue de notre désinhibition sans aucune prise de substance d'aucune sorte.

Au moins j'aurais appris un truc grâce à leur décodage. Que les dépravés des substances sont les plus coincés, mais qu'ils peuvent êtres sympas quand même car conscients de leur état et compatissant pour la gêne occasionnée à leurs partenaires.

Bon ça c'était avant que je n’apprenne que cette empathie elle-même fait partie des effets de la drogue qu'ils ingèrent...




4 commentaires:

  1. J'ai beau lire ton blog et "comprendre" un peu les raisons qui t'ont poussé à adopter ce comportement de consommateur sexuel, je n'arrive toujours pas à concevoir pourquoi tu continues dans cette direction...

    Je n'avais même pas lu le billet en entier que j'avais envie de te dire ca (a cause de ta phrase "Autrement dit le week end se terminait tranquillement et je n'avais toujours pas baisé depuis mon arrivée."). --> C'était vraiment indispensable de chercher à baiser ? Finalement, tu t'es branlé, (peut être un peu frustré ?), ou tu as trouvé un autre plan-vite-fait-mal-fait sur grindr & co ?

    (Ne te méprends pas, je sais que tu es majeur et vacciné, et que tu fais ce que tu veux, hein, je ne m'aviserai surement pas de penser te faire changer... je m'interroge juste, quoi :-))

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    1. Oui j'ai terminé finalement avec un Allemand dans sa chambre du Best Western tout proche.
      Non ça n'aurait pas été gravissime de pas baiser, la preuve avec le post précédent où j'expliquais que j'ai finalement fait mieux.
      Mais à cette heure là de la nuit, avec ma libido et mon énergie, j'avais simplement envie de ça..

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  2. Ils sont surtout d'un égocentrisme insupportable. Olivier

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  3. Exigence de tolérance vis a vis des autres, indulgence quant a ses propres intolérances, une anthropophagie sectaire d'une sous catégorie ou une indignation sélective?

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