vendredi 30 mars 2012

C'était au cimetière du

Père Lachaise, le 16 juillet dernier (je viens de retrouver la date dans mon agenda). On avait décidé avec mon pote Ben de se laisser enfermer dans le cimetière pour y passer la nuit.

C'était une nuit pluvieuse faite de marches silencieuses dans l'obscurité, et de pauses dans de grands caveaux (on avait emmené du rosé). On n'a pas vu de fantôme mais quelques évènements assez étranges. 
Comme cette voiture de sécurité qu'on entendait jamais rouler mais qu'on retrouva par deux fois, à deux endroits différents du cimetière, sous la pluie, toutes portes ouvertes, mais sans conducteur ni personne aux alentours. 
Et comme ces brefs bruits de talons sur les pavés qu'on entendit claquer autour du crématorium.

Ben avait amené deux amis à lui. Il y avait Sébastien, que j'avais déjà croisé à une soirée, et un réalisateur d'à peu près 25 ans, au style très hétéro et aux yeux très clairs.

C'est vers quatre heures du matin que la nuit a vraiment basculé. Éreintés et trempés, nous nous étions réfugié dans un grand caveau de la 10eme division, où nous nous étions tous les quatre entassés têtes-bêches pour dormir un peu en attendant que le cimetière rouvre ses portes (il paraît qu'on peut sortir à un endroit en escaladant un mur pour tomber dans une cour d'immeuble, mais le pari c'était de rester toute la nuit).

Vu le peu de place dont nous disposions, j'ai mis ma main sur la cheville de ce réalisateur -très à mon goût- pour éviter qu'elle ne traîne par terre dans la poussière humide. C'est peut-être vingt minutes plus tard que sa main, qui s'était posée sur la mienne, me réveilla. Dans mon sommeil ma main avait bougé et était montée sur le dessus de son mollet, ce qu'il avait pris pour une avance. Il ne m'a pas fallu plus de trente secondes pour réaliser ce qui se passait et ce que j'avais envie de faire (il me faut toujours un court délai pour me décider).

J'étreignis sa main avant de monter la mienne bien au dessus, vers sa cuisse. Nous nous sommes caressés à l'insu des autres qui dormaient profondément (ça j'en suis sûr vus les ronflements) et sa main fit rapidement sauter les boutons de mon jean pour atteindre mon sexe. La température est montée très rapidement, et honnêtement après une nuit blanche et dans l'état de fatigue dans lequel nous étions, notre excitation tenait principalement du lieu dans lequel nous nous trouvions et du contexte des préliminaires.

Sans un mot, subitement, j'ai remis les boutons de mon jean et me suis levé et suis sorti du caveau. J'attendais dehors à l'abri d'un autre petit caveau et deux minutes plus tard il me rejoignais. Nous avons appris plus tard que les autres avaient été réveillés par notre sortie, et que la ceinture pendante de mon partenaire n'avait laissé aucun doute sur l'objet de notre fuite...

Nous trouvions rapidement un autre caveau à notre goût, à l'intérieur duquel, alors que le jour commençait à se lever, je l'embrassais sauvagement en tenant sa nuque de ma main qui n'avait alors connu que ses jambes.

Je passe sur le reste de notre étreinte très charnelle et sa conclusion, forcément peu originales, et que d'ailleurs j'ai partiellement oubliées, tant la manière dont elle a commencé me reste en mémoire et m'excite encore.

Je n 'ai pas le souvenir du nom de la personne enterrée là où nous nous sommes étreints, et le fait que ça se soit passé dans un cimetière pourra en choquer certains.
A y réfléchir, pour ma part, ça me ferait plaisir de savoir qu'on viendra baiser sur ma tombe. Bien avant Carmen, on cherchait à mêler amour et mort, ce qui fut fait ce soir là. 


Ben m'a proposé hier de retourner au Père Lachaise cet été, peut-être avec Quentin... Je lui ai répondu que je préférerais cette fois nous laisser enfermer dans le parc de Versailles, ça me rappellerait certains souvenirs -que je vous raconterai peut-être un jour-.

Je raconte ça aujourd'hui car je vais revoir ce garçon ce soir. Après quelques mois passés à l'étranger, il organise une petite fête chez lui pour célébrer son retour. Que vais-je faire là, avec ses amis, Ben (qui je crois avait eu des vues sur lui autrefois) ? 

Ne me reste en mémoire que le moment où je l'embrassais enfin, après l'attente et l'excitation, au milieu des tombes et des brumes matinales, certain de réaliser un fantasme que je n'avais osé imaginer. 






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