mercredi 9 octobre 2013

Bah voilà c'est arrivé

sans que je le cherche. Je ne l'avais de toute façon jamais cherché, et je crois même que j'essayais de l'éviter.

Dimanche soir c'est arrivé au moment même où je ne cherchais aucun mec. 
Pourtant je traînais sur les applis... Pour passer le temps, pour chercher des mecs pour plus tard ou la prochaine fois (je redescendrai ici à Noël), mais surtout parce que les applis de drague sont atrocement addictives.

Atrocement.

Un espèce de minet brun, fade, mignon mais sans âme, avec un regard de chiot un peu fou, qui lève son T.shirt sur la photo sur un torse mince et imberbe mais déjà formé, me bombarde d'une seconde à l'autre de messages.




On s'échange quelques photos. Zéro testostérone chez le type, ou alors très peu. Je ressens peu de désir. Mais ça fait quand même plaisir de se sentir désiré par plus jeune que soi.



Echange de compliments qui se poursuit par sms, on se chauffe un peu et j'aime ça. C'est amusant. Je laisse tomber en début d'après-midi, il m'a fait des avances que j'ai repoussées très poliment (je suis très doué pour ça, je suis sûr qu'il n'a rien senti passer). 
Le début de soirée avec un mec, la nuit seul, et je l'ai oublié. 
Dès le lendemain matin re-bombardage de sms :



Il veut faire du sexe, le plus rapidement possible visiblement, ça urge. Il n'affiche pas son âge mais doit sans doute se demander ce que sont toutes ces hormones qui le triturent et le poussent à vouloir éjaculer sur le premier mec qui lui plait.
Il veut venir chez moi, c'est non, il insiste et insiste encore pour trouver une solution pour qu'on se voie. Moi de mon côté c'est toujours pas la très grande forme.
Mais comme à chaque fois que ça arrive, le fait que le mec insiste influe positivement sur ma libido, quand bien même il ne me plait pas. 
Je me laisse faire...



Peut-être que je sens depuis le début un truc qui cloche, je ne sais pas, je calcule pas exactement ce qu'il se passe en vérité. Toujours est-il que nous arrêtons de nous parler, et que le lendemain il me relance encore en me demandant de venir chez lui. Le dialogue dure depuis un moment, j'ai pris la confiance, j'ai envie de baiser, je me mets en mode -ON-




J'avoue que là non plus je n'ai pas réfléchi à ce qui se passait. J'étais arrivé dans la banlieue ouest de Bourgoin-Jallieu, j'entre dans une chambre où sont accrochées des affiches de Lady Gaga, et je tombe sur lui, jeune en tong et en t.shirt au décolleté trop large, d'apparence décontracté. Il ne paraissait subir aucune appréhension de ma rencontre.
Ca ne traîne pas, encore debout il s'approche de moi, m'embrasse. Puis je fais passablement du sexe avec un jeune mec surexcité, détenteur d'une puissante odeur sexuelle que je n'avais jamais sentie jusqu'à lors. 
C'est pas terrible en fait, le mec n'arrête pas de se branler, a du mal à tenir son érection, parle trop, ne fait rien de particulier, se laisse déborder par ses hormones, et finit par éjaculer au bout de dix minutes. A part son odeur rien ne m'excite vraiment.

Il est dix huit heures, on se rhabille, je revois Lady Gaga sur les murs et je réalise peu à peu ce qui vient de se passer. Il me dit que ça mère (à laquelle il avait fait son coming-out l'avant-veille) ne va plus trop tarder, qu'elle est sortie se promener avec son beau-père. Je me rappelle qu'il ne voulait pas qu'on se voie le soir car il avait cours le lendemain. Quels cours ? il est dans un lycée professionnel, à Gambetta (j'étais à l'autre, L'Oiselet, pour ceux qui connaissent).
Je tilte :
"- Lycée ? Mais quel âge tu as ?
- Ah je t'ai pas dit ?... 16 ans."

Donc voilà c'était fait. J'étais devant la porte de sa chambre et je ne savais plus quoi dire pendant un petit moment.

"- Eh sois pas choqué"

Lui était amusé. J'étais loin d'être sa première expérience, il m'avait parlé pas mal de ses mecs passés et je voyais dans sa manière de me recevoir et de me regarder qu'il était déjà un petit habitué des allers et venues dans sa chambre. 

Le sentiment est étrange, très étrange. Pourtant il est loin d'y avoir mort d'homme.

Je ressens quelquepart une excitation à l'avoir fait, comme un fantasme que je n'avais jamais eu et qui s'est réalisé quand même. Je me souviens avoir déjà décrit cette sensation il y a un moment, expérience à l'appui : "Si la réalisation d'un fantasme est préméditée il ne peut être considéré comme accompli". Sauf que là je n'avais jamais eu ce fantasme et je ne savais pas que j'étais en train de le réaliser. Pourtant voilà, cette petite sensation grisante est là, ajoutée à l'odeur assez enivrante de sa peau.

