lundi 4 novembre 2013

J'appréhendais

quelques peu mes retrouvailles avec Dima, que je voyais à chaque fois que je venais ici à Saint-Pétersbourg. Un an et demi s'étaient écoulés depuis la dernière fois, et comme à chaque fois rien n'était gagné d'avance, il me fallait le conquérir une nouvelle fois. Ce n'était pas un jeu entre nous, plutôt une manière de nous montrer que l'on prenait notre relation au sérieux, et que le temps y avait son rôle, que nous ne tenions pas à nier.

Jamais je je lui parlais de mes nombreux autres partenaires, mais il n'était pas dupe. Me laisser rentrer seul et m'abandonner à l'entrée de la station de métro Gostiny Dvor ce vendredi soir était une façon de me dire :
" - Tu n'es pas venu me voir depuis dix huit mois, tu m'invites au restau et tu crois que je vais me donner à toi comme si on s'était quittés hier ? Non, ça ne se passe pas comme ça. Je suis peut-être moi-même passé à autre chose. Ou pas. À toi de trouver. De me séduire. Repartons à zéro encore une fois."

Comprenons nous bien. Dima n'a rien d'une princesse, c'est juste un garçon qui ne se donne pas comme ça, même si on le connaît. Parfois ça ne marche pas, comme en 2011 lorsque j'étais venu alors qu'il avait un petit copain. Sans pitié il me laissait un peu bouleversé.
Il n'est simplement pas à ma disposition, et il a bien raison.
Dans nos vies accélérées par les automatismes, nous ne sommes pas toujours prêts à faire ce que nous faisons chaque jour. Dima admet ça, et ne se force pas. Le temps d'adaptation, parfois long est nécessaire, et même excitant.

Mais Dima a une faille.

Il perd tout contrôle lorsqu'il boit. Et bien que Russe, il ne tient pas beaucoup l'alcool... Ainsi ce samedi soir nous l'invitions à l'appartement pour prendre l'apéritif avant de gagner le club Kabare, sur Ligovski Prospekt.

Cela finit en lâchage total dans le salon une fois revenu à l'appart au petit matin, alors que Ben était parti avec un garçon dans le nord de la ville et que les filles, qui dormaient juste à côté, m'avaient donné leur aval.

La période de re-séduction était terminée. Il avait accepté mon retour et me donnera désormais toute sa présence.

Dima n'est pas comme moi. Il ne donne pas tout le premier coup. Les premières fois je le trouvais même plutôt sage, sensuel, aux gestes plein de douceur. En confiance, attentif à l'évolution de notre vraie relation, car s'en est une, il laissait samedi enfin échapper ses pulsions de soumission jusqu'alors insoupçonnées.

Dima est à l'image des Russes : simple et prenant chaque relation sérieusement, il ne se force jamais à faire quoi que ce soit. Chaque geste vient du coeur.
Comme tous les russes, il ne connaît pas l'hypocrisie.
Comme avec chaque russe, ça a l'avantage de savoir à chaque instant ou on en est dans sa relation avec l'autre.




4 commentaires:

  1. Bienvenue en URSS: http://yagg.com/2013/11/04/une-association-homo-attaquee-a-saint-petersbourg/
    Olivier

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'association dont je parlais hier ! Oui là ça commence à sentir mauvais. D'autant que le Bunker où je prevoyais de sortir ce soir vient brutalement de fermer ses portes.

      Supprimer