mardi 16 janvier 2018

Tous des sex addicts

mes potes. Enfin presque. Et en tout cas différemment les uns des autres. 
Je vous racontais brièvement mon weekend déparve à Berlin mi-novembre (et même celui de l'année précédente) avec Cyprien (qu'on ne présente plus), Xavier (amateur de partouzes et très bon pote) et Julien (habitué du Cap d'Agde et partenaire d'un moment assez inoubliable). Je viens de passer une petite semaine (très chaste en revanche) au ski avec ces deux derniers.

Mais tous les trois sont de très gros consommateurs de sex (sans doute davantage que moi), mais chacun a une cause différente.

Julien aime baiser, au sens "être en train de baiser", selon moi il se sent vivant, en pleine possession de ses facultés, que lorsqu'il est est en train de baiser. J'oserais ajouter "avec qui que ce soit". C'est peut-être la raison pour laquelle il se prostitue là bas à Londres, où il habite, et arrive à bander même avec des hommes qui lui déplaisent physiquement. Il est en train de baiser, il est heureux.

Pour Xavier c'est différent. Pour lui baiser est un moyen de se rapprocher de l'autre, de le connaître, on pourrait même dire que le sexe a une utilisé sociale pour lui. C'est sans doute celui d'entre nous qui a le rapport le plus sain à sa sexualité.

Bon, pour Cyprien on est dans la pathologie bien sûr. C'est l'addiction la plus brute, toute sa vie tourne autour de ses conquêtes, il lui faut sa dose de minets pour consoler son effroi devant le temps qui passe et sa propre jeunesse qui s'enfuit. Tout le monde admire ses conquêtes et l'énergie colossale qu'il met à les obtenir, mais personne n'envie son addiction.

Et moi me demanderez-vous ? 

Bah moi vous me connaissez... C'est la névrose dans toute sa splendeur. Besoin avide de se faire aimer, donc désirer (ou l'inverse). Soif autrefois insatiable de l'intérêt des autres sur moi, sur mon corps. Qu'on s'intéresse à moi pour d'autres raisons m'a toujours laissé étrangement relativement indifférent.

Exemple : partouze chez Xavier sur les hauteurs de Nîmes en juin 2016. une vingtaine de mecs, beaux et chauds. La veille de la partouze, beaucoup d'entre eux, parisiens ou locaux, sont déjà arrivés sur place. Chacun choisi ses couchages en fonction de la première affinité et commence à baiser. Je suis dans le lit d'un certain Thomas, qui me plait bien plus que les autres. Râteau, il ne veut pas de moi. Résultat, ainsi repoussé j'ai été incapable de reprendre l'envie de baiser de tout le week end, atteint comme je l'avais été par le fait d'avoir été ainsi éconduit.

Bon je ne suis pas à plaindre, ce problème ne fait pas que me pourrir la vie, et même si ce besoin s'est quelque peu atténué avec l'âge, je réalise que c'est principalement grâce à lui que j'ai fait attention à ma peau, aux excès de drogue et d'alcool, que je me suis mis jeune au sport, conscient que mon corps était un des remèdes que je m'étais trouvé pour soigné mes propres angoisses.

Nouvelles mises en application dans deux semaines où je serai de retour chez Xavier, et à Berlin en avril pour un gros week-end Revolver + Pornceptual. Les habitués connaîtront.






mercredi 10 janvier 2018

Quelques remarques après une nuit au sauna

le Sun un soir de décembre, une valeur sûre. Concept : soirée jeunes, gratuit pour les moins de 26 ans. Autant vous dire que c'est blindé de mecs venus se mettre au chaud. Il y a à peu près autant de moins de 26 ans entrés gratos que de plus de 26 ans venus parce qu'il y a du monde assuré. Autant dire qu'il y a le choix.


le sauna Sun, à Lyon, pas kitsch du tout

D'ailleurs, on m'a dit que comme Lyon, Bordeaux était aussi une ville à sauna. C'est plutôt rare en France (Avignon étant particulièrement sinistrée).

Je supporte de moins en moins de m'enfermer dans une cabine avec un garçon. J'ai même écourté un passage avec l'un d'eux car la situation ne m’excitait pas, malgré ses tatouages, ton torse en V, ses yeux frais et sa barbe parfaitement taillée.

