dimanche 14 juillet 2013

J'ai eu mal,

c'est la première fois que j'ai eu mal comme ça. Se faire larguer après une semaine, deux semaines ou bien six ans est douloureux. Le temps n'amplifie rien, il atténue seulement d'autres choses.

Ecrire ces pages me consola. Peut-être que j'écris ce blog aujourd'hui pour les mêmes raisons, me consoler de quelquechose...

La première fois donc. Et ce ne fut pas la dernière. Contrairement à ce qu'on peut penser on ne se blinde pas contre les échecs amoureux, en tout cas pas moi.

Quelques jours après son départ, alors en pleine rédaction des pages que j'ai montrées, je ne voulais pas accepter que ça ne puisse pas marcher entre nous. Je voulais qu'il sache que je pensais toujours à lui. Je n'avais pas de téléphone portable, et je ne l'aurais de toute façon pas utilisé. 

Comble pathétique du gamin sentimental que j'étais, je me suis donc attelé à une carte postale que je préparais en prenant des notes que je numérotais sur mon cahier pour décider l'ordre dans lequel elles devraient figurer.



Le coeur partait dans tous les sens, "perdu" est le bon mot. Je sortais déjà avec Wilfrid à l'époque. Et comme un effet de vases communicants, ma passion s'est reportée sur lui. Et Wilfrid aussi a donc eu droit à une carte postale désespérée faite avec les mêmes méthodes et que je n'ai -je crois- finalement jamais envoyée.


Wilfrid est resté. L'abnégation de ce garçon.

Les mois ont passé et l'autre garçon de Corfou était reparti à Nancy, tout en continuant de rôder... Il me relaçait fréquemment, ne voulait pas couper les ponts contrairement à ce que je connaîtrai plus tard avec Nicklas. 
Nous nous sommes revus, nous avons même recouché une autre fois ensemble.

Dix ans se sont écoulés en gardant plus au moins contact, en laissant parfois passer deux années sans rien se dire. On avait même un projet professionnel en commun qui a splité à cause d'une brouille de forme. Il restait malgré notre soin d'éviter le sujet, un contentieux.

Aujourd'hui on ne se voit plus, mais on s'écrit, rien de profond. Juste des chamailleries, des débats sur nos goûts artistiques, notre quotidien, la politique aussi. Ça en reste désormais là, et ne bougera pas. Quand le deuil est fait on ne peut plus le défaire, il ne me fait plus aucun effet, et il a mal vieilli, lui.

En ce moment même, alors que j'écris ces lignes, je converse avec lui sur facebook. On sent dans nos échanges toujours ce goût d'inachevé, et le même contentieux en non-dits. 

Nous ne pourrons jamais passer à autre chose : 
L'un avait rejeté l'autre.




3 commentaires:

  1. Intéressant mais assez paradoxal pour le coup. A la fin tu affirmes que le deuil est fait par rapport à une situation actuelle : qu'il ne te fait plus d'effet et qu'il a mal vieilli (sans doute lié d'ailleurs?) Et puis tu finis par dire que tu ne passeras jamais à autre chose.

    Donc quelque part tu n'as pas fait le deuil de la situation de l'époque, avec le contexte passé où c’est lorsqu'il te plaisait qu’il t'a "rejeté". D’autant que tu étais encore jeune et ca marque plus à ces âges là où tout est vécu à fleur de peau et forge la personnalité…

    On a l’impression que c'est de cette situation là dont tu n’aurais pas fait le deuil, le contexte d'époque (vous avez évidemment tous les 2 changé depuis, les rôles ne sont plus les mêmes qu'à cet instant T du passé, l'équilibre des rapports à changé.) en tout cas c’est ce que je comprends.

    C'est important le deuil... Comme ces gens qui perdent la vue... qui ont besoin d'un chien pour les guider et le chien est là pour son maitre et donnerait sa vie pour lui, ils sont dressés pour, mais parfois ca se passe très mal et le chien peut en arriver jusqu'à se retourner contre son maître... et on a constaté que c'est lorsque le maitre n'avait en réalité pas fait le deuil de sa vue et que donc quelque part il en veut au chien car sa présence lui rappelle sa cécité qu"il n’accepte pas... alors qu'il est là pour l'aider et lui faciliter la vie, cette nouvelle vie qu’il doit accepter.

    Ca s’éloigne de ton post mais ton deuil est-il vraiment fait ? et par allégorie on pourrait même se demander si le chien ou plutôt la perte de vue ne serait pas la perte d"une vision d’un couple stable et fidèle que tu aurais sans doute désirée avec ce garçon… vision que tu sembles aujourd’hui abhorrer et tourner en dérision…
    La vue, la vision... bref

    Sans doute très comptoir comme petite analyse du soir mais après tout qui sait ! ;)

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    1. Je me suis mal exprimé, quand je dis que nous ne passerons jamais à autre chose, c'est que cette histoire passée pèsera quoi qu'on fasse sur tous nos futurs échanges.

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  2. Oui oui, c'est bien ce que je dis... si ca continue à peser sur vos échanges...

    Forensico

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