jeudi 16 mai 2013

Perdre le sommeil et l'appétit,

ainsi que toute libido ça faisait des années que ça ne m'étais pas arrivé. Je voulais vivre un truc pour me distraire et bien c'est réussi.

Nicklas m'a appelé sur mon portable quelques heures après qu'il soit parti de chez moi, manifestement de retour sur Paris.

Il était au parking du marché St Honoré, près de la place Vendôme. Il voulait récupérer sa voiture mais avait oublié son portefeuille chez lui, à trente kilomètres de Paris. Il m'appelait donc pour que je le rejoigne afin de payer son parking et le libérer. J'arrête le travail que j'étais en train de faire, prend le métro jusqu'aux Tuileries pour aller lui payer son parking.

Il m'attend là, assis sur sa borne en ciment, en train de pianoter sur son clavier. Magnifique, comme d'habitude. Quand je l'ai vu c'est comme si je sentais déjà son odeur. Il glisse son ticket dans l'automate : 3,70€. Je fouille dans mon portefeuille, il glisse une main dans sa poche, et lâche :

"- Ah laisse! je les ai!"

Le mec m'a fait traverser tout Paris pour rien. Il avait sur lui la thune pour libérer sa voiture. Il relève à peine, me dit qu'à présent qu'il est là autant passer la soirée ensemble.

Mais il se trouve que j'ai pas que ça à foutre coco, j'ai du boulot en retard et le dîner pro de ce soir à préparer.

"- Bon, je peux au moins te ramener"

Pendant le trajet en métro pour le rejoindre, j'avoue que l'idée m'avait traversé l'esprit : Est-ce qu'au moins il ne serait pas revenu à Paris pour se faire un plan, et osé m'appeler pour le sortir de la merde que sa libido lui avait occasionné ? Immédiatement je m'en suis voulu d'y avoir penser. Il n'aurait pas osé m'appeler pour le raccompagner après son plan cul, moi en qui il place tant d'espoir, et accessoirement d'attachement, et j'espère de respect.

Bingo ! C'est en montant dans la voiture qu'il répondit, peneau, à ma question, en reconnaissant qu'il était revenu sur Paris se taper un mec.
Et je me suis vu, là, sur le siège passager, la ceinture de sécurité à la main, venu payer le parking de Nicklas pour le consoler de son plan cul raté.

La discussion qui nous avait occupée toute la soirée n'avait servie à rien. Pour lui couple libre ne veut pas dire préserver l'autre. Je m'étais simplement trompé.

L'explication a duré une dizaine de secondes seulement, moi atterré.

"- Donc c'est ça ? Tu m'as appelé pour ça ?
- Oui mais j'avais pas le choix...
- Mais si, tu avais tous les autres choix que de me demander de faire ça.
- Mais c'est pas grave, de toute façon je me le suis pas tapé, et du coup j'ai du passer pour un mytho
(silence)
- Je crois que je fais sortir là"

Et j'ai claqué la porte. J'ai juste entendu mon nom précédé d'un "non!" qui m'appelait depuis l'habitacle. 
Dans la soàirée il m'a appelé sans que je puisse répondre.



On ne s'est pas rappelé.

Dans l'ascenseur qui me remontait à la surface, juste après la rupture, j'ai brièvement pensé à Anne Sinclair, cette femme qui se plaisait dans son couple libre, avait une vie organisée autour de ça, et a quitté son mari lorsqu'elle s'est sentie humiliée publiquement.

Ça aurait pu être très cool. Il y avait une belle connexion, et nous étions exactement sur la même longueur d'ondes lors de nos longues discussions. On avait le même humour et écoutions en boucle les mêmes musiques improbables. Au pieu c'était l'idéal, complet, joueur, dans tous les sens, sans arrêt. Il y avait un lien évident, dès notre première rencontre. On était proches sans même se connaître.

Alors sans appétit, sans sommeil ni plus rien, je me tue au sport et au travail.  Comme il y a quelques années lorsque Lubin m'avait quitté. Ça avait duré deux mois, mais j'étais amoureux. Alors que là, j'ai juste voulu le posséder.

Je ne me souvenais plus pourquoi je tenais tant à mon indépendance, et bien ça y est je m'en souviens.