Je supporte de moins en moins les habits aussi. Après avoir fait dans la même semaine, au même endroit (le Fire à Londres) la soirée nudiste SBN et la soirée fétiche Recon, j'ai bien senti la différence. Pas pour moi les costumes SM, les accessoires et les combinaisons de latex qu'on ne sait même pas comment ouvrir. Il me faut de la nudité. Ou une serviette autour de la taille à la limite (c'est si facilement enlevé), ou encore mieux : un sous-vêtement.

La darkroom du Sun à Lyon est particulièrement fréquentée, par tout le monde. Alors qu'à Paris elles ont très mauvaises réputation et que ceux qui les fréquentent sont mal vus, à Lyon c'est un vrai endroit pour partouzer, pour tout le monde. Pourquoi ? 
Peut-être justement parce qu'elle n'est pas dark. À part deux alcôves sans issue plongées dans le noir, on identifie sans mal les mecs, par leurs silhouettes ou grâce aux larges rayons de lumière qui pénètrent le dédale. Pratique : De larges banquettes font face aux 3 entrées de la darkroom, permettant d'observer qui y entre, et bien sûr de les suivre pour leur sauter dessus. Gros taux de réussite, gros kiff pour ceux qui aiment un peu s'exhiber mais pas trop. 
Malheureusement, la majorité des rapports s'opèrent tout de même dans l'intimité des cabines...

La fameuse technique de l’échantillon (plusieurs fois évoquée ici) ne se démode décidément pas et reste une valeur forte ! A savoir (bien) baiser (en actif ou en passif) devant d'autres mecs pour qu'ils s'identifient à votre partenaire et aient envie de passer eux aussi entre vos bras pour que vous leur fassiez pareil !
J'ai poussé la méthode un cran plus haut hier soir pendant que je baisais un mec dans cette fameuse darkroom. Un garçon parfaitement à mon goût (et qui m'ignorait relativement jusque là) contemplait la scène avec de grands yeux émerveillés en se touchant le sexe sous sa serviette. Et plutôt que de laisser mon partenaire sur le carreau brusquement pour en changer (mauvais calcul, pas sûr, et attitude pas très cool), j'ai préféré une autre méthode : Simuler un orgasme, ce qui a le double effet de mettre un terme anticipé au coït en cours, et de donner un échantillon supplémentaire au futur partenaire.

Mais attention, c'est un vrai travail de bien savoir simuler. Un gros travail d'observation d'abord. On ne se voit pas jouir soi-même (à moins d'être filmé à ce moment là) et il faut donc observer ce qui se passe chez les autres, et ce qui nous excite dans leur attitude, afin de bien le reproduire. Tout est important : l’accélération du souffle, l'apparition de faibles gémissements, la courte interruption de la respiration, le râle qui succède, la verge qui s'enfonce au maximum à ce moment là, les spasmes qui vous contracte sur le dos du partenaire, le basculement la tête en arrière, le repos bref et les baisers langoureux sur le dos du passif alors qu'on est encore à l'intérieur, la lenteur lorsqu'on se retire, la manière d'enlever le préservatif (faire évidemment comme s'il était plein), et (important) la façon dont on se touche le sexe sur sa longueur ensuite en le regardant, comme s'il venait de se vider. 
Le mec en question ne pensera qu'on bref instant qu'il vous faut 20 bonnes minutes pour recharger. La parfaite érection que vous lui ferez sentir dans sa main lui ôtera cette idée.

Bon pour le coup je suis allé quand même prendre une petite douche avant de rejoindre le deuxième garçon, mais il était tellement excité qu'il est parti avec un autre mec... Je me suis rabattu sur Julien, un minet de chez minet à la peau claire, aux cheveux mi longs blonds et au sexe large. Assez irréel. Ou plutôt c'est lui qui s'est rabattu sur moi. Avec lui j'accepte d'entrer dans une cabine, le plaisir n'est pas colossal mais mon égo est boosté au max.

Le sauna fermant à 1h30, à partir de minuit et demie ça commence à partouzer en exhibitionnisme de partout. Les mecs veulent jouir une dernière fois. Leurs précédents rapports leur ont ôté tout complexe et du coup ça se lâche de partout sans plus du tout tergiverser. 
Preuve par l'exemple : Aux alentours de la darkroom ça baisait à 4 alors qu'on se faisait virer par l'équipe de ménage qui avait décidé de commencer son nettoyage par là (c'est vrai qu'il y avait du boulot). Alors que mes compères filaient à la douche, je faisais un dernier détour par le hammam. Passage bloqué. Quatre mecs baissaient ensemble en plein milieu du passage. Tellement ensemble qu'on ne saurait dire qui faisait quoi. Il a fallu moins de 3 secondes entre le moment où ils m'ont vu en comprenant qu'ils bloquaient l'accès, et l'instant où nous étions 5 en train de baiser, rendant le passage impraticable. 

