dimanche 11 août 2013

Il était dix huit heures au Cap d'Agde ce samedi,

la tension sexuelle quotidienne était de retour sur la plage qu'avait quittée la chaleur caniculaire. Du côté hétéro les hommes entre deux âges en pleine misère sexuelle se mettaient debout en quête d'une exhibition devant laquelle se masturber. Ils sont là, guettant, on dirait que l’atterrissage d'un vaisseau extraterrestre était attendu.



Du côté homo on préparait sa soirée, sur grindr les profils affichaient "Plan tête sans prise de cul".

Allongés sur la plage, Julien avait entrepris de m'exciter en mettant ses jambes de chaque côté de mon visage. La température montait vite et il enfilait bientôt une capote pour me "déglinguer", terme cher à Arnaud qui  était parti la veille. Comme il fallait s'y attendre depuis mercredi, reproduire des instants magiques ne fonctionne jamais. La veille nous avions vu qu'il arrivait que des enfants traînent sur la plage échangiste et je ne parvenais pas, depuis, à avoir l'esprit tranquille. Lui non plus. Il débandait.

Près du front de mer les créatures se faisaient exotiques, transexuelles et travestis partaient dans les dunes en quête de géniteur.




Pour l'apéro Cyprien invita Florian et Loïc, de Carcassonne. Il avait rencontré Florian dans la dune l'après-midi même et le suca à deux reprises à l'insu de son petit copain, qui le croyait en pause-pipi. Loïc était adipeux et disgracieux, Florian était un minet au corps lisse et parfait, bronzé, yeux très clairs, vêtu ce soir là d'un simple jock strap au demeurant très bien rempli. 
Pendant que Julien, tenait en équilibre sur la rambarde du balcon (bon c'est un bungalow, donc on est au rez-de-chaussée) en dansant sur un vieux tube eurodance qu'on adore -et qui restera l'hymne de nos vacances- Cyprien avait peu de scrupules à tripoter Florian devant son petit copain Loïc.

Minuit trente. C'est à sept que nous partions au bar le Look. Vodka Redbull. un mec mince et kinky comme on les aime, visiblement sous le léger effet d'une substance plus ou moins licite, s’intercala entre Cyprien et moi pour nous chauffer. Barreau immédiat. Il partait d'un seul coup, remplacé par Florian qui se lançait ainsi dans une entreprise 'mouillage de boxer' qui n'avait aucun mal à aboutir en frottant ses fesses rondes contre mon sexe. Loïc vint mettre -tout de même!- aimablement fin à ces enfantillages.

Deux heures, le Look va fermer, on bouge tous vers le Pharaon, où Cyprien gère super bien l'entrée en prenant garde de conserver Florian devant lui. Ce dernier se dirigeant aux toilettes, Cyprien le suivit et je devais récupérer Loïc qui, gros naïf, se demandait où sa bombasse de copain avait pu donc passer.

Vodka-pomme. Dans la back room de la boîte Julien avait entrepris de mettre sa queue dans le Glory Hole et nous proposait de tenir les paris sur le temps que ça prendrait avant de trouver bouche preneuse. Après R. se donnant du mal, un gros vieux veut prendre sa place. On dit rien à Julien, R. lui laisse la place mais nos rires l'interpellent et il penchera la tête avant de se retirer, carrément dégoûté. Fou-rires.

J'avais bossé avec Mickael il y a quelques années sur Paris et il était là ce samedi soir sur le dancefloor. Énorme paquet et des tatouages sur le torse et le dos. Il la joue pote-pote. J'hésite à passer à l'attaque, il me regarde peu, ne tend pas de perche, ne répond pas trop aux miennes.

Sherman, un asiatique iréel de beauté me prend la taille. Je décide d'abandonner la conquête Mickaël. Sherman m'embrasse, me passe la main dans les cheveux. Ça dure. Lorsque j'ouvre les yeux je vois mes potes pratiquement à poil danser corps contre corps sur le comptoir de la boite. Comme un éclair, alors que Sherman ne se retire pas de ma bouche, je vois Cyprien, toujours sur le comptoir, verser le contenu d'une carafe d'eau sur le torse de Florian. Je pense : soirée de dépravation.

Quelques minutes plus tard c'est avec Nicolas que Cyprien entreprendra de faire jouir Florian sur la piste de danse. Comme si son petit copain avait accepté l'idée, il reste derrière Florian et le tient par la taille pendant que les deux s'affairent à le masturber  Les autres danseurs les cachent mais je vois Florian basculer yeux grands ouverts la tête en arrière. Je pense : il a un orgasme.

