mercredi 27 novembre 2013

C'était parti pour un plan "Daddy"


à trois. J'étais dans ces moments où je ne me sentais pas terriblement désirable, un peu vieux à cause de mon anniversaire qui approchait, et avais envie d'une rencontre qui sortait un peu de l'ordinaire avec autre chose qu'une bombasse. 
C'était lundi de la semaine dernière.

Ils étaient deux, la cinquantaine, bien conservés, très bien montés d'après les photos que j'avais pu voir. Cela correspondait à un vieux fantasme inassouvi aussi, que j'avais effleuré du doigt il y a un an et demi au Cap d'Agde, et plus qu'effleuré il y a quatre ans déjà en Allemagne. Un mec bien plus vieux, voir deux, qui éventuellement me dominent.

J'arrivais dans leur rue, dans la banlieue chic à l'ouest de Paris. Je galère un peu pour trouver et puis ça y est. Lorsque j'arrive en bas de leur immeuble, un coup de fil. C'est pour mon travail. On m'apprend que le projet que je convoite depuis des mois, celui qui donne l'occasion de montrer qu'on est le meilleur dans son domaine et qui fait basculer une vie professionnelle, et bien ce projet me passe sous le nez. Le coup de fil dure une dizaines de minutes. On ne veut pas de moi pour le job en question, et pour de mauvaises raisons. On n'a même pas pris le temps de me juger sur mon projet.

Et me voilà au bas de cet immeuble sensé partir pour un plan cul infernal, alors que mon esprit est à cent mille lieux de là. Je n'avais alors qu'une seule envie : Finir mes jours comme employé de bureau. ou fonctionnaire. ou les deux.

Je monte quand même. Non pas parce que je le veux, mais parce que rentrer chez moi aurait signé l'échec total de cette journée.
J'arrive, on me propose un verre, je choisis whisky-coca. J'en prendrai trois au total dans la soirée, alors qu'eux se font tourner un pétard, puis deux.

Ça commence conversation normale, trip on apprend à se connaître, tout ça. Les plans direct j'ai vraiment plus l'âge. Il se trouve que l'un des deux hommes fait le même métier que moi, donc on discute, et inévitablement j'en viens à lui raconter ma situation d'aujourd'hui.

Je suis chez deux hommes en couple dont le sexe n'occupe visiblement plus toute la tête dans ce cas de figure, comme ça peut l'être pour des gens de mon âge. Ils me parlent, non pas pour me séduire ni même me consoler, mais pour relativiser. Ils inscrivent ce qui vient de se passer dans une vie entière :
"- L'important c'est pas ce que pensent les autres, c'est ce que tu penses toi, de toi."

Ils me parlent de leur parcours professionnels, qui les a menés jusqu'à ce grand appartement qui domine Paris. On parlera jusqu'à ce que mon dernier métro me ramène. Il ne se passera rien d'autre de la soirée. Il fait froid dehors, pourtant on sort sur la terrasse.


La ville est grande, mes plaisirs variés. Je réalise que j'ai heureusement d'autres satisfactions que celles que pourraient m'apporter une vie professionnelle jusqu'ici insatisfaisante. 

Et surtout d'être là, entre deux hommes en paix, plus âgés, dans un luxueux appartement, m'a fait décider à me battre.

C'est pourquoi je me fais plutôt rare ces temps ci sur ces pages. Je travaille jour et nuit pour m'imposer enfin. Monte une stratégie. Obtenir par la force et la ruse ce qu'on m'a refusé ce soir là.
C'est toujours pareil, quels que soient les domaines. Je ne vis que pour posséder ce que j'ai souffert de ne pas avoir eu dans le passé. Et lorsque je l'ai, j'en abuse.

Et là aussi, lorsque j'aurais -je l'espère- évolué, je cesserai probablement de compenser par mes frasques sexuelles la frustration de ne pouvoir être épanoui dans mon métier.

Bon ça ne m'a pas empêché de réserver à l'instant pour la soirée de la déprave de dans un mois à Arnhem, aux Pays-Bas...




Toujours se laisser une porte de sortie.




2 commentaires:

  1. Le trip aurait été plus complet si tu avais dormi entre eux-deux...

    RépondreSupprimer