De grandes, très grandes soirées.



mardi 2 janvier 2018

C'est par un malheureux concours de circonstances

que je me retrouvais seul à 23h00, ce 31 décembre 2017, à Londres. Initialement on devait réorganiser, comme il y a deux ans,  notre grosse semaine londonienne avec mes jeunes potes parisiens, mais après avoir décommandé les uns après les autres à cause de raisons financières, je m'étais décidé à partir tout de même. 
Et ce soir là, mon pote Julien avec qui je devais passer le réveillon a été invité par ses amis Anglais, et je me voyais mal m'incruster avec mon parlé rosbeef approximatif...
Réveillon en solitaire donc, pour la première fois de ma vie. Pas un drame, je suis assez entouré d'ordinaire pour apprécier de passer seul le seiul du nouvel an. 

Alors me voilà, minuit approchant, sur le dancefloor du G-A-Y Late (au moins je suis dans un de mes lieux préférés au monde, que je préfère au Heaven), entouré de Britanniques venus en groupes avec leurs cochonous. 



Les cochonous, en début de soirée

La soirée passe...
23h57, je me mets un peu en retrait, adossé à un pilier, pour que ma solitude ne soit pas trop voyante au milieu de ces dizaines de poignées d'amis. Je ne voudrais pas me faire pitié moi-même...

23h59 et 40 secondes. Alors que les gens hurlent déjà le compte à rebours, un garçon plutôt mignon d'une petite trentaine d'années se pose face à moi et me demande en anglais :
"- Hello, tu veux passer le nouvel an avec moi ?" 

À peine ai-je eu le temps de répondre oui, de lire dans son regard son désir et lui le miens, que ses lèvres se sont posées sur les miennes à minuit pile. Ce fut un très long baiser, pendant lequel je ne pouvais m'empêcher de sourire, pensant à l'ironie de la situation, au fugace bonheur de l'instant, à cette année qui commence du feu de Dieu. C'est comme si tout autour de nous, tous ces cris de satisfaction acclamaient notre rencontre si rapide.

Le garçon s'appelle John, il me confie m'avoir remarqué dès le début de la soirée et avoir dit à ses amis non loin : "- Lui je l'embrasse à minuit". Très courageux, car je ne me souviens pas que mon regard ait croisé le sien avant la seconde fatidique ! Ça aurait pu être son premier râteau de l'année, gâcher sa bascule dans 2018, en étant séparé de ses amis de surcroît...

C'est à ces gestes sur votre corps qu'on sait qu'un garçon vous observe attentivement et depuis longtemps, qu'il a fantasmé un contact qu'il provoque enfin. On le sait à l'arrondi exact où il pose enfin ses mains sur vos fesses et les laisse, comme s'il avait déjà repéré cet endroit, à la façon dont il caresse le relief des pectoraux, qu'il a du voir se mouvoir à distance pendant plusieurs minutes. 

On restera l'un contre l'autre jusqu'à 2h30.
Enfin, pas en permanence... C'est ça qui est cool quand on emballe un Anglais au G-A-Y Late, c'est qu'il est là comme moi parce qu'il aime la pop, les vidéoclips, danser et chanter dessus. La soirée c'est ce qui passe en priorité, et c'est sans doute la raison pour laquelle à aucun moment pendant ces presque trois heures, il n'est question de partir pour sexer quelquefois. C'est aussi la raison pour laquelle, sans même se connaître, on arrête de s'embrasser à la fin du break pour se remettre à danser quand reprend le refrain de "Shut up and dance", qu'on attend tous deux notre moment de menuiserie préféré du clip de "Work from home", et qu'on chante ensemble les hooks sur "Scream and Shoot" alors que la tête de Britney Spears traverse l'écran à la façon trophée de chasse.

It's 2018 Britney bitch, plus que jamais. 





lundi 25 décembre 2017

"- Tu as lu le journal aujourd'hui ?"

demanda ma grande-tante (87 ans) à ma grand-mère maternelle (93 ans).
"- Oui, mais il n'y a rien." répondit-elle.
"- Comment ça il n'y a rien ? Vous ne trouvez pas qu'il se passe des choses en ce moment ?!" demandais-je.

