vendredi 8 juin 2012

C'était pratiquement foutu,

trois nuits passées à Miami Beach et rien. Il faut dire que la drague chez les Américains est différente de la nôtre. Contrairement à nos usages ils adressent la parole plutôt facilement mais c'est souvent pour des discussions générales hors de la séduction. Il est assez difficile -en tout cas pour moi- de deviner les intentions, et de changer de registre dans la conversation.


Pourtant, il faut dire que le Twist, cette immense boîte gay à deux pas d'Ocean Drive possède une vraie atmosphère, surtout grâce à la personnalité et le sens de la repartie de sa drag-queen qui anime un show permanent au petit bar.


Le Twist était ce week end là une espèce de refuge dans un Miami transformé en coupe-gorge géant à cause du plus grand festival hip-hop du monde (la Urban Beach Week). Au total quinze mille racailles (à 100% noires bizarrement, aucun blanc, aucun latino) lâchées dans les rues de Miami, avec trafic de drogue en pleine rue, tatouages surdimensionnés, et grosses voitures le coffre ouvert avec l'écran plasma à l'intérieur. La police, elle, avait bloqué les rues transversales et lâchait ses hélicoptères équipés de projecteurs pour surveiller la ville sitôt la nuit tombée. La plage était fermée jusqu'à cinq heures du matin, et Ocean Drive interdite aux voitures et placée sous haute surveillance avec des vigies montées sur grues.


Bref, quand la soirée est bien avancée et qu'on veut finir avec un mec (les Américains appellent ça le P'nP, "Party and Play"), avec Luc on se connecte sur grindr ou Adam4Adam via notre smartphone depuis la boîte pour voir s'il n'y a pas un mec chaud qui y traîne...


Grâce à ce concept tout américain de Party and Play, plus la nuit avance, plus les mecs baisent facilement, sans s'éterniser dans des conversations sans fin.
J'avais deux pistes, deux blacks, pas extraordinaires mais qui feraient bien l'affaire.



C'était la dernière nuit. Dans une heure et demie le taxi viendrait nous prendre à l'appart pour nous amener à l'aéroport, où nous devons nous présenter à quatre heures trente ce matin. Crevés, nous abandonnons et décidons de quitter la boîte. C'est sur le chemin de l'appart que je décide de faire un ultime check grindr (pratique, il y a le WiFi partout dans les rues de Miami). Un des deux blacks avec lesquels je conversais plus ou moins me demande où je suis, et me dit qu'il est dans la boite. Encore au comble de mon excitation, je fais immédiatement demi-tour et laisse Luc regagner l'appart pour dormir une petite heure avant le départ.


Sur place la proportion de mecs à la peau noire a considérablement augmenté.. Et force est de constater que j'aurai le plus grand mal du monde à retrouver mon correspondant, dont je n'ai vu qu'une unique photo. Je décide donc de me remettre prés de la baie vitrée pour me reconnecter et lui demander de venir à ma rencontre.
À cinq mètres de moi un black accoudé au comptoir me fait un signe. Je me dis que c'est sûrement le type que je cherche, le trouve pas mal du tout (beaucoup mieux que sur la photo), et vais à sa rencontre. 

Il s'avère que ce garçon est un total inconnu, et qu'il voulait juste attirer mon attention vers lui. Il parlait avec un garçon aux cheveux longs assez beau mais très efféminé. Bref. Il s'appelle James, me fait comprendre que ce n'est plus la peine d'essayer de rencontrer l'autre type que je cherchais, il me bouffe des yeux, j'en fais autant. 

James est fait physiquement pour le sexe, exactement ce dont j'ai besoin dans ces moments là (à savoir en fin de soirée alors que je n'ai pas baisé depuis cinq jours) : de la chair, lippu, des fesses proéminentes sans être graisseuses et une grosseur de sexe indissimulable par un jeans, déformé par tant de virilité. Deux minutes de conversation basique pour arriver à me demander combien de temps je restais à Miami. 


"- Une heure.
- OK, Good bye !" (rires)


Là il fallait que je mise mon va-tout évidemment, et de lui expliquer avec un anglais approximatif (forcément j'en suis à plusieurs caipirinhas et il est trois heures du matin) qu'une heure est un temps amplement suffisant pour faire connaissance... qu'on a nullement besoin de deux ou trois heures. 
Il marque un silence, puis acquiesce. La follasse aux cheveux longs approuve également.


Il habite Miami downtown et nous n'avons évidemment pas le temps de faire l'aller-retour jusque chez lui. Comme c'est un natif de Miami il connaît les lieux par coeur, et n’emmène d'un pas décidé en direction de la plage... La police fait ses rondes fréquemment, et nous passons les barrières Vauban qui barrent l'accès pour nous cacher derrière une pile de chaises longues.
Dans cette ville tentaculaires, nous sommes tout à coup seuls. La seule lueur qui éclaire la plage est celle des lumières d'Ocean Drive, à cinquante mètres de là.


Nous avons à peine le temps de commencer, la voiture de flics, tout haut parleur hurlant, évacue les junkies, romantiques et autres zonars qui sont venus s'isoler ici. Nous devons partir, mais il m'explique qu'il suffit de patienter quelques minutes avant d'y retourner. La plage de Miami Beach fait quinze kilomètres de long et une seule patrouille l'arpente durant toute la nuit. Il suffit donc d'attendre son passage dans l'autre sens.
La situation est très excitante, surtout lorsqu'on sait ce qu'on risque en Amérique si on est surpris dans un lieu public dans de telles circonstances...


Pour prendre un peu d'avance nous remontons de la 15eme rue à hauteur de la 12eme pendant que la patrouille nous dépasse. Nous repénétrons sur la plage et c'est à l'endroit précis où nous étions avec Luc l'après-midi même, sur la plage gay, que je baise fougueusement avec James.


la plage gay de Miami Beach, 12 heures avant d'y revenir...


J'ai finalement eu mon taxi, qui a du patienter quinze minutes supplémentaires, j'ai finalement eu ma folie, mon expérience sexuellement aventureuse, à l'extrême limite de mon voyage.


C'est définitivement ce que je trouve de plus épanouissant pour moi : Assouvir un fantasme que je n'aurais jamais pu espérer ni même imaginer.
Baiser en plein coeur de la plage de Miami Beach, et exploser du coup tout ce que les plus extravertis de mes amis ont pu faire. 


...Et penser, à chaque fois qu'une image de cette plage apparaîtra dans un clip ou qu'on l'évoquera au détour d'une phrase, que j'y ai vécu bien plus que n'importe qui aura pu l'imaginer.








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