mercredi 24 avril 2013

C'était comme une libération hier soir,

non seulement à cause d'une égalité devant le mariage enfin reconnue, mais aussi grâce à qu'on peut appeler une communauté.

Je n'ai eu cette sensation qu'une seule fois, d'appartenir à une communauté homosexuelle. C'était à l'enterrement de Marie-Claire Sotto, la célèbre vestiaire de feu la boîte Le Scorp' sur les grands Boulevards, femme d'une générosité sans borne, qui prêtait de l'argent aux clients en galère, consacra toutes ses nuits à arranger tout le monde. 
A son enterrement, le 6 mai 2011 en l'église Saint Merri, ils étaient tous là. Des années de vie la nuit, de visage croisés dans les discothèques parisiennes ou dans les bars du Marais, des anciens plans cul aussi, dont la plupart avait pris du poids.
Sans forcement nous connaître, nous ressentions et étions les seuls à ressentir la même émotion à cet instant là. Une communauté.
La chanson préférée de Marie-Claire était un morceau d'Enrico Macias, qu'ils passèrent à l'église à la fin de la cérémonie. Et en faisant baisser le son peu à peu, c'est l'orgue de l'église qui reprenait les accords de la chanson pendant que la foule suivait le cercueil porté vers l’extérieur.  Alors que l'orgue continuait de plus en plus fort et résonnait dans l'église, c'est sous les applaudissements que le corbillard disparaissait la rue de Rivoli.

Hier ce fut moins émouvant, mais ils étaient là, ces visages. Jusque tard dans la nuit ce fut la fête improvisée. Qui pouvait s'attendre à ce que la communauté se rassemble à ce point ?

Rue des Archives, un soir de légalisation de mariage 
Et comme presque tous les mardis, je finissais au Spyce (surpeuplé), cette fois avec Jean-Baptiste. Là j'ai croisé un visage. Et je me suis revu il y a quelques années, lorsque je débarquais tout juste à Paris.

Je commençais à sortir, voyais ces gays totalement décomplexés, sexuellement libérés, porter des habits moulants, qui dansaient avec une liberté totale de leur corps, se sentaient désirables. J'étais dans un coin de la boite et les regardais, je bougeais un peu mais pas trop, j'étais spectateur en vérité.

Et hier soir ce garçon m'a reconnu, il m'a fixé avec les mêmes yeux que j'avais lors de mes premiers sorties. Ce garçon je l'ai croisé une première fois il y a quelques semaines au sauna Sun City, lors d'une nuit de totale dépravation. Je me souviens très bien de ce soir là, de joyeuse mémoire, précisément. Ce garçon se masturbait en me regardant me faire sucer dans le hammam. Il n'osait intervenir, il était juste assis à côté de moi, et me regardait en  se branlant énergiquement.

Et hier soir, dansant en toute liberté, lorsque j'ai croisé ses regards, j'ai réalisé toutes les inhibitions que la pratique du sexe et de la nuit m'avait fait abandonner. 
J'étais libéré.




5 commentaires:

  1. et pour tous ces gens tellement décomplexés, tellement fort de ce qu'ils sont, pourquoi tellement vouloir ressembler au modèle hétérosexuel d'un mariage. Là je ne comprends pas, être homo c'est être libre, libre de vivre sans cadres sans entraves, sans tabous, en aimant l'autre au mépris des clichés. alors pourquoi vouloir s'enfermer dans celui du mariage??? si ce n'est pour l'argent...

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    1. Etre homo ça peut être aussi vouloir vivre tranquillement dans une maison jaune au toit rouge dans une zone périurbaine, faire des barbecues, avoir un chien et des vélos accrochés dans le garage.

      Combien sommes-nous à vouloir brûler la vie par les deux bouts ? A aimer danser chaque semaine et multiplier les partenaires ? Une minorité.

      Tout le monde n'a pas la vie de dépravés que je décris dans ce blog. La majorité d'entre nous est provinciale, ouvrière, commerçante, agricultrice, et se fout pas mal de pouvoir intégrer groupe semi-fermé de pédés fêtards et séducteurs.

      Cette loi est pour eux. Pour ceux qui, comme la plupart des hétérosexuels, ont envie d'organiser leur vie et de signifier leur engagement envers une personne qu'ils aiment.

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    2. Bonjour les clichés en quelques lignes !

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  2. Oups. Mon commentaire est mal placé. Ma réponse n'était pas pour toi Quentin mais pour Anonyme :)

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    1. C'est vrai que j'ai aligné les clichés hétéros aussi, mais c'était volontaire ^^

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