Elle m'expliquent alors, discrètement, voix basses, presque résignées, qu'elles parlent des avis d'obsèques. C'est tout. Je comprends qu'à partir d'un certain grand âge c'est ça le journal. Le medium qui vous informe, comme la veille et l'avant-veille, de la mort d'un de vos proches. Tout le reste de la vie n'est qu'anecdotes.

Ma grand-mère, comme sa sœur, parlent peu. Elles ont vécu la guerre, leurs maris partis sur le front, leurs morts récentes, la pauvreté, les enfants morts-nés et les avortements à l'aiguille à tricoter. Mais non, elles ne racontent pas.

Mais ma grande-tante, alors que la conversation ne s'y prêtait pas particulièrement, évoqua le souvenir du jeune épicier de sa jeunesse. 
"- Je devais avoir treize ou quatorze ans"... Nous sommes à la fin de la guerre, au milieu des années 40. Une éternité.

Elle raconta alors, comme si la scène avait eu lieu hier, qu'une fois dans son épicerie, alors qu'il lui rendait sa monnaie, la main du beau jeune épicier s'est attardée sur la sienne. Il a fait brièvement glissé ses doigts sur la paume de sa main, avant de la retirer.

Ce souvenir furtif me rappela celui confié par ma grand-mère il y a un an à peine. Au Champagne, elle me racontait quand elle baisait à dix-huit ans avec feu mon grand-père sur les bancs de la gare de Bourgoin, dans le bassin de la mairie, dans des chambres d'hôtel qu'ils laissaient dans un état pas possible... Rock n' Roll. (des années 40).

Je me dis alors que ce sont ces quelques fractions de secondes qui restent après 80 ans de vie, ces souvenirs a priori superficiels, de séduction. Ce sont eux qui restent d'une clarté absolue, alors que ma grand-mère et sa sœur ne se rappellent même plus si le corps de leur frère, après avoir été tué par les Allemands lors de la libération de Bourgoin, a été ou non retrouvé, et s'il repose ou non dans son caveau.

Ce moment qui hante une vie entière aussi, par toutes les questions qu'il suscite encore à la fin d'une vie remplie. Si j'avais répondu à l'épicier ? Si je l'avais revu en dehors de son magasin ? j'avais eu une aventure avec lui ? Si je m'étais marié avec lui ? Quelle vie aurai-je eue ? Tout ça ne s'est il pas joué à quelques secondes ? A un mot ?

Dans l'ascenseur de sa maison de retraite, ma grand-tante nous ramène vers le rez-de-chaussée. Après un silence où elle fixe le sol, elle s'adresse à sa sœur et à moi :
"- Qu'est ce qu'on fait là en fait ? On ne sert à rien, on attend juste que ça passe."

Ma grand-mère conclut avant que la porte de l'ascenseur nous libère :
" -On ne peut même plus faire l'amour."






mercredi 20 décembre 2017

C'est dans les transports,

alors que mes yeux se posent sur un voisin, que le voyage passe plus vite, que je me dis que la beauté est parfois bien plus profonde que la pensée, mais aussi 



que les joues creuses c'est définitivement, avec la finesse de la mâchoire inférieure, mon critère esthétique principal, 



qu'il est certes quasi impossible de deviner la teille du sexe d'un mec lorsqu'il est habillé, mais que la taille des doigts, et la largeur du pouce en particulier, m'a rarement trompé




que les chinos, j'abhorrais jusque là, ça peut être aussi sex qu'un jean slim, et ça peut également provoquer la même impatience à voir celui qui le porte se lever de son siège, pour voir comment ça bouge...




que ce mec assis non loin de moi dans le Nice - Marseille au début du mois était super beau de profil, étrangement beaucoup moins de face. Mais il avait ce truc qui provoque chez moi une giclée d'adrénaline, ce savant mélange de délicatesse dans le visage et de rudesse toute hétérosexuelle lorsqu'il s'exprimait,



qu'en plus, la finesse de ses mains s'oppose aux poils de ses mollets, que plus il dort plus il s'enfonce dans son siège,




que la bouche entrouverte, que les doigts écartés, que la position quasi couchée, tout ça...
Ah, Marseille approche.