mardi 25 décembre 2012

Quand j'ai commencé à écrire

sur ce blog je me sentais plus branché cul que jamais. Et lorsque j'écrivais mon premier post, je ne pensais pas que je vivrais peut-être l'année la plus remplie sexuellement qu'il m'ait été donnée de vivre; et qu'aujourd'hui, un an jour pour jour après avoir commencé, j'en serais à écrire mon cent quarante neuvième article.

En fait tout est parti des livres de Guillaume Dustan que je lisais il y a quelques années. Je cornais les pages et soulignais les phrases et aphorismes dans lesquels je voulais me reconnaître. 
Mais c'est lorsque j'ai découvert le blog d'un certain Cédric Darval de Bayen que je me suis dit qu'il me faudrait écrire les choses auxquelles je pense concernant le sexe qu'on ne dit pas forcément à ses proches, de peur de passer pour un obsédé que seules les choses du sexe animeraient.

Cent quarante neuf articles. Entre le romantisme de certains moments retranscrits et la glauquerie d'autres propositions, entre la frénésie sexuelle de certains voyages et mes réparties qui tombent à plat; entre les soirées entre potes qui virent à la partouze et les masturbations devant des vidéos exhibsentre les mesquineries de Cyprien et les miennesl'exercice m'a aidé. 
Énormément
Le fait d'écrire mes expériences m'a obligé à en faire autre chose que des instants éphémères, m'a interdit de les oublier dans la seconde, m'a incité à prendre en compte mon vécu, à considérer mes échecs, à réfléchir à mon ressenti, à théoriser mes actions, catégoriser les partenaires, à m’améliorer, et surtout à avoir pris confiance en moi : donc à me libérer sexuellement.

Et même si les lecteurs qui se sont illustrés dans les commentaires de certains articles, et d'autres, ne me croyaient pas, cela m'a bel et bien épanoui. Bon, même si je paraissais faire du prosélytisme pour cette vie, faire l'apologie de l'adultère, j'admets m'être posé des questions. Mais les sources d'épanouissement varient d'une personne à l'autre, il faut bien combler certains secteurs en manque dans sa vie pour parvenir à l'équilibre

Certes, il y a certaines questions fondamentales que je n'ai toujours pas élucidées, comme reconnaître la taille d'un sexe juste en regardant le mec... Je dis ça après avoir récemment couché avec Guillaume un plan grindr, espèce de geek à lunettes travaillant dans la sécurité nucléaire, mince et rigide, avec son mètre soixante dix et ses petites mains aux doigts fins, qui devient instantanément un tbm obsédé dès qu'on pose la main sur lui.

Le but n'est pas de faire un palmarès de toutes les bombasses que je me suis tapées, sinon j'en ferais des paragraphes sur Salvadore, ou bien le top model niçois, ou encore le trophée de chasse Roumain
Je pourrais tout aussi bien remplir la même masse de paragraphes en parlant des mecs que finalement je ne me suis pas tapés, parce que je ne leur ai simplement pas plu, ou peut-être pas, parce qu'on s'est aperçu de notre incompatibilité, ou parce que j'ai foiré ma stratégie, ou parce que j'ai fait ma timide, ou ma peureuse, parce que ce n'était pas le bon moment et les bonnes personnes, ou pour des raisons que j'ignore encore , et encore, ou le plus souvent car ils voulaient négocier le port du préservatif

Il n'y a pas de but en fait, juste me faire un petit flashback pour me dire, entre autres, qu'il faut que je me retape des hétéros, parce qu'à chaque fois ce fut très excitant.


Puisque c'est l'occasion de réfléchir aux mecs et aux expériences vécues, je peux grâce à ce blog cerner davantage les signes particuliers qui me rendent dingue. Bon il y a les fans de Mylène Farmer c'est vrai, mais en général je ne leur plait pas. 
Mais sérieusement c'est cette année que j'ai découvert cette odeur très rare chez certains mecs juste avant qu'ils éjaculent. Odeur tellement rare qu'à part chez Dima, je ne l'ai découverte que chez un autre mec de fin de soirée.


2012 aura en tout cas été l'année où je me suis découvert un réel plaisir à être actif, et pas qu'une fois. 2013 sera peut-être celle où je me perfectionnerai dans cet exercice.

En me remémorant cette année, j'oublierai la réalisation de fantasmes ratée, mais je garderai certains mecs au physique alternatif auxquels on ne pense pas a priori, et j'afficherai évidemment l'expérience qui se détache le plus des autres, celle de James, ce black rencontré à Miami Beach une heure avant de reprendre l'avion pour la France. Quand on me demande si tout ce qui est écrit dans mon blog est vrai, je me dis toujours que les gens font référence à cet épisode.
Il y a aussi l'asiatique dans l'avion pour Houston, et puis ce minet traîné dans les toilettes de ce TGV Lyon-Paris en septembre, que je n'aurais jamais pensé draguer de la sorte.