L'ai-je cherché inconsciemment ? C'est possible. Pas d'âge sur son profil; ça aurait du m'interpeller. Mais à revoir ces photos en effet, je me demande où j'avais la tête pour ne pas m'être posé la question. Mon pote Luc à qui j'en ai parlé exemple à l'appui me le fait immédiatement remarquer : 




Avoir été borderline et à la limite de la légalité je m'en contrebalance évidemment, c'est pas la question. Quoique le goût de l'interdit fasse partie du fantasme. Il n'y a de préjudice nulle part.

Mais si une chose est certaine, c'est que je ne le referai pas. D'abord c'était nul, à cet âge là le sexe avec un partenaire s'apparente à une masturbation avec un mec en 3D. Esclave de ses hormones qui commencent à exploser, à seize ans on a pas de place pour le corps de l'autre, tout se bouscule trop vite, on se branle sur ce qu'on voit, point.
Mais surtout reste un goût de tristesse et d'injustice dont je ne saurais exprimer la cause.

Peut-être est-elle d'avoir vu de mes yeux un sex addict qui lui ne perd pas le temps que moi j'ai foutu en l'air. Alors qu'à seize ans je tournais à trois masturbations par jour, me frustrais pendant les cours à regarder mes potes en dissimulant mes érections permanentes, lui va au but, sans peur, fait venir chez lui, joui sans entrave. J'éjaculais dans ma main coincée dans mon jeans en courts de physique, lui sur des partenaires.

En somme c'est ça : en lui j'ai peut-être vu mon adolescence en positif, l'injustice de ce que j'ai autrefois manqué. Certes ce n'est pas la même époque, grindr et le mariage pour tous n'étaient pas nés, mais quand même. Il y avait quelquechose de mon temps perdu chez ce garçon, quelquechose de l’inatteignable.

Il vit actuellement l'adolescence que je souffre ici de ne pas avoir eu.




13 commentaires:

  1. Ba … il avait 16 ans donc rien d’illégal !

    J'ai l'impression que tu as pas mal de regret concernant ton passé. C'est dommage, ce qui est fait est fait et tu ne pourras pas revenir dessus ;-)

    Je suis juste un peu plus jeune que toi et ce que tu décris est assez similaire à ce que j'ai vécu. Mais il faut prendre en compte que nous n'avions pas les outils d'aujourd’hui pour faire des rencontres. Les smartphones et les applications comme Grindr ou Hornet n'existaient pas ! Et dans les campagnes (la mienne est encore plus perdue que Bourgoin) le milieu gay était quasi inexistant.

    Après tout, si l'on regarde objectivement, a ton âge ta encore un superbe physique, tu arrives à chopper sans trop de problème et tu vis quand même bien tes passions/fantasmes. Certains n'ont pas (ou ne se donnent pas) cette chance ^^

    Flo

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  2. HONTEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUX TU T TAPER UN GOSSE !!!! mais qu'est ce que tu nous a fait la !!!! reprend toi !!!

    Le Petit Stéphanois !!!

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  3. moi ce gosse je l'envie pas... Qu'est ce qu'il restera de lui quand il aura ton âge? Dans quel état sera t il alors que tu as toi même été témoin (et en a parlé ici) des ravages d'un certains mode de vie?
    A cet âge on a les hormones certes, mais normalement on a encore quelquechose de pas trop abimé à l'intérieur... Oui, ce gamin qui chauffe les vieux sans doute pour se dire qu'il plait à des gens plus proche de l'âge de son père que du siens ,je le plein ...

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    1. Bah ça va j'ai pas 40 berges quand même ! ^

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  4. Pourrais tu s'il te plaît nous expliquer comment il faut comprendre le "quand même" de j'ai pas 40 berges quand même ? Prends garde, tu vas perdre tes lecteurs, ils vont tous se jeter par la fenêtre.
    A 16 ans des gosses innocents ? pas vraiment. Une anecdote, il y a longtemps (ceux qui se sont écrasés sur le trottoir m'auraient compris) j'étais pion d'internat dans un lycée catho. Et bien les âmes pures de 16 ans dont je m'occupais se branlaient continuellement dans leurs draps, émoustillés à l'idée que c'était des bonnes soeurs qui lavaient leur linge... On idéalise toujours un peu son enfance.

