samedi 21 juillet 2018

​C'est pendant un mois en Afrique,

​en Namibie et au Botswana principalement, loin de mes habitudes d'homosexuel parisien dégénéré passant ses moment libres chez je-ne-sais-qui et ses nuits Porte Dorée, que j'ai pris conscience de certains stimulis fonctionnant à coup sûr chez moi.

C'est dans les nombreux campings traversés, avec leurs blocs de toilettes et leurs allées et venues incessantes, que j'ai réalisé l'efficacité sur mon excitation de ces lieux propices à l’exhibitionnisme discret. 

Ici en Afrique, point de cabine de douche verrouillée, et mieux encore : pas de séparation entre les urinoirs. La machine à fantasme de celui qui n'aime rien de plus que les rencontres en extérieur tourne à plein.



Pourtant pas grand chose. Les locaux, par définition, ne fréquentent pas les campings (on ne voyage pas dans son propre pays ici), et les voyageurs étrangers sont principalement sud-africains, c'est à dire sans caricaturer, des gros beaufs blancs obèses venus en famille boire des bières assis en rond autour d'un feu de camp alors que leur marmaille bruyante court entre les tentes des emplacements qui les entourent. On se croirait en Australie, ô horreur, au milieu d'Australiens.

Ah si, alors que je sortais de la douche un soir au camping de Sesriem en Namibie, un minet allemand de 19 ans à peine tirait le rideau pour voir si la place était libre. Il l'a referma aussitôt, mais je ne ratais pas l'occasion de sortir torse nu pour capter son regard qui s'est attardé de haut en bas lorsque nous nous sommes croisés. 

On se contente de peu de choses. 



Rien à signaler en un mois donc (ça fait long). Il me faudra retrouver un hasard considerable pour renouveler la l'expérience faite en Chine voilà deux ans, à Kaïping, un endroit où les asiatiques ne voient jamais d'occidentaux.

C'est aux urinoirs de la gare routière qu'un jeune Chinois se plaçait juste à côté de moi. Je n'étais pas du tout en mode sexe, j'étais juste exténué par les 3 heures de bus que je venais de faire depuis Canton. Il s'est mit là pour observer ostensiblement mon sexe que je tentais de contrôler en regardant dans le sens opposé à lui. Effort inutile, en une vingtaine de secondes à peine il était dressé et la situation rendait cet état irréversible. Il me fit une ou deux réflexions dans un anglais approximatif auquel je n'ai rien compris, tout en fixant mon sexe entièrement tendu avant de le saisir de sa main gauche. Une personne entra, il lâcha, avant de me montrer d'un coup de tête une cabine WC qui elle, pouvait fermer à clé. 

Tout ça s'est terminé en huis clos, avec un degré d'excitation que rien ne présageait. 
Il avait commencé à me masturber mais comme il manquait quelque peu d'énergie, je me suis terminé moi-même alors qu'il me regardait. Je me souviens encore fréquemment de ce milieu d'après-midi, tant la situation m'avait surchauffé au degré ultime. Mes jambes en tremblaient.

Depuis, les quelques lieux ici où là qui m'évoquent des moments comme celui là (il y en eût de semblables, quoique moins puissantes, dans un bar de la Nouvelle Orléans, dans une discothèque de Pékin lors d'un précédent voyage en Chine, à la piscine Roger Legall ou encore au feu bar Spyce à Paris) déclenchent en moi un processus irrépressible réactivant cette expérience passée, étoile d'une après-midi évanouie dans la lumière de l’enfer des garçons perdus.





mercredi 4 juillet 2018

"Elle ? Mais elle a une tête de travelo !"

me disait une amie lorsque je lui ai dit que mon kiff en fille, ce serait la chanteuse Elie Goulding.




Jusqu'à une attirance sexuelle ? Peut-être bien... Surtout dans la vidéo Outside de Calvin Harris. (Titre master pouf s'il en est, ce qui ne gâche pas mon plaisir).




Il y a chez Elie Goulding, chez cette blonde androgyne et éthérée quelquechose de Anna Nicole Smith, qui hanta mon adolescence, autant dans son personnage irréel de top model des jeunes années (avec le paroxysme du clip avec Brian Ferry), que dans la descente aux enfers de la croqueuse de diamants (le mariage avec le milliardaire presque centenaire), que dans ses remontées spectaculaire (Ah son come back mutique, alors amincie et toute de noir vêtu à son procès), que dans les horribles circonstances double disparition d'elle et de son fils.

