samedi 12 octobre 2013

Le mec semblait bizarre,

un peu foutraque, gentiment foufou. Il m'avait balancé cash qu'il voulait me sucer sur grindr en plein milieu de la nuit. Avant de s'excuser platement de s'être laissé aller.

Ses photos ne faisaient rien pour le mettre en valeur. Objectif en contre-plongée (peu flatteur), vingt cinq ans, Thomas avait l'air beau mais les yeux cernés et les cheveux ébouriffés. Foufou comme j'ai dit.

Par sms les jours suivants c'était pas mieux, c'était la fête de la faute d'orthographe, et je parle même pas de la syntaxe. Il habitait juste à côté de la maison où j'ai passé les dix sept première années de ma vie, et ça a beaucoup joué pour décider de partir à sa rencontre. 




Trop de smiley tue le smiley.
Bref je m'attendais à une aventure inhabituelle, mais c'est avant tout ce que je recherche et m'excite : rencontrer des styles de mecs que je n'ai encore jamais rencontrés. Et pour m'effacer de la tête le souvenir mitigé de l'aventure de la veille, il me fallait un personnage.

C'était dimanche soir dernier.

Je n'ai pas été déçu. 
Vingt trois heures, je passe devant mon ancienne demeure. Je touche la poignée du portail, pour bien mesurer la distance et le temps qui me séparent de Thomas, moi qui n'ai jamais connu d'homme en dix sept ans passés ici. Un rattrapage de temps perdu allait être commis.

Il vient à ma rencontre, grand mec assez massif en short moche, débardeur et collier de perles de bois, beau et nerveux. Il fait seize degrés et il me regarde peu.
Chez lui c'est en bordel, mais il m'avait prévenu. Il va partir dans quelques jours pour vivre en communauté avec trois autres potes, garçons et filles, comme dans les années 70.

Mec très bavard, qui ne parle que de spiritualité. L'atmosphère dans cette maison qu'il ne supporte plus depuis la séparation d'avec son copain, l'apparition dans un de ses rêves d'un halo blanc découvrant la vierge Marie, la découverte de la religion catholique, son baptême à venir. Le roman qu'il écrit aussi, l'histoire d'un halo blanc qui se promène dans l'espace et découvre une fille sur la terre...

Ça dure un moment, je l'écoute, lui pose des questions. On parle d'un Dieu de justice auquel je ne crois pas, des chemins de Saint Jacques de Compostelle que j'ai arpentés, de l'immaculée conception aussi, du mystérieux tombeau de l'empereur Qin, dernier grand mystère de l'Histoire selon moi encore à découvrir...

Ça me fait du bien, je ne connais plus personne dans cette ville, ma mère est une taiseuse et je suis en manque d'échanges depuis mon arrivée.
Il est tard et le mec est dans son trip. Il baille à un moment, je décide de lui proposer une porte de sortie :

"- Si t'es fatigué dis-le moi hein, pour une fois que je rencontre quelqu'un qui me parle ici...
- Non y'a pas de problème, mais je préférerais que tu me fasse un câlin..."

Et là c'était l'opposé de la veille. Je n'étais plus face à un gamin se masturbant comme il l'aurait fait si je n'avais pas été là, mais contre un homme en paix, tendresse et sensualité comprises.

Ça a duré une bonne heure et j'ai ressenti plusieurs sentiments contradictoires. Le premier était celui de l'amour à donner, et j'ai remarqué ça essentiellement chez les croyants. Ils sont tendres, attentionnés, et ne mettent pas de mur entre toi et eux : ils font l'amour comme si tu étais l'homme de leur vie. Ils sont harmonieux.
Le deuxième sentiment était cette excitation si particulière que je ressentais. Ce contraste entre le féru de spiritualité, de choses tellement peu sexuelles, et son très long sexe dressé qu'il maniait sans peur des puissants effets infligés. 
Et le dernier sentiment était le premier que j'avais lorsque je dialoguais avec lui par sms interposés : la curiosité. Si ses actes étaient somme toute plutôt classiques, c'est le seul garçon qu'il m'ait été donné de rencontrer qui éjacule à intervalles régulières sans débander. 

"- Non mais j'ai déjà joui une fois là
- Ah bon ? Mais où ça ?
- Bal là, regarde...
- Ah ouais, dingue !"

Thomas éjacule parfois quatre ou cinq fois pendant l'acte, sans ressentir d'orgasme.

"- Mais t'as du plaisir quand même ?
- Oui oui, mais quand j'éjacule pas plus qu'avant ou après..."

J'essayais de tisser un lien avec ses autres particularités, avec sa quête de spiritualité, sans parvenir à le trouver.

Ça tient peut-être à ça, le secret de l'immaculée conception...



4 commentaires:

  1. Comme quoi... ne jamais se fier à une expression écrite pour le moins atypique... ça veut rien dire !
    Je devrais faire pareil... devrais...

    RépondreSupprimer
  2. Ce que tu appels éjaculer sans orgasme c'est un probléme à la prostate et ton pote devrait consulter un urologue car à moyen/long terme ça peut conduire à des choses pas joyeuses voir dangereuse.
    Je suis toujours atterré de la méconnaissance qu'ont pas mal de mecs qui en font pourtant un usage débridé de leur anatomie et de son fonctionnement...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ok je lui transmettrai si je le recroise..

      Supprimer
    2. Plutôt la conséquence d'une maladie ou d'un traitement. Pas à l'origine d'un mal terrifiant. Pendant des siècles l'Eglise a essayé de dominer ses ouialles par la peur de l'enfer, maintenant certains utilisent la santé pour sermonner, juger et condamner. Et surtout pour pontifier tous azimuts. C'est lourdingue et répétitif!

      Supprimer