dimanche 17 mars 2013

Une fois n'est pas coutume

je ne peux m'empêcher de vous faire partager la lecture d'un blog. J'en suis certains de loin en loin, comme ceux qui sont listés en bas à droite de cette page. J'en suis d'autres que blogger ne me permet bizarrement pas d'entrer dans cette liste.

C'est par posts rares que ce jeune garçon (21 ans) à la langue impeccable, au vocabulaire précis, jamais vulgaire, et qui s'avoue intellectuellement précoce (ce qu'on avait cru deviner) ne termine son texte qu'après avoir fait le tour de son sujet, maîtrisant l'évolution de son discours, attentif à la structure de son texte.

La force de sa prose toute littéraire réside dans la portée de ses considérations. Dissertant rarement ses expériences et amants réguliers (daters comme il les nomme), dépassant le fait d'en tirer d'hypothétiques leçons ou de porter des jugements, il décrit non pas sa vision de l'homosexualité, mais le savoir être homosexuel.

A côté de ses lignes, celles que je pose ici quasi quotidiennement (on alternate days dirait-on en anglais) ne seraient qu'anecdotiques. 
Dorian Gay est au coeur du problème. Il parle de son rapport au père, de la fidélitéde l'attente de résultats sérologiques, du malaise des hétéros lorsqu'il s'agit ne nommer les homos, du malaise des homos lorsqu'il s'agit de se nommer, il théorise sur le "moment D", l’éphémère jeunesse, il livre des clés, toujours vigilant sur sa propre lucidité. 

Sans arrogance aucune, sans familiarité ni digression, Dorian Gay écrit peu et semble sélectionner sévèrement ce qu'il raconte. 
Et en creux, semaine après semaine, se dessine progressivement le portrait d'un garçon particulier, entre celui aux goûts de luxe et celui qui ne se prend pas au sérieux, celui qui manque de confiance en lui et celui que rien n'arrête.

"Têtu blogs" reprend certains de ses articles. L'entête est la même : peau noire ("caramel" comme il dit) recouverte d'une texture charnelle, cette peau pourrait autant être celle d'un humain que d'un crocodile. Prédateur. Yeux tendus vers le lecteur, regard-caméra, franc et téméraire. 
Sur son twitter Dorian Gay se dévoile davantage (bien plus que votre serviteur) : parfois une main, un menton, looks soignés de fashionista sur-customisée. 

Ainsi, Dorian Gay est singulier. L'homosexualité n'est jamais aussi belle que lorsqu'elle est servie par l'intelligence alliée à une fine observation. Ajoutez l'expérience et cela donne des trésors, comme la phrase entendue d'un prêtre à son plan d'un soir : " -Pas d’investissement émotionnel loulou".

Puisse le portrait de Dorian Gay ne jamais être achevé.




1 commentaire:

  1. Par où commencer? J'avais prévu de te répondre en conversation privé mais ton blog n'offre pas cet outil. Soit :) Je me livre déjà assez en pâture - je suis habitué
    Déjà tu me devances! Car oui, j'avais en effet prévu de livrer, de partager dans une prochaine chronique mes sources, mes inspirations (ou contre inspirations), ces bloggeurs que je suis depuis plus ou moins longtemps et dont tu fais partie. Mais ce n'est que partie remise - j'en ai beaucoup aussi à dire sur ce blog - le tien :) (spoiler)
    Ensuite, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et relire, et relire et relire ce post en ce qui l'avait d'intéressant de me mettre face à un miroir - face à l'image que renvoient à des tiers anonymes, mes lignes, mon personnage. Merci.
    Enfin, comme dans l'oeuvre originale de Wilde, le portrait n'est jamais "vraiment" achevé - ce serait inintéressant, facile et fade. Je continuerais donc à m'autopeindre ...

    A bientôt, chez moi, chez toi :)

    Dorian

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