jeudi 2 mai 2013

C'était un trip "séduction"

malgré moi, alors que j'étais depuis quelques temps fatigué du "one to one" habituel, du plan cul de base : on se capte, on se voit, on se baise. Ça ne m'amuse pas en ce moment, peut-être même que ça ne m'amusera plus jamais. 

Au delà d'un mec vraiment régulier avec lequel partager quelques trucs, aujourd'hui plus que jamais j'ai besoin de jeu, de séduction, de curiosité, de tester des mecs qu'on accosterait pas a priori, en gros de drague plus que de copulation.

J'ai récemment repéré pas loin de chez moi un spot de drague paraît-il très fréquenté : le square de la Croix-Rouge, en bordure du bois de Vincennes, Porte dorée exactement (ligne 8 du métro si vous avez envie de venir jouer). Sans savoir ça fait des mois que je fais mes étirements là bas après avoir couru, sans avoir rien remarqué. Et pour cause : à neuf heures du matin il ne se passe encore rien. En revanche dès que la nuit tombe il paraît que c'est hyper chaud.
A voir à partir du 27 mai, lorsque la foire du Trône (toute proche et mal fréquentée) aura fermé ses portes.

Pour l'heure je suis à Bourgoin, petite ville paumée de l'Isère où je passe la semaine, très occupé par de nombreuses occupations familiales dont je vous épargne la soporifique énumération.

Mais hier soir ô surprise, j'ai eu une fenêtre vers seize heures trente jusqu'à dix neuf heures pour faire ce que je voulais. Beau soleil de fin d'après-midi., après plusieurs jours de pluie. Que faire ? Honnêtement j'étais pas très chaud. J'avais abusé de la masturbation ces dernières quarante huit heures et le sexe ne m'occupait pas particulièrement l'esprit. 
Mais bon : j'ai immédiatement sauté dans la voiture pour me rendre aux virages de Chamagnieu, unique lieu de drague non loin d'ici que j'avais laissés aux derniers beaux jours de l'année dernière. 
On ne se refait pas.

Même cortège de vieux que la dernière fois. Ça me tourne autour, mais je ne regarde personne : rien que porter le regard à 30° du sujet qui approche de moi me fait deviner que je suis venu pour rien : cheveux blancs, embonpoint, physiques de poulet.

Enfoncé un peu dans le chemin de la forêt, je me pose sur un tronc d'arbre mort pour répondre à mes mails. Au moins ce sera fait. 
Après quelques minutes, un mec s'est approché. Adossé contre un arbre il commence à se masturber en me regardant. Je regarde discrètement entre deux frappes. environ vingt huit ans, pas mal foutu mais pas très beau, queue pas top, pointes des cheveux décolorées so "province", habillé d'un pantacourt on ne peut plus plouc et d'un T.shirt blanc aux inscriptions noires style gothique...
Pas de doute : on est bien en Isère.

Je fais genre "je suis pas intéressé, en fait je te calcule même pas" pour qu'il s'éloigne. 
Lui :
"- Tu veux faire un truc ?
- Non désolé 
- Moi j'ai envie
- Ouais mais ça va pas le faire (il continue de se branler)... T'es vachement excité en tout cas..."

Perdu : il s'approche d'un arbre et se branle quasiment au dessus de ma tête. il est à moins d'un mètre de moi. Je continue de tapoter sur mon téléphone mais en fait je tape rien.

"- Tu cherches quoi ? 
- Rien de spécial en fait
- Tu veux pas te faire sucer ?
- Non
- J'ai envie de sucer.
- ...
- Tu me montres ta bite ?
- Là ici ?
- Ouais, j'ai envie de me branler "
(silence)

Ce con avait fini par m'exciter. Mais il me plait vraiment pas, alors que faire ? Répondre ça :

"- ok si ça peut te faire plaisir (et là je continue toujours à tapoter sur mon tel hein..)
- Vas-y
- Bah tu déballes toi-même alors"

Et là je me lève

"- Putain mais tu bandes !
- non mais cherche pas je bande tout le temps"

et il défait ma ceinture, le bouton de mon jean (avec difficulté), et le baisse avec le boxer. Il se rend compte que je suis largement mieux monté que lui. Naïf que je suis, je croyais encore qu'il allait me regarder en se branlant. Non, il me branle direct. 
Je m'étonne rapidement, mais ne lui dis pas d'arrêter. 
Inutile de dire que moins d'une minute plus tard il était en train de me sucer.

Dans ce cas là la chaleur monte grave. Il continue de se branler, je me laisse aller complètement, ne résiste même pas quand il m'embrasse la bouche.
Il éjacule dans l'herbe, se rhabille direct, se casse.

Et voilà encore une fois je me retrouve en chien, et redescends dans le bois avec une trique de bâtard. La température redescend, je me replonge doucement dans mes mails, le soleil commence à flirter avec l'horizon.

Je le revois un quart d'heure plus tard, encore en train de me tourner autour. Je lui demande :

"- Mais t'as encore faim toi ?
- Non je me balade, tranquille

Genre !

Je discute un peu avec lui, demande des infos sur les pics de fréquentation, la moyenne d'âge, les mecs visitant l'autre virage qu'on aperçoit derrière les branchages, tout ça. 


l'autre virage, vu du sous-bois

Après un silence, voyant que j'avais pas vraiment débandé, il me lance :

"- Tu veux que je te suce encore ?"

Et le voilà reparti, cette fois sans beaucoup nous cacher. Un mec viendra même nous mater, juste devant nous, sans rien faire. 

Là ça va mieux, je suis plus en confiance (pourquoi j'ai toujours peur que le mec m'arrache le sexe avec sa mâchoire ?), le vent souffle dans les feuilles,  la lumière est dorée, les voitures passent au loin sans nous voir, un inconnu me regarde, tout en continuant de me sucer le mec décide de mettre une main sur mes fesses et une autre sur mon torse pour le caresser. 

Et là, les couleurs du printemps deviennent d'un coup plus vives, je ferme les yeux comme si j'étais aveuglé par quelquehose, je commence à trembler, les bruits de la nature s’éteignent et je n'entends alors plus que ma respiration, j'éjacule en grandes giclées en rouvrant les yeux. J'entends juste le mec chuchoter :
"- Ouaiiiis" près de mon oreille, et le bruit de mon sperme qui percute les feuillages.

Je rentre obéir à mes obligations familiales, en me disant que quoi qu'on en dise, c'est quand même de grosses sensations que de jouir dans les bras d'un inconnu, aussi peu désiré soit-il.

Je réfléchis encore en conduisant, sur fond du dernier Daft Punk...

Et je me dis que ça c'est tout moi : un mec qui insiste après que je l'ai jeté comme une merde, il a toutes ses chances.



1 commentaire:

  1. Insondable mystère du désir. On croit savoir ce qui nous excite, un grand noir bien monté, un petit minet trop maigre, et puis tout à coup, parce que les circonstances ont changé, parce que le soleil perce à l'horizon et que c'est le printemps, on se fait un trip d'enfer avec n'importe qui... Tant mieux pour les n'importe qui !

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