jeudi 18 octobre 2012

"minable"

c'est ce qu'il m'a écrit quand il s'est aperçu que je ne répondrai pas à son avance.

On prend de mauvaises habitudes sur grindr, les interactions sont tellement nombreuses que je ne prends même plus le temps de répondre à chacun. Là c'était sur un autre site, très axé cul mais beaucoup plus cool. Les interactions ça y va aussi, et on a l'embarras du choix.

Lui n'était pas le genre de mec qu'on va spontanément poker. Il affiche 19 ans ans (18, en vérité), pas moche, mais il pèse 100 kilos. 
Contrairement à d'autres il ne cherche pas à masquer son embonpoint ou à le minimiser, et on voit immédiatement qu'il ne passe pas un temps phénoménal à sélectionner et/ou retoucher les photos de son profil. Il est comme ça, et montre son corps sans détour en page principal de son profil, même en sous-vêtements. Au moins on est prévenu. C'est à prendre ou à laisser.

Il m'avait donc répondu "minable". J'ai pas eu pitié. Si on a de la pitié sur ces sites on couche avec n'importe qui. Je me suis excusé, ai répondu poliment et brièvement que je n'étais pas intéressé. Il n'a pas réagi. J'ai réfléchi un moment. Suis retourné voir ses photos. J'ai réfléchi encore... J'étais chaud et lassé. Lassé des derniers plans plutôt routiniers que j'ai eu les dernières semaines. 

C'était bien mais je n'apprenais rien sur moi. Pas de quoi, donc, venir me répandre ici sur le blog.

J'ai regardé encore ses photos. Une belle bite, et à la réflexion je ne me sentais pas particulièrement rebuté par le reste. Sa jeunesse a joué c'est vrai, à ce que je lui réécrive. Il était resté en ligne, j'y suis allé doucement; avec distance, pas à pas. Il était surtout attirant de le deviner si excité par moi.
Il était vingt deux heures, j'avais pas grand chose d'autre à faire de ma soirée, je l'ai relancé. Il faut être vraiment chaud : il habite à Antony, une bonne heure de chez moi en transports. 

Même pour une bombasse ou un trophée de chasse je ne fais pas ce détour. 

Mais je suis parti. Sur le trajet nous nous échangeons des sms. Je m'intéresse à ses expériences passées, il semble se contredire... dans un message il dit qu'il stresse car il a pas l'habitude des plans, avant de déclarer faire à peu près deux plans par semaines, deux textos plus loin.
Je m'interroge un peu, me dis qu'en fait il doit être puceau, ou pas loin.

En fait c'était tout l'inverse. Rompu aux plans cul, il n’emmène dans l'escalier de son immeuble qui mène à la cave (forcément, à cet âge là on habite encore chez ses parents), se remémore des anecdotes précises de mecs qui sont déjà passés où je me trouve. Il me dit que ce dont il n'a pas l'habitude c'est de se taper des mecs comme moi. Comprendre : mince et finalement plutôt pas mal. Lui se tue à la musculation depuis une paire de mois, il est résolu à changer de corps. 
Il me parle beaucoup, visiblement pour me laisser l'occasion de renoncer poliment à nos ébats. Nous sommes ici pour baiser ensemble mais lui-même n'a pas l'air de vouloir passer à l'acte, comme s'il pensait que ça n'arriverait finalement pas.

"- D'habitude mes plans, c'est plus des mecs comme moi".

Me sentir ardemment désiré, voilà ce qu'en fait j'étais venu chercher. Avec cet escalier non verrouillé dont la minuterie nous plongeait dans le noir, c'est l'autre élément qui m'excitait le plus. 
"- Toi c'est sûr, tu dois pouvoir te taper qui tu veux" (est-ce par politesse ? se doute t-il des râteaux que je me prends quotidiennement ?)
J'ai fait le premier pas, et comme au contact de n'importe quel bombasse, tout s'est enchaîné très vite. 
J'ai aimé enlever mon t.shirt et sentir ses mains et ses yeux se poser simultanément sur mon torse;
J'ai adoré sortir un préservatif alors qu'il était sur le dos et m'empaler sur lui alors qu'il ne se doutait pas que prendrais si rapidement les initiatives;
J'ai ressenti son plaisir à me prendre la taille lorsqu'il me pénétrait.

Moi qui croyais tomber sur un garçon physiquement complexé (ce qu'il était quand même un peu), j'étais sur un mec dont le sexe dépassait ses complexes. Il n'avait pas de gêne à être là, nu, et baisait comme s'il pesait 70 Kg. Un bon baiseur, en pleine possession de ses moyens. Je prenais du plaisir et le lui montrais. 
J'en prenais tellement que, je ne me souviens pas avoir joui si longtemps et si loin depuis plusieurs années.

Est-ce qu'il me dégoûtait en quelque point que ce soit ? non.
Est-ce que je l'ai vraiment désiré ce soir là ? oui.

Je ne regrettais pas d'être venu.



3 commentaires:

  1. C'est ce que j'ai appris sur moi au bout de tant de temps : les moches se donnent quand même plus au pieu, surtout quand la proie est juste intouchable normalement. C'est une belle expérience finalement que tu décris

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  2. Bravo, moi les gros je peux pas :s! Les grosses (bites) ca je peux :D !!

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    1. Ah la finesse de la Pawelitta, j'avais oublié ^

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