Sans ce blog, sans doute n'aurais-je pas été aussi entreprenant. Depuis quelques mois, je pense parfois au blog quand il s'agit de passer à l'attaque, et le fait de ne pas vouloir me décevoir fait partie de ma motivation.

Il a eu aussi cette fellation improvisée dans une impasse à côté de chez moi, puis ce mec possédé dans un caveau du cimetière du Père Lachaise, avec lequel je passerai d'ailleurs le réveillon du nouvel an avec Ben et ses potes (au moins ça fera un jouet sexuel pendant ces quatre jours).

Et bien sûr (comment l'oublier), notre show exhib sur la plage du Cap d'Agde, signe ultime de la disparition de mes complexes.

Bientôt 2013, à force de rencontres, le temps perdu est désormais pratiquement rattrapé; et viendra peut-être bientôt le temps, où, comme Cédric Darval de Bayen, j'en aurais assez dit et que mes posts se feront plus rares...





9 commentaires:

  1. Dustan une référence, une inspiration?
    Ah ok, ça explique beaucoup de choses...

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  2. Quentin, avant que tu ne passes à ta prochaine aventure, je me permets de te remercier pour ton blog et t'encourager à écrire davantage.

    J'ai découvert par hasard ce blog il y a un mois. Depuis, je me suis livré à une lecture attentive de tes posts car j'ai trouvé au fil des narrations une sorte de zeitgeist que beaucoup de gens de notre génération ont du mal à identifier et encore plus à exprimer.

    Il y a deux observations que j'aimerais partager sur l'ensemble de tes histoires:

    1) l'écriture comme acte thérapeutique

    je suis toujours étonné de lire les commentaires de certains lecteurs qui, comme on dit dans ma langue maternelle, ne "lisent pas entre les lignes" et qui s'attaquent sur ta facon de vivre ta sexualité en te disant qu'il suffit de se "poser" avec quelqu'un au lieu d'avoir de multiples partenaires afin d'éviter toute sorte de confusion. Faire ce type de synthèse est passer à coté de la plaque. Comme tu l'as dit au premier post, la raison d'etre du blog est la recherche/découverte du temps perdu, et surtout une exploration approfondie, très honnete, souvent très intime, de comment les homos découvrent et néogicent leur identité sexuelle à Paris. Or, je vois dans tes récits une sorte de libération progressive qui se tisse grace à tes expériences. Les juger d'un point de vue "moraliste" (comme je l'ai vu dans certains articles) serait se tromper gravement du but de ton blog. Par ailleurs, ces commentaires reflètent aussi une imposition morale des choses, dire simplement qu'il "faut se poser" est une perspective très respectable et souhaité pour beaucoup (y compris moi) mais il ne faudrait pas l'imposer unilaterallement comme seul chemin valable et respectable pour tous. Le faire ne prendrait pas en compte la compléxité et diversité de la vie, des émotions, et de la sexualité elle-meme.

    2) la compensation sexuelle

    Toujours faudrait-il revenir au premier post pour nous guider sur le moteur de ton blog. A Paris, comme dans d'autres grandes capitales, j'ai observé que beaucoup d'homos arrivaient pour trouver leurs temps perdus. La question qui les motive dans leur formation identitaire est: que faire après une quinzaine, vingtaine d'années vécues en province dans un milieu où l'homosexualité était invisible? A partir de là, beaucoup cherchent à s'épanouir sexuellement, chercher l'amour, faire partie d'une communauté, mais vite fait ils tournent autour d'un milieu qui est basé principalement sur le cul. Mais, comment eviter cela, quand pendant des années tous ces gens-là n'ont pu qu'exprimer leur sexualité qu'au travers le sexe? Quand ils n'ont pas eu un lieu ouvert d'expression que l'internet ou les boites? Un lecteur préconaisait sortir du milieu pour régler la chose dans un de tes posts, mais la découverte de la sexualité pose ses délices mais aussi ses défis dans tous les milieux, homo ou hétéro, "milieux gay" ou pas, etc. On pense tous au sexe, et on a tous des motivations sexuelles, meme les fleurs bleues ou les "équilibrés" (comme je lisais encore dans un commentaire) sont des etres sexuels.

    Ce que j'apprécie de ton écriture est la facon si bien écrite et nuancé d'observer les gens et décrire les moments, les motivations, les peurs, et les ressentis. Il s'agit surtout de t'offrir une voie pour l'amélioriation constante, mais aussi de la partager avec tes lecteurs. Nous sommes dans une génération qui ne réfléchit pas beaucoup. On n'écrit plus. Ecrire n'est pas une chose facile, mais pour ceux qui apprécient la valeur de la réflexion et l'inspiration, ton blog est une excellente source.