Alors que l'asiatique déboutonne mon jean R. s'est mit à sucer Julien sur le canapé à droite de la piste. Mickaël me regarde sans cesse pour savoir où j'en suis avec mon mec. C'est lui que je veux. Plus tard nous repasserons à côté des canapés où cette fois Cyprien couché sur le dos les fers en l'air se fait prendre par un mec debout penché sur lui et se fait éjaculer sur le torse. Je pense : samedi soir, no limit.

Sherman me demande si je pourrais faire de même. Je lui dis non, ce n'est pas une question de regards mais d'atmosphère : la musique à fond, ceux qui m'auraient précédé sur le canapé, la décadence omniprésente dans la boite, ça ne m'excite pas. Je lui parle en comparaison du bruit des vagues, du sable dans les cheveux. Il me propose illico d'aller sur la plage pour être tranquilles. On part juste après Julien et R. qui ont décidé de terminer leurs ébats dans le bungalow.
Marchant dans le sable on se fait accoster par une racaille, lampe de poche à la main, qui regagne Marseillan. Main sur l'entrejambe, il insiste pour qu'on touche. Je pense : Misère sexuelle de l'hétéro qui vient aux boites du Cap pour baiser de la meuf mais qui repart sans même s'être fait sucer. 
J'aurais adoré chauffer la racaille et le pousser jusqu'au summum mais je veux pas planter le Chinois qui est adorable. Je pense : tu peux pas tout avoir.

Aujourd'hui dimanche, on repart à zéro, un jour de plus. Et la fin du séjour approche.

Je m'interroge : qu'avons-nous fait de bien qu'avons nous fait de mal ? Paierons-nous un jour les jouissances d'hier soir ? Ce lieu de débauches, unique au monde, mérite-t-il une nouvelle visite l'an prochain ? Ai-je vécu mes jours à fond ? Aurais-je du en faire plus ? 
Mickaël, le seul mec que je désire réellement depuis des années, étant le seul qui m'ait échappé. 

Je pense à Cyprien du coup, le leader charismatique incontesté de notre groupe de petits cons. Il me faisait une piqûre de rappel dans la voiture la veille, lors de nos courses à l'Hyper U, il me seringuait une fois de plus son antidote pour n'avoir jamais de frustration, jamais de remords :

"- Quand tu es devant le mec, rappelle-toi à chaque instant la somme de temps, la quantité d'énergie, le montant d'argent que tu as investi pour être à la place où tu es. Et dis-toi que si tu as dépensé tout ça, ce n'est pas pour craquer à quelques centimètres de celui que tu convoites."




6 commentaires:

  1. oulalaaaaaaaa .... chui pas sur d'avoir tt compris tellement ca avait l'air d'etre le bordel la .... et tu voulais que je vienne pour me retrouver au milieu de .... CA ????

    Le Petit Stéphanois

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui je t'imagine complètement au milieu de ce foutoir ! ^

      Supprimer
    2. lol t ouf j'aurais pas survécu mdrrrr pk crois tu que j'aurais été a ma place ???

      Le Petit Stéphanois

      Supprimer
    3. Bah sympa/exhib/salope/actif-passif..

      Supprimer
  2. mdrrrrrrr chui salope :o ??? bon j'avoue chui salope ... mais j'ai des limites lol la c trop de dévergondage pour moi ^^

    Le Petit Stéphanois

    RépondreSupprimer
  3. Aaww c'est beau... Nan sérieux, j'aime beaucoup. Bahhh, suis trans-genre MtF, aime plutôt (ouais, grave) les autres filles, bio ou pas, mais c'est peut-être la première fois que je trébuche sur une tranche de vie aussi bien lancée, écrite, aussi vivante... Suis pas insensible aux charmes de certains garçons, faut être honnête.

    On n'évolue pas dans les mêmes cercles (moi, Maîtresse), mais je dois t'avouer mon plaisir à te lire.

    PS - Vais pas dans les dunes chercher des géniteurs, moi, Môssieur ! :) Sont plutôt à me chercher, tiens... Quitte à le regretter. Nyaaaark...

    PPS - Hhmmm... Je pense que je serais, exceptionnellement, assez douce et avec ma plus belle cravache, pour toi ; tu m'as touchée.

    RépondreSupprimer