mercredi 26 septembre 2012

Il a posé sa main sur mon portable

hier soir alors que j'envoyais un sms à Ben qui devait venir me rejoindre au Spyce.


Au passage, les mojitos du Spyce c'est quelquechose, j'en ai pris deux en attendant mon pote et j'étais en vrac.

Il m'a sourit et j'ai fait comme si je ne l'avais pas vu entrer quelques minutes auaparavant.

Lui c'est William. Un martiniquais de 28 ans mince et aux yeux à l'indienne, car de père coolie. 
Il était venu me parler début août, ici au Spyce, alors que j'étais complètement bourré (on avait un peu abusé sur la before chez moi avec Ben). Il avait été très entreprenant, mais j'avais préféré l’éconduire très poliment pour éviter de lui infliger les effets peu flatteurs de mon alcoolémie.

Il se souvenait de moi. Notre histoire avait débuté bien avant, toujours au Spyce au mois de mars, par des jeux de regards très insistants. J'en avais d'ailleurs fait un court article, et pris discrètement une photo pendant qu'il dansait dos à moi.

ouais je sais elle est pourrie ma photo
Moi qui n'attend rien, qui me méfie des garçons qui errent dans ces endroits, qui pensent qu'ils ne valent pas mieux sentimentalement que moi. J'ai déjà dit combien je pouvais détester ceux qui se regroupent ensuite sur facebook, "Et quand ça se présente le mardi soir au Spyce... c'est fier de lui et ça fait sa star, évidemment. Paris, quoi" c'est moi qui l'ai écrit ici même. Pas à propos de lui mais ça aurait pu.

Là où je me fais piéger, c'est que ce garçon est tout le contraire ce que j'en attendais. Plutôt triste derrière son sourire, un peu désabusé mais positif, il continue à croire à l'amour après avoir pas mal vécu d'aventures "Tu comprends j'ai vingt huit ans maintenant, je veux me poser", et me fait comprendre que ce n'est pas me retourner qu'il veut. Ses questions, ses allusions, ses regards ne sont pas sexuels.

Il m'a touché. D'habitude j'ai peu de scrupules à utiliser des stratagèmes pour éventuellement laisser penser qu'une idylle est possible afin d'arriver à mes fins. Là j'étais incapable de ça. Sa sincérité me désarçonnait.

C'est un Homme, un vrai, dans ses doutes et sa visions, dans ce qu'il a de responsable et de lucide. Ça me change.

Ça me change tellement que je n'ai pas voulu lui faire perdre davantage son temps : De petit copain je n'en veux pas. Sorti péniblement de deux longues histoires j'ai pris durablement goût à la liberté et à la frénésie.

Pourtant il est resté, m'a regardé, m'a sourit. 23h00 Il ne s'en allait toujours pas. Et puis il m'a embrassé, et j'ai craqué. Ben voulait partir (forcément tenir la chandelle n'est une vocation pour personne) et j'allais partir avec lui. Nous nous sommes échangé nos numéros, et devrions nous revoir demain jeudi.

Il cherche un petit copain, ne cherche que ça, et moi je cherche tout sauf ça.

Peut-être couchera-t-on ensemble une fois, et puis plus rien. Tout ceci ne mènera pas très loin, juste à nous rendre nous deux un peu plus malheureux que nous pouvons l'être.

Paris, encore une fois.







6 commentaires:

  1. Paris Paris...
    t'as qu'a un peu sortir du milieux mec... t'y passes ta vie... et tu critiques les gens qui en sont en disant t'en méfier alors que tu en fais parti et vis comme eux... atterris. Personne t'oblige, t'as qu'à être hors milieux et penser avec autre chose que ta queue.C'est pas parce que tu t'prends la tête que t'es plus profond qu'eux. Regardes toi en face mec. Ton blog était cool mais là ça deviens lourd!

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  2. Bon c'est bien ce que je pensais j'ai totalement foiré ce article.
    Je voulais un peu dire la même chose que ce commentaire en fait, qu'on se fait tous des idées -moi le premier- sur les autres dans ces endroits qu'on aime détester, et qu'on passe à côté d'eux justement à cause de ces préjugés et des barrières que ces préjugés créent.

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  3. Je plussoie le commentaire "anonyme"... C'est facile d'être dans la délectation morose en se complaisant dans son malheur mais surtout en ne faisant rien pour en sortir. Et je réitère ce que j'ai dit sur l'article sur grindr du 6 décembre, je trouve déplorable de vouloir entraîner les autres dans son "malheur"... (référence à ta phrase conclusive de victimisation)

    Finalement le blog qui a vocation a narrer les aventures visant à "rattraper le temps perdu" devrait peut être au bout d'un moment te faire réaliser que tu en perds plus qu'autre chose... Et que tu vas vieillir Quentin... et qu'il serait peut-être dommage de finir seul.

    Est ce que s'éclater c'est s'envoyer un max de mecs en l'air ou bien de construire qqch, et d'explorer toute une facette de rapports sexuels et autres au sein de son couple, en se connaissant à fond, en se lâchant vraiment vu qu'on connaît l'autre, (et accessoirement en évitant les mst.... :s)

    Regarde bien les choses en face et sous prétexte d'échecs de 2 relations dire qu'on est moins malheureux en se perdant dans tous ces plans, trop traumatisé pour retenter et surtout en mentant aux autres et en leur attirant le malheur... non seulement c'est facile mais ca ne t'attirera que d'autant plus de malheur à mon humble avis. Parce tout cela créée une dynamique négative, et tu dois emmagasiner ca chaque jour. Mais te dire "j'ai tellement souffert mon dieu... jusqu'à mes 20 ans!" mdr donc concrètement quoi? allez 4 ans si on prend comme base les 16 ans où on a vraiment envie d'assouvir ses envies... Qu'est ce que devraient dire certains... C'est pas comme si tu avais été un homo refoulé pendant 20 ans quoi ...

    Conclusion s'il n'est pas condamnable que tu ne veuilles pas te caser, faire croire aux autres que si alors que ceux comme William prennent la peine de te confier leurs aspirations c'est vraiment nul...

    M'enfin malgré tout ce que je dis on peut pas s'empêcher d'avoir une sympathie pour toi... On a envie de voir le naufragé retrouver une accroche solide!

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  4. " On ne quitte pas la Province, on fuit une douleur. " de Charles Dantzig, dans Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, p. 103

    D'accord, dans la VO il n'y a pas de P majuscule, mais je préfère, ainsi le clivage Paris/Province est encore plus Pénétrant.

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    1. Je me permets de répliquer à cette citation du nouveau Parisien en guise de "mise en garde" une citation de Nietzsche

      « Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l'abysse, l'abysse le scrute à son tour. »

      Il y a plein de monstres à Paris ^^

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