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  5. A trois années près... moi je pleins celui qui dans treize ans ne sera pas protégé de cette liberté exacerbée que tu prônes ici. L'excuse sera que tu sois resté un enfant dans tête (mais déjà pas dans ton corps) ou que le moralisme te fait gerber ? De la morale on peut sortir au moins ca de bon : protéger l'individu de la liberté absolue de l'autre. J'espère qu'il ne sera plus face à toi ou dans ton environnement dans cette période ou son corps pourrait t’amener à le prendre comme dans cette épisode si légère de ta vie - Bah, voilà c'est arrivé. Qu'il ne croise pas le chemin d'un homme aussi sympa que toi. Tu n'es pas assez prudent mais centré sur tes pitoyables et pathétiques sentiments d'ado "mal fini"... j'en suis peiné. c'est juste triste et encore plus pour moi, que je perde du temps comme ce Quentin Mallet... à l'écrire C. P. :/ De cet intermède je constate que sur cette planète il y a pléthore de couleurs même si toi tu ne les vois pas... et ne les verra jamais

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  6. moi je pleins celui qui dans treize ans ne sera pas protégé de cette liberté exacerbée que tu prônes ici. L'excuse sera que tu sois resté un enfant dans tête (mais déjà pas dans ton corps) ou que le moralisme te fait gerber ? De la morale on peut sortir au moins ca de bon : protéger l'individu de la liberté absolue de l'autre. J'espère qu'il ne sera plus face à toi ou dans ton environnement dans cette période ou son corps pourrait t’amener à le prendre comme dans cette épisode si légère de ta vie - Bah, voilà c'est arrivé. Qu'il ne croise pas le chemin d'un homme aussi sympa que toi. Tu n'es pas assez prudent mais centré sur tes pitoyables et pathétiques sentiments d'ado "mal fini"... j'en suis peiné. c'est juste triste et encore plus pour moi, que je perde du temps comme ce Quentin Mallet... à l'écrire xxx :/ De cet intermède je constate que sur cette planète il y a pléthore de couleurs même si toi tu ne les vois pas... et ne les verra jamais

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  7. Je n'arrive pas trop à comprendre comment on peut envier un gamin de 16 ans qui cherche à enchaîner des mecs plus âgés... à son âge ça m'aurait sans doute dégoûté.. l'idée de faire ça avec un plus vieux... il faut replacer les choses dans leur contexte... tout comme qqn de 15 ans plus âgé que moi ne m'attirerait pas non plus a priori maintenant. .. je ne vois rien d'enviable là dedans et on ne peut pas dire qu'il puisse en tirer une gloire quelconque...

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  8. D'après ce que j'ai compris le mec se tape des mecs de son âge habituellement, dont un avec lequel il est resté deux mois... Il découvre simplement, alors qu'il s'affirme, qu'on peut coucher facilement avec un mec qui nous plaît. Je pense même pas qui ait songé à la différence d'âge...

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  9. Le titre est trompeur... en le lisant j'ai cru qu'il t'étais arrivé un truc grave ...

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  10. je sais qui tu es, tu *********** en plus de ca. ********************************************** Tu vas trop loin ********, alias ********, je te dénoncerai et on verra comment réagirons les parents !
    Je connais ton adresse et ton numéro de téléphone (06********).
    ps : j'ai sauvegardé ton article tu l'as donc dans le cul (je sais que tu adores ça)

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  11. Salut, d'abord j'adore ton blog et je me décide enfin à réagir sur ce post. Je souhaite seulement rebondir sur cette notion de temps perdu que certains ne comprennent pas.

    Pour ma part, je suis complètement en phase. Non pas que je regrette de n'avoir plus 16 ans et que je jalouse ces jeunes au beau corps. C'est juste que si lorsque j'avais 16 ans, je connaissais la liberté actuelle qui me caractérise alors j'aurais sans doute connu une vie différente. A cela vient s'ajouter la liberté culturelle de notre société.

    A mes yeux c'est ça le temps perdu et ça n'empêche pas de continuer à apprécier la vie.

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  12. J'avais commenté il y a quelques temps en affirmant avoir trouvé réponses à mes questions. Je suis depuis assez régulièrement ce que tu dis ici.
    Merci d'ailleurs, parce que j'imagine que peu de gens prennent le temps de venir te remercier, parce que hormis l'aspect sexuel des confessions de ton blog, on y trouve aussi d'autres choses très intéressantes (ou moins), qui peuvent peut être répondre à certains d'entre nous et auxquelles tu ne songe peut être même pas en tapant devant ton écran.

    Et en lisant le petit bilan annuel, je me suis aussi rendu compte que les questions qui m'ont mené jusqu'ici n'étaient pas d'ordre sexuel. Alors que toutes les recherches semblent y être étroitement -ou relativement- liées.

    Curieux. Je suis un ovni.
    Bonne continuation, et bonne année, by the way.

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