mercredi 18 septembre 2013

Cet instant est magique à chaque fois,

lorsque l'homme tant convoité est à vingt centimètres de tes lèvres, qu'il te sourit et qu'on sait qu'on va l'embrasser.

Ça s'est passé, une fois de plus, ce week end à Fontainebleau (fontainblow-job comme les habitants l'écrivent sur grindr) où j'avais décidé de fuir avec des potes vendredi soir. Le premier soir nous étions onze, le second quinze. Tous homos, y compris les deux lesbiennes.

Stan nous y accueillait en bon châtelain dans son manoir familial : Trois étages, deux dépendances, un parc à l'anglaise avec tennis, femme de chambre, cheminée et j'en passe. Je n'avais jamais séjourné dans demeure si grande. 

Evidemment tout le monde se connecte à un moment où à un autre sur grindr pour voir ce qui se présente dans les environs. 
Evidemment lorsqu'on se connecte depuis Fontainebleau pendant un week end on tombe d'abord sur ses propres potes.

Parmi les hôtes il n'y a qu'un seul garçon que je ne connaissais pas : Raul. Vénézuélien qui affiche trente cinq ans sur grindr mais en a quarante trois d'après ce qu'on m'a dit. Très mince, silhouette de minet, cheveux hyper raides mi longs sur tempes rasées. Efféminé comme on aime.

Nos regards se sont croisés pendant les premières heures sans qu'on puisse y déchiffrer quoi que ce soit de certain. S'isoler pour une conversation plus privée n'est pas facile, avec onze personnes dans la maison il y a du monde partout.
C'est lui qui m'a écrit le premier :




Ensuite ça part dans une discussion que je ne souhaitais pas, pour moi le dial était juste pour s'assurer que l'un plaisait à l'autre sans risquer le râteau.
La distribution des chambre fit que nous ne tombions pas dans la même. Nous partîmes donc nous coucher le soir chacun de notre côté, à peu près certain que les chances qu'il se passe quelquechose entre lui et moi approchent de zéro. En effet, comme toujours je pense que quand ça ne se fait pas tout de suite, ça ne se fait jamais.

C'est lors de la visite des sous-sols de la maison avec Jean-Baptiste et Johann, que tout s'est joué. Après la cave à vins nous étions dans la chaufferie. Ils sont remontés et nous sommes restés en bas.
Il était pourtant en face de l'escalier, et le fait qu'il ne gravisse pas la première marche pour suivre les autres tenait lieu pour moi de signal. Il s'est retourné en souriant, j'ai souris également et nous nous sommes embrassés.

Boostées par ce week end impromptu, nos libidos ne nous laissèrent aucun répit avant de nous emballer l'un l'autre. Vêtements dénoués, je prenais un drap qui séchait sur l’étendage pour l'étendre à terre et allonger Raul dessus.

Je suis responsable de l'escalade qui a suivi. 
C'est moi qui ai en premier enlevé tous mes vêtements, alors que certains de nos amis pouvaient redescendre à chaque instant (ce que l'un fit d'ailleurs, avant de rebrousser chemin en nous entendant), c'est moi qui fit une pause dans nos ébats pour fouiller dans la poche arrière de mon pantalon resté à terre : 

"- Quoi tu as un préservatif sur toi ?!" me dit-il surpris et amusé. 

Bien évidemment ! Et j'en ai toujours un précisément pour ce genre de situation.
C'est aussi moi qui ai roulé en boule mes vêtements pour les mettre derrière ses épaules avant que je le prenne.
C'est moi qui augmentais la cadence, posant sa cheville sur mon épaule et l'embrassant.

"- Ah ça c'est une belle histoire" me disait Pauline à qui je racontais la scène hier soir. Oui une belle histoire. Comment recommencer les plans après telle expérience ? A l'étage Simon s'était remis sur le piano du salon et nous l'entendions jouer à travers le plafond, la chaleur de la chaudière et l'humidité du drap que j'avais décroché ajoutaient autant à cette atmosphère suave et moite. 
On aurait pu simplement faire du sexe comme partout ailleurs... Non, je prenais soin d'utiliser et de profiter de chaque détail présent dans l'ambiance du lieu. 
Il se révéla être à la fin un de ces partenaires que j'aime le plus : Sodomisé sans ménagement, il fut de ceux qui s'éjaculent dessus sans même se toucher. Exquis.

Il n'était pas convenu que Raul dorme dans ma chambre. Le samedi soir il vint néanmoins en entrebâiller la porte vers deux heures, juste après le coucher, pour me rejoindre dans mon lit.

Jean-Baptiste, qui dormait avec moi la veille, était venu aux informations et avait voulu tous les détails.


et d'en rajouter :


En fait j'ai exagéré, je ne lui ai pas proposé de retourner dans le salon, mais j'y ai beaucoup pensé. Déserté par tous les amis partis se coucher, j'aurais adoré, plongés dans le noir, faire l'amour à l'endroit même où nous adonnions à des jeux si platoniques quelques minutes plus tôt.

Mais voilà, une fois de plus en entrant dans ma chambre il s'est penché sur moi pour m'embrasser et l'engrenage était le même que le matin-même. Impossible de proposer quoi que ce soit, nos libidos ne nous en laissaient pas le temps et c'est dans une longue session exagérément chaude dans laquelle nous nous engouffrions. Elle ne se termina qu'à quatre heures du matin derrière des vitres couvertes de condensation par mon sperme sur son visage que je léchai sans retenue. 

Bon, en même temps j'ai bien fait d'en profiter : je pars demain matin seul pour cinq jours de randonnée dans le massif central. Un autre délire.





4 commentaires:

  1. Tu parts toujours seul pour de l'abstinence...et au final tu baises toujours avec le premiers venu... Ca sera pareil dans le massif central...
    En même temps , quand on a que ça a faire dans sa vie de privilégié , y'a toujours moyen.

    t'es conscient que tu vis pas vraiment dans la vrai vie?

    S.

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    1. Tiens, encore un qui va m'expliquer ce qu'est la vraie vie ...ou pas.

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    2. en même temps si t'as des plans autour de Grandrieu en Lozère je prends, parce que là je vais être super en chien :)

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  2. Ces applications permettent aussi d'organiser de joyeuses courses d'orientation ou chasses au trésor dans les aéroports dans le but de vérifier si les gars ressemblent à leur photo ou pas. L'attente de l'embarquement passe ainsi beaucoup plus vite. Mais c'est sûr, la veille d'un week-end prolongé, à CDG aux heures de départ de vols pour Berlin, ce n'est plus de la chasse mais de la cueillette.

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