Oui, en son temps Anna Nicole Smith m'a fait douter.
Elie Goulding non.

Pourquoi ?
Parce qu'il y a aussi Ellie Goulding pas maquillée.



Mais là, c'est un autre problème.





mercredi 20 juin 2018

Edmund White vous connaissez ?

C'est un écrivain gay des années 70, que m'a fait découvrir Madan il n'y a pas longtemps. Même s'il n'est pas économe dans l’emphase, j'ai pu reconnaître dans ses descriptions de lieux de drague la même transcendance que je ressens parfois :

"Combien de conversations intimes comme celle-ci ai-je eues dans des saunas au cours des années ? Les hétéros - et même les gays qui devraient en savoir plus - hochent la tête et portent des jugements à propos du "sexe anonyme", comme si connaître un nom favorisait l'intimité. Comme le sait le confesseur catholique, l’anonymat est essentiel pour dire la vérité. Être dépouillé de ses vêtements (et pire, à L.A. de sa voiture) et être envoyé dans une pièce chaude remplie de vapeur où aucune lumière naturelle n’entre jamais, rien que la pulsation régulière de la disco, c’est retourner à une enfance éternelle, neutre et réconfortante. Là, tu t’évades de tes obligations envers les autres et de la fidélité contraignante envers la personne que tu as décidé d'être. Là, tu peux parler de façon irresponsable - c’est-à-dire honnêtement - à propos de choses comme Dieu."

On peut certes trouver ça naïf, mais comme il le dit lui même, ce récit émerveillé et introspectif, comme une philosophie de la dépravation, a été écrit dans une époque naïve. Celle de la libération sexuelle :

"J'ai écrit ce livre en 1979 et il a été publié en 1980, juste un an avant que les premières rumeurs sur le sida ne changent la communauté gay pour toujours. C'est donc un portrait de la vie gay dans les grandes villes des États-Unis juste avant le déluge. J'imagine qu'il indique la direction que prenait alors la communauté gay; une direction violemment modifiée par l'arrivée d'un virus sournois. Tant de choses ont changé au cours des vingt dernières années. Autrefois j'ai écrit qu'aucune autre culture n'avait connu un cycle aussi rapide que la culture gay, opprimée dans les années 50, libérée dans les 60, exaltée dans les 70 et en partie éliminée dans les années 80. Ce livre témoigne de l'exaltation avec cette particularité qu’il montre combien une vie consacrée au plaisir est une entreprise mélancolique."
Edmund White, New York City. été 2002








vendredi 8 juin 2018

Je n'ai pas pensé à ça

lorsque j'étais au barbecue de mon pote John à Saint Gratien, dans le nord de Paris, le week-end dernier. Normal, je retrouvais ma troupe de minets avec qui je festoyais régulièrement à Londres ou à l'Aquaboulevard. Ils étaient pas tous là, mais y'avait des nouvelles têtes. 

Je n'ai pas pensé à ça, mais pourtant ça restait dans ma tête. La manière dont ma grand-mère a dit au revoir à sa belle-sœur lorsqu'on a quitté sa maison de retraite dans la Loire. Vingt ans qu'elles ne s'étaient pas vues. On est resté deux heures, et puis on est repartis. 
Deux heures au milieu de la mort, je ne vois pas comment le décrire autrement. Les vieux hagards devant les écrans de télé diffusant un Jean-Luc Reichmann abrutissant, les bouches ouvertes, les fauteuils roulants qui encombrent les couloirs, les chambres minuscules et surencombrées, les solitudes individuelles et collectives, l'attente de la mort imminente, l'abandon des proches.
 
La déchéance physique, et pas que.

C'est surtout à leurs sanglots que je n'ai pas repensé, au moment des "au revoir" . On s'est bien embrassés mais ma grand-mère et sa belle sœur, vu leur âge et leur état de santé, savaient très bien qu'il s'agissait d'un adieu.
Ma grand-mère est valide et vit encore chez elle, mais elle veut mourir. Elle nous l'a dit. 

Simplement parce que de la vie qu'elle a vécu, il ne reste plus rien.

À l'anniversaire de mon pote John, à Saint Gratien, je n'ai pas pensé à tout ça. 
Même lorsque vers 4h00 du matin on est tous allés se coucher là où on pouvait, et que je me suis retrouvé coincé sur un matelas entre Benjamin et un certain J.