7 commentaires:

  1. Ton indépendance? laquelle?
    Tu ne l'es pas..cette aventure le prouve...tu es dépendant. Tu serais indépendant sit u pouvais rester libre de tes besoins...
    Le truc c'est que tu t'es convaincu que tu contrôlais, que tu étais le maitre de cette dépendance (au sexe, aux rapports humains quels qu'ils soient) Mais non...car au fond, tu n'es pas juste une salope sans coeur...Tu as un coeur, la preuve. Mais il a été malmené, bléssé, usé, abimé... alors tu as fais une carapace comme tu pouvais et qui te donnait l'illusion de garder le contrôle ...Sauf que celui qui croit tout controler ne controle rien...il faut rester humble face à notre nature.
    Tu dis "On était proches sans même se connaître."
    Ne vois tu pas toute l'antinomie de cette phrase? tout ce qu'elle explique dans votre relation? Dans chaque publication au sujet de cette relation , comme dans d'autres, tu es contradictoire...
    "nous étions exactement sur la même longueur d'ondes lors de nos longues discussions."
    Ce n'etait que de l'apparence...chacun jouait un rôle pour obtenir ce dont il avait besoin..mais tu as perdu pied, et comme tu as quand même encore besoin de sincérité parfois, tu t'es laissé sortir du rôle et apparaitre...pas lui. Ton erreur là, c'est d'avoir oublié qui tu avais en face de toi...pas d'avoir lâché prise et laissé revenir ton humanité...
    Tu voudrais trouvé dans ce genre de vie avec ce genre de gens, des qualités incompatibles avec l'essence même de tout ça.. parceque tu as viscéralement besoin d'affectif, ca se sent dans tout ton blog, mais que tu en as totalement peur...
    Alors vas y insulte si tu veux, mais moi ce que je te dis, c'est que même si je n'approuve pas le plaisir et la volonté que tu met a te gaspiller, tu me fais de la peine et je compatis parceque même la plus grosse salope ne mérite pas de vivre ça.
    bisous

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    1. Comme je l'expliquais au départ j'étais libre de mes besoins, "Je voulais vivre un truc pour me distraire" (ligne 1). Vivre un truc. Ce que je viens de faire.

      Pour le reste tu as raison, complètement. Cette histoire m'a appris à quel point je me surestimais, à quel point ma fragilité était cachée.
      A présent il faut que ça travaille, sans regrets (même si à l'instant présent c'est très très dur) pour cette brève aventure, puisse-t-elle m'avoir apporté quelque chose.

      Il vient de m'appeler. Ça à duré 22'32" mn. C'est terminé.

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  2. je prie souvent pour toi sérieusement tu me fais beaucoup de peine j'espère qu'un jour tu trouvera une personne capable de t'accompagner dans tes derniers jours et que tu mettra fin à cette période dissolu avant que trop de personnes ne souffre péché est humain mais l'absolution et la repentence existent aussi et je continuerais de prier pour toi afin de rendre ton âme meilleur

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  3. Oui collector en effet ces anonymes ... lol
    Ouais c'est sur c'est touchant, j'imagine ce que tu as du ressentir pour sortir de la voiture comme ca et de cette façon et ne pas te retourner à son appel...

    Mais je me dis que c'est dommage d'un coté de couper tout lien avec lui...
    Trop de souffrance vraiment?
    Mais tu penses pas que tu regretteras cette intensité et que les plans banals te paraitront bien fades après cette aventure? C'est naze non de passer d'un truc aussi planant à un plan basique?
    Tu penses pas qu'en persévérant un peu il pourra pas évoluer peu a peu vers ce que tu voudrais davantage? En plus toi qui voulait reduire tes partenaires pour des questions de santé... enfin au moins lui est une valeur sure... (apres s'il fait plein de plans tu me diras ... c'est comme si tu avais autant de partenaires que lui lol bref..)
    Rien n'est immuable, même s'il affirme lui même qu'il ne changera rien bec et ongles...

    Enfin tu dis c'est terminé mais ca aussi c'est pas immuable il y a quand même des chances que vous vous recontactiez... ce genre de situation c'est les montagnes russes et est sujet à évolution...

    Ca doit quand même pas faire si longtemps que ca pour tout lâcher comme ca? En fait de quoi tu as peur en arrêtant tout contact la maintenant sans creuser davantage? De toute façon tu souffres alors... autant creuser non?

    Forensico

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    1. C'est exactement au mot près, à la virgule près, ce que j'ai pensé toute cette nuit.

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