    Merci, and keep the good work coming.

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    1. Merci pour ce message, j'ai mis un moment avant de réaliser qu'en effet, je n'avais pas à répondre à des commentaires d'inconnus m'attaquant sur le terrain de la morale.
      Je pense pouvoir continuer encore un moment, mais dans un an je ne sais pas du tout à quoi ce blog ressemblera...

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    2. Tu n'as pas compris les commentaires ni lu entre les lignes qui ne condamnent pas la multiplicité de ses partenaires mais son incitation à mentir et prodiguer de mauvais conseils en cherchant à interférer de façon malséante sur des tiers qui n'ont rien demandé, ne sont clairement pas sur la même longueur d"ondes ou qui sont en couple. Pour le reste il fait ce qu'il veut et le défilé de mecs le regarde, sans ça il n'y aurait pas de blog d'ailleurs. Comme tu dis il viendra sans doute bien un moment où il voudra se poser. En attendant s'il a le sentiment de rattraper du temps perdu tant mieux et chacun sa route même si à titre personnel je suis sceptique. Pour la morale il va de soi qu'il ne peut rien y répondre vu que c'est perdu d'avance :-)

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    3. Et que tu fais parfaitement!

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  3. C'est devenu mal la morale à notre époque?
    Et puis tu ne veux pas répondre à des inconnus...en revanche tu veux bien qu'ils t'enculent.... Moui, étrange vision de la société et de la vie...
    En plus effectivement apparement tu ne sais pas lire entre les lignes, je me demande ce que tu comprends à Dustan et aux autres écrivains alors...Je pense réellement qu'il t'es bien confortable de vouloir voir à tout pris des considérations "morales" ou que tu penses pouvoir réfuter sous un pretexte quelconque ,afin d'eviter à tout pris l'introspection, la remise en question et l'analyse de tes vrais problémes psy... Le courage, ce qu'apparement tu n'as pas, ce n'est pas de présenter comme une quéte, un défis , l'accumulation de plans culs avec des gens au moins aussi peu regardant que toi sur la qualité,c'est plutot de savoir qui l'on est, de s'accepter comme l'on est, et, si l'on est pas content, de faire ce qu'il faut pour évoluer... L'étourdissement n'est pas le courage.
    Comme le dit Forensico, si l'on sentait au moins une lucidité et un respect des êtres humains dans tes récits (toi qui est soit disant de gauche...) il n'y aurait à voir que l'interessant dans ce blog, un être pommé qui cherche à guérir des blessures, un garçon qui s'éclate pensant rattraper les années d'autocastration sexuelle, un garçon fun cherchant à combler le vide de sa vie sociale ou autre...Mais ce n'est pas le cas... Ce qui est devenu génant à mesure que tu écrivais, c'est la sensation d'assister à un sabordage humain, à une forme de naufrage sans que le capitaine n'accepte de réagir, enfin, à la transformation d'un humain en une chose sans âme qui ne considére plus son prochain comme un tas de viande aux saveurs variés (et qui pourtant, répugne à être considéré ainsi quand on l'oublis...)...quitte à blesser les autres.
    Alors tu peux jouer les grandes dames nimbés dans leur mépris, tu sais trés bien que tu n'es ni grand ,ni légitime à mépriser ceux qui tentent de te dire quand tu cloches...

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  4. Je débarque (trop) tardivement sur ce blog, donc mon avis ne sera plus pertinent mais comme tous les commentateurs ici, ça ne m'empêchera pas de le partager.
    Et je suis franchement éberlué par la volonté des lecteurs (du moins ceux qui s'expriment) de blesser, condamner et rééduquer l'auteur.
    Visiblement, Quentin s'amuse superficiellement, il joue avec les codes et les faux-semblants de la drague, mais il ne promet rien, ne manipule pas, évite la drogue et le bareback. C'est plus intègre que beaucoup de gens de ce milieu tant honni.
    Que des gens qui ne connaissent de lui que ses (rares) états d'âme et ses récits sexuels diagnostiquent, rien que sur cette page, un cas perdu d'avance, des problèmes psy, une vie sociale vide ou de l'autocastration... ça m'a tout l'air d'une frustration mal placée.
    Un jour viendra peut-être où comme tout le monde Quentin déplorera hypocritement ces années de papillonnage, mais en attendant, même si je n'ai pas vos facultés d'analyse, il a l'air heureux, équilibré, se fait du bien sans emmerder personne, a une vie sexuelle épanouie et la partage crûment. Si c'est trop insupportable pour certains, internet est peuplé de blogs de SJW ou de poètes dépressifs...

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