Je n'ai pas pensé à la perte de tout, à l'éloignement du goût de la vie, au désenchantement, lorsque j'ai baisé l'un, puis l'autre. Mais cette idée planait là, quelque part au dessus du quartier. Le fait que l'un fasse semblant de dormir pendant que je baisais l'autre, et inversement, accentuait cette impression de respect du temps volé, ce sentiment de gagner un peu plus de temps que prévu sur la chute qui me guette.

C'est un moment bref, d'une période provisoire, d'une vie qui elle même n'est pas très longue.

À défaut de pouvoir reculer l'échéance tragique, continuer de jouir sans y penser. 




mercredi 23 mai 2018

Je deviens enfin libre,

peu à peu. Non je ne l'étais pas auparavant, trop hanté par la peur d'être éconduit, par la honte d'être délaissé pour d'autres. (d'où vient cette peur ? Je n'en sais rien. D'aucun m'enverrait et chez le psy, non merci j'ai franchement autre chose à foutre) .

Ça faisait un sacré moment que je n'avais pas remis les pieds dans un sauna, et la manière dont j'ai conduit cette soirée là au Sun à Lyon, mi-novembre, contredit tout ce que je m'étais interdit jusqu'alors. 
Je commençais à me faire chier dans les saunas, c'est pourquoi depuis plus d'un an je n'y étais pas retourné. Fais le tour du concept, pas assez d'exhib, trop de one-to-one enfermés dans une cabine. La preuve : j'écris ce texte au sauna Cargo à Marseille, où je me fais royalement chier devant 4 Phocéens un peu flasques. 

Mais là j'avais décidé de dévergonder Quentin, minet de 18 ans rencontré 3 mois auparavant à Bourgoin. Il est en stage à deux pas du sauna Sun, et j'ai peu hésité avant de lui proposer cette sortie, nouvelle pour lui. Le danger on le connaît : qu'il se sente immédiatement comme un poisson dans l'eau et qu'il me délaisse pour partir batifoler avec des bombasses bien plus hot que moi, et plus jeunes, évidemment. D'autant plus que ce mardi soir (jour de gratuité pour les moins de 26 ans), le Sun ressemblait à un CROUS. 
(Pas comme ici au sauna Cargo donc, quasiment désert à part une espèce de bombasse au muscles de rêve qui vient de me passer devant en souriant). 

Et bien ça n'a pas manqué, c'est moins d'une heure après notre arrivée qu'il cherchait à "aller faire un tour tout seul". Il y a encore peu de temps, j'en aurais été malade. Ma soirée aurait été foutue, j'aurais gaspillé toute mon énergie à masquer les effets de ce que j'aurais considéré comme un râteau, et j'aurais galèré pour chercher un autre mec que je n'aurais de toute façon jamais trouvé à cause de ma tête de perdant. 

Bon, je ne vous dis pas que j'ai pas accusé le coup, surtout quand je l'ai vu sortir d'une cabine avec un autre mec, heureusement beaucoup moins bien que moi. 

(Tiens d'ailleurs, la bombasse de tout à l'heure ici au Cargo pointe son nez dans l'embrasure des piliers pour me regarder... Auparavant j'aurais à peine osé répondre à son oeillade, aveuglé que j'étais par mon sentiment d'infériorité. Tiens il vient de partir vers les douches...)

Quentin à 18 ans, tout ça est normal. Mais lorsqu'il est revenu tout penaud vers moi, je lui ai simplement dit que j'avais besoin de prendre encore un peu de temps seul à mon tour. Le temps de me faire sucer puis de me donner corps et âme dans un 69 avec un jeune Noir, pour me sentir à égalité avec son incartade. 

La soirée a pu reprendre comme si de rien n'était, avec Quentin cette fois, que je n'ai quand même pas réussi à faire partouzer.

Ce qui a changé ? Peut-être davantage de confiance en moi, me dire plus ou moins consciemment qu'il n'y a aucune raison qu'on me délaisse pour d'autres, et que je n'ai à souffrir d'aucune comparaison. 
"Voilà, on est quit ?" lui ai-je demandé, signifiant par la même la règle qui vaudrait dans la suite de notre relation. Donnant-donnant. Au moins j'arrête d'abandonner à la première vexation, j'apprends à me battre davantage, et surtout : j'arrive finalement, et malgré tout à obtenir ce que je veux. 


Et justement, à propos d'obtenir ce que je veux, après avoir écrit ce que je viens d'écrire, je reviens d'un moment passé avec la bombasse marseillaise du Cargo. Il m'a sucé avec application, avant de se jouir dessus au bout d'une poignée de minutes.

Ne souffrir d'aucune comparaison, comme nous disions.